Cameroun,LA COMPETITION DES MEMOIRES : UN COURS D’HISTOIRE AU PR MESSANGA NYAMDING :: CAMEROON

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Cameroun,LA COMPETITION DES MEMOIRES : UN COURS D’HISTOIRE AU PR MESSANGA NYAMDING :: CAMEROON
Après les actes de vandalisme commis par les chefs traditionnels Sawa sur le monument en construction dédié à Ruben UM Nyobe le Professeur Messanga Nyamding a été invité comme d’autres politiques et intellectuels par la chaîne STV pour s’exprimer sur ce fait d’actualité dans la grande messe de Leila Nganzeu. Prenant la parole après le Secrétaire général du CPP le professeur d’université a tenu sur notre histoire des contrevérités dont on ne sait pas très bien si elles relèvent de l’ignorance, de l’inconsistance, de la prostitution morale, du tribalisme de caniveau…Est-ce le niveau actuel de l’université ? Se demandaient les personnes assises près de moi dans un café Camerounais de Bruxelles. Scandalisé par ce spectacle télévisuel de bêtise assumée, un octogénaire se leva et pris congé de nous.

Il ressortait du discours du pr Messanga Nyamding trois énormités : La première était de présenter l’UPC comme une émanation de la CGT et du colon et pour éclairer son propos il nous invitait à lire Gaston Donnat(nous démontrerons plus loin qu’il attribue à Gaston Donnat des propos que ce dernier n’a jamais tenus). La deuxième énormité a consistait à construire une hiérarchie dans laquelle Douala Manga Bell serait supérieur à Ruben UM Nyobe. La troisième tout aussi hilarante que les deux premières a consistait à établir une dichotomie simpliste entre ce qu’il appelle les réalistes (ceux qui s’inscrivent dans la tradition conservatrice ) et les idéalistes qui seraient les nationalistes de la mouvance upéciste.

Nous allons rester le nez collé sur les faits. Commençons par la première énormité celle qui consiste à présenter l’UPC comme une émanation de la CGT et ajoute l’enseignant d’université, des colons... Il y a dans cet argument toute la perversité intellectuelle et la mauvaise fois des héritiers d’Aujoulat. La démarche du professeur consiste très cyniquement à retourner contre un individu ses amitiés circonstancielles en essayant de leur attribuer la paternité de tout ce qu’il a fait à des fins de désinformation néocoloniale. Tous les grands leaders nationalistes ont eu des compagnons de combat qui venaient de l’occident. Jean Paul Sartre fut le compagnon de route de Lumumba, Jean Ziegler celui de Sankara..Faudrait il

chaque fois qu’un militant africain a des compagnons de route qui viennent de l’occident lui contester son propre mérite en attribuant ses exploits à ses amis blancs comme si le noir n’a jamais pu être un acteur historique autonome ? Messanga Nyamding incarne une parole occidentale qui se déploie à l’intérieur de l’Afrique.

La CGT a-t-elle crée l’UPC comme le prétend Messanga Nyamding ? Quelle était l’identité des militants de la CGT ? Que cherchent t-il au Cameroun ?

L’UPC a été crée le 10 Avril 1948 .Les acteurs politiques présents à sa création étaient toutes des syndicalistes. C’est un fait connu ils ont été formés à l’action syndicale par les militants français de la CGT. Ces derniers ont-ils contribué à la création de l’UPC ? Nous répondons par la négative. Aucun militant français n’étant présent à la création de l’UPC.Il n’est même pas établi qu’ils avaient agi dans l’ombre dans l’intention de créer un parti politique.

On peut élargir le débat au-delà CGT et reformuler la problématique. L’UPC est-elle la création d’une main étrangère comme cherche à le faire croire le lugubre enseignant d’université ?

Deux acteurs d’origine occidentale sont intervenus dans la préhistoire de l’UPC. Nous insistons ici sur le terme préhistoire détourné de son sens originel pour un sens figuré. Nous parlons de préhistoire car l’histoire de l’UPC commence le 10 Avril 1948. La préhistoire c’est ce qui vient avant la naissance officielle du parti. Ces deux acteurs d’origine occidentale n’avaient pas les mêmes objectifs, ni le même profil. L’analyse de la réalité interdit de les mettre dans le même sac.

