Crescence Baboké dénonce la campagne de diffamation contre sa famille
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L'épouse d'Oswald Baboké, directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence camerounaise, sort de son silence pour dénoncer une campagne de désinformation qu'elle qualifie de « calomnie organisée », tout en appelant à la sérénité et au pardon.

Elle s'appelle Crescence Baboké. Jusqu'ici, elle avait choisi le silence.

Mais ce mardi 30 juin 2026, l'épouse d'Oswald Baboké l'homme qui murmure à l'oreille du président Paul Biya a décidé de parler. Et elle n'a pas mâché ses mots.

Dans une longue publication qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux, elle dénonce ce qu'elle présente comme une « campagne de désinformation » méthodique. Trafic d'or, faux décrets, immeubles à Dubaï, milliards liés aux produits pétroliers, restaurants et stations-service : elle égrène les rumeurs qui circulent sur sa famille depuis des années.

Mais plutôt que de s'emporter, elle oppose aux jugements des hommes la justice divine. Elle cite la Bible. Elle compare ses détracteurs à Judas et aux pharisiens.

Et elle lance un défi : « Le temps est le meilleur juge. Les mensonges ne résistent pas durablement aux faits. »

Une sortie qui relance le débat sur la responsabilité des internautes et les limites de la liberté d'expression au Cameroun.

Un silence qui pesait lourd

Depuis plusieurs années, le nom d'Oswald Baboké directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence de la République depuis 2018 est régulièrement évoqué dans des polémiques sur les réseaux sociaux. Figure influente du cercle proche du pouvoir, protégé de la première dame Chantal Biya, il cristallise les critiques et les rumeurs.

Son épouse, Crescence Baboké, inspectrice des impôts de profession et pasteure principale de l'église La Chapelle de la Gloire de Christ, avait jusqu'ici préféré garder le silence. Mais le 30 juin 2026, elle a décidé de briser cette omerta.

Les accusations dénoncées

Dans sa publication, Crescence Baboké revient point par point sur les rumeurs qui circulent contre sa famille :

- Le trafic d'or : Des accusations selon lesquelles le clan Baboké serait impliqué dans l'exportation illégale d'or vers Dubaï.
- Les faux décrets : Des allégations de décrets officiels falsifiés attribués à son entourage.
- Les immeubles à Dubaï : Des rumeurs sur des acquisitions immobilières dans l'émirat.
- Les milliards du pétrole : Des accusations portant sur des fonds liés à l'importation de produits pétroliers.
- Les restaurants et stations-service : Des supposées acquisitions de commerces.

Pour elle, aucune de ces accusations n'a été accompagnée de preuves crédibles. Elle rappelle que, dans certains dossiers, les véritables propriétaires des biens évoqués ont présenté leurs titres fonciers et leurs contrats, contredisant ainsi les informations diffusées sur les réseaux sociaux.

La réponse de Crescence Baboké : entre droit et spiritualité

Dès les premières lignes de son message, Crescence Baboké oppose les lois des hommes aux lois de Dieu. Selon elle, les jugements humains peuvent être influencés par les intérêts, tandis que la justice divine finit toujours par rétablir la vérité.

Elle affirme que « le temps est le meilleur juge » et que « les mensonges ne résistent pas durablement aux faits ». Une affirmation qui sonne comme un défi à ses détracteurs.

Sur le plan personnel, elle reconnaît ne pas être parfaite. Mais elle souligne que sa famille tire ses revenus de son travail. Elle explique assumer d'importantes charges financières, employer des centaines de Camerounais et s'acquitter de ses obligations fiscales. À ses yeux, posséder une belle maison ou une voiture ne constitue pas une preuve d'enrichissement illicite.

Une dimension spirituelle assumée

La publication prend ensuite une tournure résolument religieuse. Crescence Baboké invite ses proches à ne pas répondre à la haine par la haine. S'appuyant sur le passage de Matthieu 5:43-44, elle appelle à aimer ses ennemis, à prier pour ceux qui persécutent et à privilégier le pardon.

Elle compare certains auteurs de ces publications à Judas et aux pharisiens, qu'elle accuse d'agir par intérêt ou par haine.

Son message est clair : « Le véritable combat est spirituel. Il ne doit pas être dirigé contre les personnes, mais contre les forces du mal qui les influencent. »

Un contexte de polémiques permanentes

Cette sortie intervient dans un contexte où les réseaux sociaux camerounais sont régulièrement le théâtre de polémiques, d'accusations et de contre-accusations visant plusieurs personnalités publiques.

Oswald Baboké lui-même, en novembre 2021, avait déjà dénoncé dans une tribune ce qu'il qualifiait de « dérive dangereuse du jeu politique sur les réseaux sociaux ». Il fustigeait alors « des professionnels de la calomnie, érigés en maîtres-chanteurs » qui reçoivent « des montants exorbitants » pour diffuser des fausses informations.

Une stratégie de réponse calculée

La prise de parole de Crescence Baboké peut être lue comme une stratégie de communication calculée :

1. Briser le silence pour ne pas laisser les rumeurs s'installer.
2. Opposer la foi à la calomnie, un registre qui parle à une large part de la population camerounaise.
3. Revendiquer la transparence sur les sources de revenus de la famille.
4. Appeler au calme tout en dénonçant fermement les attaques.

Perspective : Un débat sur la responsabilité numérique

Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la responsabilité des internautes, la vérification des informations et les limites de la liberté d'expression face aux risques de diffamation.

Alors que les réseaux sociaux sont devenus des espaces de débat incontournables au Cameroun, la frontière entre critique légitime et calomnie reste souvent floue. La réponse de Crescence Baboké, en appelant à la fois à la justice divine et à la sérénité, illustre la difficulté de naviguer dans cet espace où l'information et la désinformation s'entremêlent.

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