Enquête/ décès de Mélissa au Bac 2026 : D’où vient la rumeur des “8 000 francs” ?
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Baccalauréat de l'enseignement général 2026. L'examen certificatif est émaillé d'une tragédie. Une candidate meurt faute d'avoir eu la modique somme de 8 000 FCFA  pour ses soins médicaux, dans un hôpital gouvernemental. 

Elle s'appelait Mélissa ESSOMBA, candidate enceinte, décédée à l’Hôpital de District de Nkolndongo, dans le 4 ème arrondissement de Yaoundé. "Des stagiaires ont exigé 8 000 F avant de la soigner”, a-t-on entendu dire. 
En quelques heures, la vidéo et le texte sont partagés des milliers de fois. Verdict immédiat : négligence, vénalité, “hôpitaux de la mort”.

Mais en fait,  qui était Mélissa ESSOMBA ? 

Nom complet : NGAH MBIDA ESSOMBA Mélissa, 22 ans.  
Carnet médical à l’appui : suivie depuis 17 semaines de grossesse au CASS de Nkolndongo, hôpital catholique.  
Déjà des signaux d’alerte : tension à 13/2, œdèmes prenant le godet. Diagnostic posé : risque de prééclampsie. Conseil donné : réduire le sel, revenir le 27 mai pour contrôle prénatal.

Mélissa ESSOMBA voulait deux  choses cette année : son baccalauréat, et garder son enfant. Son entourage à Kondengui et ses parents à Nkolbisson étaient au courant de la grossesse.

Le jour fatidique 

Lieu : Centre d’examen du Lycée d’Anguissa, Yaoundé, Cameroun.  

Mélissa ESSOMBA ressent des contractions en pleine épreuve. Un camarade l’emmène à l’infirmerie.  
Examen par une infirmière diplômée d’État : œdèmes sévères, suspicion de prééclampsie. Décision immédiate : évacuation d’urgence vers l’hôpital, dans le véhicule d’un surveillant.

Dans le taxi, contractions. Le fœtus est expulsé : mort-né. Le placenta, en état de putréfaction, sort aussi. Mélissa ESSOMBA arrive à Nkolndongo mourante, en hémorragie.

Et les 8 000 francs ?  

À l’arrivée, pas de guichet, pas de caisse. Les infirmières de l'hôpital de district de Nkolndongo accourent et commencent les soins directement dans le véhicule. Voie veineuse posée, expulsion du placenta, réanimation.  

Sa sœur arrive. Des examens sont prescrits. Elle part chercher l’argent pendant que les soins continuent sans interruption.  
Au retour : massage cardiaque en cours. Mélissa ESSOMBA décède malheureusement des suites d’une hémorragie massive liée à la rétention prolongée d’un fœtus mort.

 Le père de Mélissa ESSOMBA, et son témoignage implacable 

Arrivé sur ces entrefaites,  il se rend lui-même à la caisse pour vérifier s’il restait des frais médicaux à régler. Aucun témoignage de la famille ne fait état d’un refus de soins contre paiement.

La voix  des  documents 

Carnet prénatal: suivi au CASS de Nkolndongo depuis 17 semaines. Tension élevée déjà notée.

 Chronologie des évènements : 

Soins avant paiement. La sœur quitte les lieux après le début de la prise en charge.

 Cause médicale 

Prééclampsie + mort fœtale in utero + rétention placentaire = hémorragie obstétricale. Première cause de mortalité maternelle dans le monde, même avec des soins.

Aucune source, aucun membre de la famille, aucun document administratif ne confirme la version des “stagiaires + 8 000 F avant soins”.

Au final  : Une tragédie détournée. 

Mélissa ESSOMBA n’est pas morte “pour 8 000 francs”. Elle est arrivée mourante à l’hôpital, après un accouchement survenu dans un taxi. Le personnel a tenté la réanimation jusqu’au bout.

Il est indécent de  tirer sur un corbillard. Mais quand la désinformation s’invite, il faut rétablir l’ivraie du vrai. Mélissa ESSOMBA, pour honorer sa mémoire, mérite que les faits ayant conduit à sa mort tragique,  soient exposés froidement, mais  sans exubérance.  Et les blouses blanches de l'hôpital de district de Nkolndongo méritent qu’on reconnaisse qu’elles ont fait leur devoir.

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