Le pays sous haute tension deux mois après la présidentielle
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Plus de deux mois après le scrutin du 12 octobre 2025, le climat politique reste lourdement marqué par une incertitude qui semble paralyser les institutions et le quotidien des citoyens. La proclamation des résultats officiels, ayant entériné un huitième mandat pour le président sortant à l'âge de 92 ans, n'a pas suffi à apaiser les esprits, bien au contraire. Le pays vit désormais dans une atmosphère de méfiance généralisée où chaque voix dissidente s'expose à des répercussions immédiates. Cette situation de blocage s'enracine dans une élection présidentielle dont la transparence est vigoureusement remise en question par les acteurs majeurs de la scène politique nationale et internationale.

Au cœur de ce dispositif de contrôle, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, multiplie les sorties médiatiques musclées pour décourager toute velléité de contestation. Ses discours, teintés de menaces et d'avertissements à l'encontre des formations politiques et des organisations de la société civile, visent à étouffer le mécontentement populaire né des urnes. Cette stratégie de la fermeté radicale a plongé le Cameroun dans un état de léthargie où les libertés de réunion et d'expression sont devenues de plus en plus précaires sous l'œil vigilant des services de sécurité.

Les mouvements de contestation, menés notamment par l'opposition qui revendique une vérité des urnes différente des chiffres officiels, font face à une répression systématique. Les appels à des journées ville morte et les manifestations sporadiques dans les grandes métropoles se heurtent à un déploiement sécuritaire massif. Cette crise post-électorale prolongée fragilise la cohésion sociale et inquiète les partenaires économiques qui observent avec appréhension la dégradation du climat des affaires. Le pays semble ainsi figé entre une volonté de changement portée par une jeunesse nombreuse et un appareil d'État déterminé à maintenir l'ordre établi coûte que coûte.

Le recul inquiétant des libertés publiques se manifeste également par des pressions constantes exercées sur les médias indépendants et les activistes numériques. La surveillance accrue des réseaux sociaux et les menaces de poursuites judiciaires pour incitation à la révolte créent un sentiment d'oppression permanent. Alors que l'année s'achève, l'avenir démocratique du pays paraît plus incertain que jamais, laissant planer le spectre d'une instabilité durable si aucun dialogue national sincère n'est engagé pour sortir de l'impasse actuelle. Le maintien de la stabilité par l'intimidation montre ses limites face à une population qui aspire à une gouvernance plus inclusive et transparente.

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