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© Camer.be : Avec JA
- 17 Jun 2026 00:38:21
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CAMEROUN :: « Genève accueille un secret d'État : l'après-Biya se négocie » :: CAMEROON
Pris d'un malaise le jour de la fête nationale, Paul Biya, 92 ans, s'est envolé pour Genève où il rencontre son fils Franck, pressenti pour la vice-présidence, relançant le débat crucial sur la succession à la tête du Cameroun.
Depuis le 7 juin, une question obsède les couloirs du pouvoir à Yaoundé : où est vraiment Paul Biya, 92 ans ? La réponse officielle : une clinique suisse. Mais à Genève, le président camerounais n'est pas seul et ce qu'il y fait pourrait redessiner la carte politique de l'Afrique centrale. Entre un malaise suspect du 20 mai, une absence prolongée et la mystérieuse rencontre prévue avec son fils Franck, le pays retient son souffle. À 92 ans, à la fin de 44 ans de règne ininterrompu, Paul Biya n'a jamais semblé aussi loin du pouvoir. Et le pouvoir n'a jamais eu autant besoin de lui.
La Fuite De Genève : Un Président Qui S'Éloigne
Le dimanche 7 juin 2026, un avion décolla du Cameroun sans faire de bruit. À bord : Paul Biya, 92 ans, chef d'État depuis 44 ans, accompagné de son épouse Chantal, d'une équipe médicale et de ses plus proches conseillers. Un vol prévu depuis longtemps, mais accéléré par un événement qui a changé l'équation politique du pays.
Le 20 mai, quelque chose s'est cassé.
Ce jour-là, à l'occasion de la fête nationale camerounaise, Paul Biya assistait à une réception officielle au palais de l'Unité. En plein événement, alors que le protocole se déroulait normalement, il a été victime d'un malaise qui a nécessité l'intervention immédiate de son équipe médicale personnelle. Les détails restent flous. Une chute, un évanouissement, un malaise cardiaque ? mais les images et les rumeurs ont circulé à la vitesse de l'éclair.
À 92 ans, un malaise public n'est jamais anodin. Et pour un président qui a dirigé un pays pendant quatre décennies sans partager le pouvoir, c'est un tremblement de terre politique.
Ce malaise a changé les calculs.
Les recommandations médicales qui demeuraient depuis des semaines, hospitalisation urgente, intervention au genou, suivi intensif ont soudain basculé de "souhaitable" à "impératif". Les médecins suisses et français qui encadrent Biya depuis des années ont émis un diagnostic sans équivoque : départ immédiat pour Genève.
Mais à Washington, les conseillers américains de la présidence camerounaise n'étaient pas d'accord. Pas maintenant. Pas pendant la fête nationale. L'image, disaient-ils, était mauvaise. Un président qui s'effondre lors d'une cérémonie nationale ? C'est un signal de faiblesse qui pourrait déstabiliser tout l'édifice. Mieux valait attendre, gérer discrètement, laisser passer quelques jours avant de justifier l'absence.
Mais les médecins ont insisté. Et Paul Biya a écouté ses médecins.
L'opération discrétion
Pour préserver la confidentialité car on ne peut pas montrer au monde que le président du Cameroun est hospitalisé. Toute une opération logistique a été mise en place. Un avion médicalisé a été affrété depuis l'Europe. Pour ne pas attirer l'attention, l'appareil s'est d'abord posé en Guinée équatoriale. Puis il a rejoint discrètement Yaoundé-Nsimalen.
Là, il a attendu. Cinq jours. Cinq jours sur le tarmac, moteurs éteints, équipage en attente. Pourquoi ce délai ? Parce que les dossiers en suspens devaient être résolus avant le départ du président. Parce que quelques affaires urgentes nominations militaires, possibles changements ministériels devaient être cadenassées avant son absence.
Le 7 juin, enfin, Paul Biya et sa délégation ont monté à bord. Direction : Genève. Départ : fin de journée.
À Yaoundé, on a annoncé un séjour "privé" de "quelques jours".
À Genève, c'est bien différent.
Le président camerounais occupe une chambre confortable dans l'une des cliniques les plus luxueuses de Suisse, celle où se traitent depuis des années les chefs d'État et les ultra-riches du monde. Le diagnostic officiel : un problème au genou nécessitant une intervention. Mais personne ne sait vraiment ce qui le maintient à Genève au-delà des deux semaines initialement prévues.
À 92 ans, on n'est jamais seul face à la maladie. On a des équipes. On a du temps. On a aussi, parfois, des négociations.
Et à Genève, apparemment, il y a aussi des négociations.
Le vide qui paralyse
Pendant ce temps, au Cameroun, trois dossiers urgents restent figés :
1. La désignation d'un vice-président : Depuis des semaines, le pays attend. Un poste resté vacant depuis la disparition de son titulaire précédent. Ce n'est pas un simple titre c'est la garantie de succession, le signal que quelqu'un attend dans les coulisses. Seul Paul Biya pouvait faire cette annonce. Et Paul Biya est à Genève.
2. Les nominations de hauts gradés militaires : L'armée camerounaise attend des mouvements qui ne viennent pas. Des généraux qui devraient prendre leur retraite ne la prennent pas. D'autres qui attendent des promotions restent en suspens. C'est un équilibre fragile que seul Biya contrôle.
3. La présidence du Conseil supérieur de la magistrature : Un poste critique pour l'indépendance judiciaire. Mais sans le président, rien ne se fait.
Ces trois décisions elles auraient dû être annoncées avant son départ. Mais le malaise du 20 mai a accéléré les choses. Et maintenant, le Cameroun regarde vers Genève en attendant.
De Monaco à Genève : la révélation
Et puis, il y a ce détail qui change tout : Franck Biya.
Le fils du président camerounais, actuellement en déplacement à Monaco pour affaires, doit rencontrer son père en Suisse. Ce n'est pas une visite familiale affectueuse. C'est une séance de travail. Et le sujet principal : le projet de vice-présidence.
Franck Biya est dans la liste des favoris pour ce poste.
À 92 ans, Paul Biya confie-t-il déjà les clés du royaume à son fils ? Ou est-ce une autre manière de signaler qui aura le pouvoir après lui ?
Cette question seule suffit à bouleverser la politique camerounaise. Les ministres qui avaient leurs propres candidats commencent à s'agiter. Les généraux qui espéraient que le vide de pouvoir leur profiterait réalisent qu'une succession est en cours de négociation. Et dans tout le continent africain, on observe : c'est comment, la succession d'un autocrate de 44 ans qui ne voulait pas lâcher prise ?
L'influence américaine
Un détail supplémentaire complique l'équation : depuis le précédent séjour de Biya à Genève en septembre 2025, l'influence des conseillers américains auprès de la présidence a augmenté de façon significative. Ils influencent les décisions stratégiques du Cameroun. Ils ont conseillé (en vain) contre ce déplacement en juin pour des raisons d'image.
Mais maintenant qu'il est à Genève, qui tire vraiment les ficelles ?
La question que personne n'ose poser
À 92 ans, peut-on vraiment revenir ? Ou faut-il lire la disparition de Paul Biya à Genève comme le début du crépuscule de 44 ans de pouvoir ininterrompu ?
À Yaoundé, personne n'ose le dire à voix haute. Mais à Genève, dans une chambre de clinique privée, l'après-Biya se négocie peut-être déjà.
Et le Cameroun, une fois encore, retient son souffle.
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