Le premier avait des objectifs très ambigus. La jeunesse progressiste n’a pas été naïve. Le deuxième était un personne sympathique, un esprit dévoué et généreux venu participer à la lutte pour la liberté. C’était un ami des opprimés. Il n’était pas seul. Il était accompagné de plusieurs membres de la CGT tous des marxistes prêts à consacrer leur vie à la solidarité entre les damnés de la terre. En clair des gens bien. Or ce sont ces personnes que le lugubre enseignant d’université qualifie de colons. A suivre son raisonnement tous les blancs qui sont venus en Afrique était des colons pour la seule et unique raison qu’ils étaient des blancs. Quel est ce racisme ? Comment un enseignant d’université peut être aussi borné ?

Avant d’aller au fond du débat nous tenons à relever que c’est un sujet assez vaste qui pourrait mériter de très longs développements. Nous ne le ferons pas. Les exigences d’une communication de masse digeste invitent à aller droit au but et à rester bref et simple. Ceci dit nous n’allons pas entrer dans les détails trop techniques de la science historique. En même temps nous n’allons pas nous installer dans la superficialité du discours télévisé caractéristique de l’exposé mensonger, injurieux et diffamatoire du professeur Messanga Nyanding. Ni trop profond comme la science, ni superficiel comme la télé. Voila l’intersection dans laquelle nous allons évoluer.

Revenons aux deux catégories d’acteurs évoquées plus haut : Le premier est le fondateur de la Jeucafra , le gouverneur français Richard Bruno arrivé au Cameroun en 1938. Pourquoi a-t-il créer la jeucafra( Jeunesse Camerounaise française) ? Son but était de s’opposer au retour de l’Allemagne. C’était l’époque où le régime nazi ne cachait plus ses prétentions sur ce qu’il appelait son empire colonial africain. Evènement sans précédent les camerounais simples sujets français se retrouvaient ainsi encourager par le colonisateur lui-même à prendre une position politique. C’est en effet aux camerounais que revenait la responsabilité de porter à travers le pays le message anti-hitlérien. Etant le seul cadre politique au sein duquel les camerounais pouvaient discuter politique, la Jeucafra a fini par attirer pendant les quatre années de guerre une grande partie de l’intelligentsia camerounaise. En 1945 la quasi-totalité des fonctionnaires en poste à Douala et à yaoundé appartenaient à la Jeucafra .Mais au moment où la Jeucafra se réuni en congrès en 1945 l’unanimité du début pour dénoncer les prétentions allemandes commence à se désagréger. L’idée émerge que la défaite de l’hitlérisme a changé l’ordre des priorités et que c’est désormais à l’égard du colonisateur français qu’il faut formuler des exigences. De là est née l’unicafra, l’union camerounaise française. Son irruption dans la scène politique marque un tournant décisif dans la démarche de la jeunesse nationaliste pour prendre en main son destin. Le colon a crée la Jeucafra pour instrumentaliser la jeunesse camerounaise contre l’Allemagne. Cette jeunesse s’est finalement retournée contre la France. Nous sommes là devant un phénomène d’une importance majeure qui coupe cours aux sottises véhiculées par des gens comme Messanga Nyamding.

Une autre question se pose par ailleurs. L’UPC est elle réellement une émanation de la Jeucafra ? La réponse à cette question n’est pas simple. Il n’est pas démontré que Ruben Um Nyobe fut membre de la Jeucafra. Par contre une bonne partie des jeunes qui ont participé à la création de l’UPC ont été membre de la Jeucafra. C’est à eux qu’on doit le retournement de situation de l’opposition contre l’Allemagne à l’opposition contre la France. C’était un moment important dans l’inscription de la jeunesse progressiste dans une démarche d’émancipation véritable.

