28 Mai 2001 - 28 Mai 2026: 25 ans déjà que Francis Bebey quittait cet enfer terrestre
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Journaliste, poète, écrivain, chanteur, guitariste, humoriste,  auteur du célèbre roman ‹‹ Le fils d'Agatha Moundio ›› qui lui valut le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1968, c'est en 1974 qu'il décide de se consacrer uniquement à la musique après avoir sorti son premier album baptisé ‹‹ IDIBA ›› en 1972. 

Très engagé dans ses chansons humoristiques telles que ‹‹ Agatha ››, ‹‹ La Condition masculine ››, ‹‹ Divorce pygmée››, il obtient le Prix. Puis il chantera des compositions plus « sérieuses » et poétiques, en s'accompagnant souvent d'instruments traditionnels (arc à bouche, harpe traditionnelle, sanza, flûte pygmée, guitare, percussions…) de son pays d'origine.

Poète, écrivain, compagnon du verbe, le chanteur et guitariste auteur-compositeur camerounais Francis Bebey fait partie des précurseurs dont le rôle dans la reconnaissance des musiques africaines s'est avéré primordial

Artistiquement il se produit dans plus de 75 pays du monde 

Il composera également les musiques de plusieurs longs métrages comme le film ‹‹ Yaaba ›› du réalisateur burkinabé Idrissa Ouedraogo, qui est primé au Festival de Cannes en 1989, également le générique du film ‹‹ Sango Malo ›› de Bassek Ba Kobhio 

Francis Bebey naît officiellement le 15 juillet 1929 d'une famille pauvre « de dix à treize enfants » (il précise qu'à l'époque il ne savait réellement compter que jusqu'à dix) du quartier d'Akwa à Douala. Dernier de la fratrie, sa mère décède à sa naissance. Il a connu la faim « j'avais très faim » (son père a fait vœu de pauvreté), se décrivant comme « maigre et avec un gros ventre ». Sa date de naissance a sans doute été modifiée par un de ses frères, ses frères aînés souhaitant qu'il aille à l'école avant l'âge légal (de dix-douze ans pour les enfants noirs) ; il pense être né plutôt en 1934.

Il est initié à la musique par son père, pasteur protestant, et joue de l'harmonium et de l'accordéon. Il grandit donc au son de la musique classique occidentale (Bach, Haendel) tout en gardant une oreille attentive pour les musiques traditionnelles africaines. Il écoute ainsi, en cachette de son père, Eya Mouessé, un voisin qui passe ses nuits à jouer de l'arc en bouche et de la Sanza. Francis commence réellement la musique en jouant du banjo, dont le tout premier lui fut offert par son frère aîné Marcel Bebey Eyidi, qui fut en réalité celui qui l'éleva. Il s'initie par la suite en autodidacte à la guitare en 1947, instrument mythique pour lui, car il y avait chez son père une guitare « presque talisman » dont personne ne jouait[4],[3].

Il suivra le parcours de son frère Marcel qui a obtenu une bourse d'études en France. Il obtient lui aussi une bourse et débute dans un lycée de La Rochelle, puis poursuit à Paris des études de sciences puis d'anglais. Il apprend à faire de la radio à la SORAFOM OCORA, passe quelques mois aux USA où il découvre New York, le jazz et le racisme ségrégationniste.

Il fut tout d'abord journaliste et producteur à Radiodiffusion Outre-Mer[5] en Afrique et en France à Radio France internationale (RFI), puis rattaché à l'UNESCO comme directeur du Programme de la Musique pour l'ensemble des États membres de l'organisation. Il écrit de nombreux ouvrages, dont le roman Le Fils d'Agatha Moudio qui lui vaut le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1968[6].

En 1972, sort son premier album, Idiba. En 1974, il décide de se consacrer uniquement à la musique. Il se fait d'abord connaître avec des chansons humoristiques telles que Agatha, La Condition masculine, Divorce pygmée, Cousin Assini, et Si les Gaulois avaient su, avant de composer des pièces plus « sérieuses » et poétiques. Bebey a été le premier musicien africain à ancrer sa musique avec des synthétiseurs, des claviers électriques et des boîtes à rythmes programmables, en les intégrant avec des instruments africains traditionnels (xylophone, arc à bouche, harpe traditionnelle, tambour, sanza, flûte pygmée, guitare, et percussions). En 1977 il obtient le Prix de la chanson française décerné par la Sacem.

Il se produit dans plus de 75 pays du monde, et dans des salles prestigieuses telles que la Maison de Radio-France à Paris, le Carnegie Hall à New York, la Radio Deutschland à Berlin, le Musée Munch à Oslo ou le Masonic Auditorium à San Francisco.

Il composera également la musique du long métrage Yaaba du réalisateur burkinabé Idrissa Ouedraogo, qui est primé au Festival de Cannes en 1989[9]. Une critique du film de le Los Angeles Times a qualifié la musique de Yaaba comme « délicatement troublante » [10] tandis qu'une autre critique a observé « qu'une musique douce accompagne les intermèdes lorsque les plans larges captent la campagne. Un rythme plus rapide transmet le drame, comme dans le prélude à la bataille des garçons et pendant l'enterrement de Sana »[11]. Il compose également le générique du film Sango Malo (1991) de Bassek Ba Kobhio.

Le 28 mai 2001, il meurt à Paris d'une attaque cardiaque. Sa mémoire est entretenue par des personnes comme Ismaïla Touré (Touré Kunda), Erick Orsenna ou encore Claude Nougaro.

En 2014, le festival Africolor lui rend hommage avec une création originale, La boîte magique de Francis Bebey, autour de son fils Patrick et de nombreux invités. Dans le roman Mon royaume pour une guitare paru en 2016 aux éditions Michel Lafon, sa fille Kidi évoque sa vie

Le 28 mai 2001 la mort frappe à sa porte, il meurt à Paris d'une attaque cardiaque.
En paix que son âme repose.

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