Biya s'effondre, la DSP bouclait le périmètre : l'incident qu'on a voulu cacher
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Le 20 mai 2025, lors de la fête de l'Unité, Paul Biya s'est effondré au palais présidentiel de Yaoundé et le Cameroun a retenu son souffle.

Il était à peine 18h à Yaoundé. Les invités trinquaient. Les uniformes brillaient. La musique couvrait les conversations. Puis, soudain, le silence.

Paul Biya, 93 ans, président du Cameroun depuis 43 ans, venait de tomber.

En quelques secondes, les agents de la Direction de la sécurité présidentielle avaient formé un cordon humain. Les caméras de la télévision nationale venaient de couper le signal. Et le secrétaire général de la présidence ordonnait aux témoins de se taire sous peine de sanctions.

Ce soir-là, le Cameroun a frôlé quelque chose d'immense. Et personne n'était censé le savoir.

La journée avait commencé dans l'ordre protocolaire habituel. Défilé militaire en centre-ville. Hymne national. Discours. Drapeaux verts, rouges et jaunes claquant dans le vent de Yaoundé. Paul Biya, comme chaque année, présidait la cérémonie droit, grave, distant.

Puis vint la réception au palais de l'Unité.

Plusieurs centaines d'invités ministres, ambassadeurs, chefs d'entreprise, hauts gradés étaient rassemblés dans les salons présidentiels. L'événement se déroulait normalement lorsque l'impensable se produisit.

La chute

Selon des témoins directs et des sources présidentielles interrogées par Jeune Afrique, Paul Biya a été victime d'un malaise et a chuté. Les éléments de la Direction de la sécurité présidentielle (DSP) ont immédiatement réagi : périmètre sécurisé, accès restreint, médecins appelés en urgence. Le chef de l'État a été conduit vers les services médicaux du palais.

La scène a provoqué un mouvement de stupeur parmi les invités. Plusieurs témoins décrivent un moment de paralysie collective quelques secondes où personne ne savait quoi dire, quoi faire, quoi penser.

Le couvercle sur la marmite

La réaction des autorités a été aussi rapide que révélatrice. Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, a demandé aux personnes présentes de garder le silence sur l'incident, invoquant de possibles sanctions en cas de divulgation.

La CRTV, la chaîne publique camerounaise qui retransmettait la cérémonie en différé, a immédiatement interrompu les images.

Quelques minutes plus tard, la première dame, Chantal Biya, a pris la situation en main. Souriante, maîtrisée, elle a exhorté les convives à poursuivre la fête comme si rien ne s'était passé.

Mais quelque chose s'était passé. Et tout le monde le savait.

Un état de santé sous surveillance

Depuis cet incident, Paul Biya se trouverait sous observation médicale. Les versions divergent au sein même du palais présidentiel. Certains responsables évoquent un simple « coup de fatigue » l'explication la plus minimisante possible. D'autres sources, plus proches des cercles médicaux, indiquent que le malaise a été plus sérieux, et qu'une évacuation sanitaire vers la Suisse a été envisagée.

Cette hypothèse n'était pas nouvelle. Quelques jours avant le 20 mai, un séjour médical helvétique était déjà évoqué dans l'entourage du président. Un avion spécial avait même été mis à disposition. C'est Paul Biya lui-même qui avait refusé de partir.

Une note confidentielle des services de renseignement américains, reçue peu avant la fête nationale, aurait évoqué des risques sécuritaires au Cameroun un élément qui aurait pesé dans la décision de maintenir le président sur place malgré son état.

La question que personne n'ose poser officiellement

À 93 ans, au pouvoir depuis 1982, Paul Biya est l'un des chefs d'État les plus anciens du monde. Sa santé a toujours été un sujet tabou au Cameroun, entouré d'une omerta quasi institutionnelle. Ses longs séjours à Genève, ses absences inexpliquées, ses apparitions publiques de plus en plus rares tout cela alimentait depuis des années les spéculations.

Ce 20 mai, pour la première fois, l'incident est survenu en public devant des témoins. Et malgré tous les efforts pour l'étouffer, il a filtré.

La vraie question, désormais, n'est plus médicale. Elle est politique : le Cameroun est-il prêt pour l'après-Biya ? Et qui, dans les couloirs du palais de l'Unité, commence déjà à y réfléchir ?

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