Le deuxième acteur d’origine occidentale qui a eu des connexions avec l’UPC au temps de sa préhistoire était Gaston Donnat. Mesanga Nyamding dit sur ce monsieur deux choses totalement inexactes et mensongères. Il affirme d’abord que ce monsieur fut un colon, ce qu’il n’a jamais été. C’était un ami des opprimés. Il dit par ailleurs que c’est Gaston Donnat qui aurait crée l’UPC et affirme que c’est Gaston Donnat lui-même qui le dit. Ce qui est totalement faux et mensonger. Messanga Nyamding fait mentir Gaston Donnat en lui prêtant des propos que ce dernier n’a jamais tenus.

Voyant venir les pervers idéologiques des régimes autocratiques comme Messanga Nyamding, des historiens révisionnistes de l’extrême droite française comme Bernard Lugan, Gaston Donnat a tenu à faire une mise au point avant sa mort. Il a écrit ceci à ce propos :

<< J´atteste sur l´honneur que toutes ces informations sont exactes, que mes camarades français et moi n´avons fait qu´aider nos amis camerounais et qu´à partir d´avril 1947, aussi bien l´« Union des Syndicats Confédérés du Cameroun » que l´« Union des Populations du Cameroun » (U.P.C.) ont été des organisations absolument indépendantes et dirigées uniquement par des Camerounais.>>

Fait à Monasque le 20 Mars 1987

Gaston Donnat

Douala Manga Bell est il supérieur à Ruben Um Nyobe comme le prétend l’ensei-gnant d’université ? Vouloir comparer les individus en les mettant dans une hiérarchie comme le fait Messanga Nyamding est déjà en soit indécent. Nous devons beaucoup à tous nos héros historiques. Tous méritent la célébration. Au demeurant le propos du Pr Messanga Nyamding dit beaucoup sur son échelle morale propre qui n’est pas très élevée. On se souvient que ce monsieur avait traité Mboua Massock de déséquilibré au cours d’un débat de télévision.

Que faire ? Doit-on répondre à ses classifications mensongères, à ses manœuvres abracadabrantes pour bâtir une échelle du mérite dans laquelle le plus grand des Camerounais est relégué au statut d’un acteur politique très classique ? Nous sommes devant un dilemme. Nous avons dit que la comparaison des héros est indécente. Entrer dans ce débat s’est tirer la conversation politique vers la spéléologie. Mais en même temps ne pas répondre à Messanga Nyamding c’est laisser une désinformation prospérer. Nous tenons à le dire avec clarté que Douala Manga Bell est un camerounais de grande stature, il mérite un monument, mais il n’est pas au même niveau que Ruben Um Nyobe. Le Mpodol est le plus grand personnage de notre histoire au même titre que De Gaulle en France, Mandela en Afrique du Sud , Ghandi en Inde…

Douala Manga Bell appartient au mobilier nationaliste parce qu’il s’est opposé à la pénétration allemande. Il fut aussi un homme d’une grande intelligence stratégique. Il était beaucoup plus mondialisé que les hommes politiques d’aujourd’hui. Il publiait des articles dans la presse allemande. C’était avant sa mort en 1914. On lui doit une opposition farouche au projet d'urbanisation dit « Gross Duala » qui devait faire de la ville, l'un des plus grands ports d'Afrique. Le projet prévoyait d'exproprier les Duala de leur lieu d'habitation traditionnel qui devait devenir la ville européenne. De nouveaux lotissements (New Bell, New Akwa, New Deido) devaient être aménagés à l'arrière du pays pour les autochtones selon le nouveau plan d'urbanisation. Ces nouveaux lotissements devaient être séparés de la ville Européenne par un no man's land de un kilomètre de large. Rudolf Douala Manga va s'opposer à ce projet qu'il qualifie de « projet d'apartheid ». Il s’agit donc d’un combat estimable dont personne ne saurait contester le courage à une époque où le colon tuait les dissidents sur la place publique. Mais pour être clair son action est restée régionale. Certes il avait entrepris des initiatives pour se rapprocher des autres leaders du pays comme martin Paul Samba. Mais tout cela est resté un projet en construction.

Ruben Um Nyobe est le premier grand leader nationaliste à avoir entrepris une action suivie à l’échelle nationale avec des implantations dans toutes les régions du Cameroun en vue de libérer le pays dans son ensemble.

© Correspondance : Ndjama Benjamin


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Epervier
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très bel article

Merci monsieur NDJAMA

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