Ce roman camerounais qui mêle amour et Histoire
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Ce roman camerounais qui mêle amour et Histoire :: CAMEROON

Avec La Corde lâche, Inna O. juriste, universitaire et experte internationale camerounaise signe un roman élégiaque où les amours inachevés se heurtent à l'Histoire des guerres de libération lusophones, dans une prose incandescente qui explore la fragilité des liens humains.

Elle l'a vu venir. Elle l'a senti. Ce moment où la corde, trop longtemps tendue, allait céder.

Dans une chambre d'hôtel, quelque part entre une rencontre clandestine et un adieu impossible, une femme attend. Elle sait. Elle pressent la méfiance, l'impossibilité d'être aimée autrement que dans l'urgence, la certitude d'être « sautée plutôt qu'aimée ». Et pourtant, elle se donne. Elle offre son corps, son espérance, ses années.

La Corde lâche, le nouveau roman d'Inna O., est ce voyage au bout de la nuit amoureuse un pèlerinage intime où chaque fragment de mémoire devient une station d'un chemin de croix sentimental.

Mais derrière cette fresque d'un grand amour contrarié se dessine une vérité plus âpre : la Politique comme maîtresse jalouse, les guerres de libération lusophones qui continuent de hanter les corps, les promesses de développement dont l'éphémérité ferait pâlir de jalousie tous les coïts interrompus.

Bienvenue dans l'enchevêtrement inextricable des amours inachevés, des élans suspendus et des désirs brutalement interrompus. Bienvenue dans La Corde lâche.

L'AUTRICE : UNE VOIX SOUVERAINE

Inna O. n'est pas une écrivaine comme les autres. Derrière ce nom de plume se cache Kourra Félicité Owona Mfegue, née le 6 novembre 1980 à Yaoundé. Juriste de formation, universitaire, avocate aux barreaux de Paris et du Cameroun, experte internationale en droit et gouvernance.

Elle est la fille du professeur Joseph Owona, professeur émérite de droit public, et de Woya Guindo, consule honoraire du Burkina Faso au Cameroun. Longtemps fille unique au sein d'une fratrie de sept garçons, elle est surnommée par son père « fille-garçon » et familièrement appelée « Inna ». Une enfance partagée entre le Cameroun et la France, un contexte polygamique, des inégalités observées chez les femmes de son entourage tout cela nourrit très tôt son engagement pour l'émancipation des femmes africaines.

Présidente-Fondatrice de la Fondation Owona Mfegue au Cameroun, engagée sur les scènes académiques et institutionnelles d'Afrique et d'ailleurs, elle mène en parallèle une vie littéraire souterraine et souveraine.

De Le Bal des salauds (2018) aux Sulfureuses (2022), jusqu'à Leurre (2024, éditions Schabel), ses nouvelles ont tracé les contours d'une voix troublante. Avec La Corde lâche, elle entre dans le roman comme on entre dans une confession longtemps différée.

LE ROMAN : UNE PLONGÉE DANS L'INTIME ET L'HISTOIRE

La Corde lâche est un voyage dans l'enchevêtrement inextricable des amours inachevés, des élans suspendus et des désirs brutalement interrompus.

Entre confessions brûlantes et éclats de mémoire, la narratrice explore les fils fragiles qui lient deux êtres : cordes tendues, cordes qui étranglent, cordes qui cèdent au moment même où l'on croit s'y retenir.

Chaque fragment est une station de ce pèlerinage intime où le huis clos d'une chambre d'hôtel devient le théâtre d'une tragédie plus vaste : rencontres clandestines, attentes fiévreuses, étreintes salies, adieux impossibles.

C'est l'histoire d'une femme qui pressent tout la méfiance dont l'entoure son amant, l'impossibilité d'être menée au lit conjugal, la certitude d'être sautée plutôt qu'aimée et qui pourtant se donne. Elle offre son corps, son espérance et ses années. Elle découvre au bout de ce fil d'Ariane déroulé candidement qu'elle n'aura reçu qu'un fragment et que la corde qui l'a longtemps retenue s'était, depuis le début, promise à lâcher.

Une corde qui allait bientôt craquer comme la branche sur laquelle Judas Iscariote s'était pendu, ne supportant plus le poids de la félonie.

Mais derrière la fresque d'un grand amour contrarié se dessine une vérité plus âpre : la Politique comme maîtresse jalouse, les guerres de libération lusophones qui continuent de hanter les corps, les promesses de développement dont l'éphémérité ferait pâlir de jalousie tous les coïts interrompus.

UN STYLE : PROSE INCANDESCENTE

Ce qui frappe d'emblée dans La Corde lâche, c'est la prose incandescente, érudite, charnelle. Une écriture sans filet, comme le souligne la critique : « Elle écrit comme elle aime : sans filet, et sans regretter la chute. »

Un roman élégiaque, parfois incantatoire, où l'intime s'entremêle avec l'Histoire, où les illusions amoureuses flirtent avec les trahisons politiques, et où chaque lecteur retrouvera l'écho de ses propres vertiges, de ses propres renoncements.

L'ENGAGEMENT : UNE VOIX FÉMINISTE

Inna O. est régulièrement présentée comme une voix féministe au Cameroun. En 2019, elle publie une tribune sur cette thématique dans le quotidien Le Jour. Ses thématiques de prédilection l'émancipation des femmes africaines, les inégalités, la place des femmes dans les sociétés contemporaines occupent une place centrale dans ses écrits comme dans sa carrière professionnelle.

Avec La Corde lâche, elle poursuit cette exploration, mais cette fois sur le terrain du roman. Ici, plus de masque, seulement la prose d'une femme qui a appris à nommer ce qui résiste à être dit.

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