Iran accuse Israël de manipuler le silence africain face à la guerre américano-israélienne
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AFRIQUE :: Iran accuse Israël de manipuler le silence africain face à la guerre américano-israélienne

Une accusation diplomatique sans précédent sur le continent africain

L’Iran a ouvert un front diplomatique inattendu. Son ambassadeur en Afrique du Sud, Mansour Shakib Mehr, a dénoncé le silence des États africains et de l’Union africaine face au conflit impliquant les États-Unis et Israël. La charge est directe : Israël mène des campagnes de propagande qui paralysent la réaction du continent.

Téhéran pointe du doigt l’influence israélienne

Les déclarations ont été faites depuis Pretoria. Mansour Shakib Mehr a critiqué la “réponse muette” des capitales africaines. Selon le diplomate, cette prudence n’est pas naturelle mais construite. L’Iran considère que Israël a déployé des moyens considérables pour façonner les positions africaines.

L’Union africaine, structure censée porter une voix collective, n’a pas formulé de condamnation claire. Cette absence intervient dans un contexte de guerre ouverte impliquant les États-Unis et Israël. La propagande israélienne serait, selon Téhéran, la clé de ce blocage continental.

Positionnement africain

L’analyse des causes doit remonter aux années 2000. Israël a mené une politique systématique de reconquête diplomatique en Afrique. Cette stratégie a produit des résultats tangibles : adhésion à l’Union africaine comme observateur, accords bilatéraux dans la sécurité et l’agriculture.

Le second facteur tient à la dépendance économique. De nombreux États africains entretiennent des relations privilégiées avec les États-Unis. Washington reste un partenaire majeur pour l’aide au développement et la sécurité. Une condamnation publique du camp américano-israélien mettrait en danger ces flux.

Les mécanismes d’influence israélienne sur le continent

L’Iran décrit un système de campagnes de propagande multidimensionnel. Israël utilise ses ambassades pour former des relais d’opinion locaux. Des think tanks et des ONG pro-israéliennes produisent des contenus destinés aux médias africains. Les formations militaires et les accords de coopération technique servent aussi de vecteurs d’influence.

Le mécanisme opère aussi par la menace implicite. Le silence des États africains résulte parfois d’une évaluation pragmatique. Se positionner contre les États-Unis et Israël expose à des représailles économiques ou sécuritaires. Cette dissuasion fonctionne sans être ouvertement exprimée.

Un isolement diplomatique pour Téhéran et des réajustements à venir

L’Iran se retrouve isolé sur la scène africaine. Ses accusations risquent de braquer des capitales qui privilégient la discrétion. La réponse de l’Union africaine sera scrutée. Si l’organisation maintient son silence, Téhéran perdra un levier diplomatique important.

La bataille d’influence entre Israël et l’Iran en Afrique va s’intensifier. Les deux pays cherchent à verrouiller les positions africaines dans les enceintes internationales. Le continent représente un bloc de voix déterminant à l’ONU. Celui qui contrôle ce bloc pèse sur le droit international.

L’Afrique peut-elle encore jouer les arbitres ?

L’accusation iranienne pose une question de fond : l’Afrique dispose-t-elle encore d’une politique étrangère indépendante ? Le silence dénoncé par Mansour Shakib Mehr est-il le signe d’une souveraineté exercée en toute conscience ou le symptôme d’une influence étrangère devenue hégémonique ? La réponse à cette question déterminera la capacité du continent à peser dans les grands équilibres géopolitiques des années à venir.

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