-
© Camer.be : Avec JA
- 25 Jun 2026 01:43:38
- |
- 396
- |
Biya en Suisse : le pouvoir camerounais en suspens :: CAMEROON
Alors que le président Paul Biya, 93 ans, suit des soins à Genève après un malaise, son fils Franck profite des sommets internationaux pour préparer l’après, tandis qu’un faux décret de nomination à la vice-présidence fait vaciller le palais.
Il est 18 heures à Yaoundé. Les invités trinquent. La musique couvre les conversations. Soudain, le silence. Paul Biya, 93 ans, président depuis 43 ans, vient de s’effondrer.
Les agents de la sécurité présidentielle forment un cordon. Les caméras de la CRTV coupent le signal. Le secrétaire général de la présidence ordonne le silence. Ce soir-là, le Cameroun a frôlé l’impensable. Et personne n’était censé le savoir.
Mais les secrets finissent toujours par s’éventrer. Trois semaines plus tard, Paul Biya est à Genève. Officiellement, un « court séjour privé ». Officieusement, des soins dans une clinique privée. Pendant ce temps, son fils Franck Biya rode entre Monaco, Paris et Genève. Un faux décret annonçant un vice-président est présenté à la CRTV. Le pouvoir vacille. Le Cameroun retient son souffle. Voici ce qui se cache vraiment derrière le séjour suisse du président.
Le malaise du 20 mai : ce que l’on sait
Le 20 mai 2026, lors de la réception au palais de l’Unité après le défilé de la fête nationale, Paul Biya s’est effondré. Des témoins décrivent une scène de stupeur, une paralysie collective. La Direction de la sécurité présidentielle (DSP) a immédiatement bouclé le périmètre, les médecins ont été appelés en urgence.
Le signal de la CRTV a été coupé. Le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, a exigé le silence, menaçant de sanctions. La première dame, Chantal Biya, souriante, a exhorté les invités à poursuivre la fête comme si de rien n’était.
Mais le mal était fait. Depuis cet incident, le président est sous observation médicale.
Le séjour suisse : entre soins et démentis
Le 7 juin 2026, Paul Biya quitte Yaoundé pour Genève. Selon Jeune Afrique, il est pris en charge dans une clinique privée de la ville. Un espace lui est même consacré, sécurisé par les services spécialisés de la présidence. Officiellement, il est logé à l’hôtel InterContinental, ses habitudes depuis des années.
Le gouvernement dément fermement toute hospitalisation. Le 18 juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, affirme que le président « n’est donc pas hospitalisé » et « regagnera le Cameroun dans les plus brefs délais ». Il qualifie les informations de Jeune Afrique de « conjectures malveillantes et infondées ».
Mais le communiqué laisse une porte ouverte : « Quand bien même le chef de l’État pourrait légitimement saisir l’opportunité de son séjour à Genève pour envisager de simples consultations médicales ». Un aveu déguisé.
Franck Biya : l’héritier en campagne
Dans l’ombre de ce séjour médical, une autre histoire se joue. Franck Biya, le fils aîné du président, a posé ses valises en Suisse, après être passé par Monaco et la France. Profitant du sommet du G7 à Évian, à une quarantaine de kilomètres de Genève, il aurait « avancé ses pions » pour la vice-présidence.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : la succession. Le projet de loi portant création d’un poste de vice-président est en cours d’examen. Franck Biya est cité comme l’un des favoris. Mais il fait face à la concurrence de sa propre belle-mère, Chantal Biya, qui soutient le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. La lutte d’influence est féroce.
Le faux décret : un coup d’État institutionnel ?
Le 12 juin, un individu se présente à la CRTV avec un décret présidentiel. Le document, daté du 8 juin 2026 et signé « Paul Biya », nomme un certain Sitchom Johann au poste de vice-président. La CRTV refuse de diffuser le faux. L’homme est arrêté.
L’affaire est plus grave qu’un simple canular. Le contexte est explosif : la question de la succession divise le palais. Introduire un tel document dans l’espace public via un média d’État aurait eu un effet immédiat et difficile à contenir. Cette tentative rappelle les alertes de conseillers sécuritaires américains, qui avaient recommandé à Paul Biya de ne pas s’absenter, craignant que son absence soit exploitée pour imposer un favori à la vice-présidence.
La question qui brûle les lèvres : le pouvoir est-il vacant ?
Le Cameroun est dirigé par le même homme depuis 43 ans. Chaque absence, chaque rumeur sur sa santé ravive les interrogations sur la continuité du pouvoir. La Constitution prévoit des mécanismes en cas de vacance, mais ils n’ont jamais été activés.
Aujourd’hui, le président est à Genève. Son fils rode en Europe. Un faux décret circule. Les ministres se déchirent. Le peuple camerounais, lui, regarde et attend.
La seule question qui vaut est celle-ci : qui gouverne vraiment le Cameroun ?
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique SéRAIL
Les + récents
Biya en Suisse : le pouvoir camerounais en suspens
Liberté d’expression : Peut-on impunément s’interroger sur la santé du président ?
"Maman Kamto" est morte
Inhumation d'Edgar Lungu en Afrique du Sud: Verdict en faveur de la famille en appel
ACTEM mobilise la communauté ELOG-MPO’O autour des grands défis de 2026
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 240547
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
