Douala : un féticheur surpris en pleine incantation dans une maison neuve à Yassa
CAMEROUN :: SOCIETE

CAMEROUN :: Douala : un féticheur surpris en pleine incantation dans une maison neuve à Yassa :: CAMEROON

Il venait nettoyer. Il a trouvé un rituel. Le mercredi 20 mai 2026, Nicolas Rodolphe S., 54 ans, technicien de laboratoire, pénètre dans sa maison fraîchement achevée à Yassa, lieudit « Mosquée Bocom », arrondissement de Douala III. Il est accompagné d'un neveu et de deux amis. Dans la chambre principale, un homme est assis en tailleur au centre d'un cercle, en pleine incantation. L'affaire est remontée à la gendarmerie.

Quatre ans de chantier, une surprise finale

Nicolas S. a lancé son chantier en 2022. En février dernier, il remet 500 000 francs CFA à son épouse Marie-Claire, 39 ans, surveillante générale dans un collège de Douala, pour l'achat de carreaux. La somme n'est pas utilisée à cet effet. Sans explications claires de son épouse, Nicolas s'endette pour acheter lui-même les matériaux. Les travaux reprennent et s'achèvent. Il décide d'intégrer le domicile le week-end suivant la fête de l'Unité nationale. Son épouse demande un report. Il passe outre.

Le groupe progresse à pied

Un bourbier à moins d'un kilomètre du domicile contraint le groupe à abandonner le véhicule. Seaux et balais en main, Nicolas et ses accompagnateurs continuent à pied. Il ouvre le portail, fier de montrer ses réalisations. Il choisit de commencer la visite par la chambre patronale. C'est là que la scène se produit.

L'inconnu et le cercle

L'homme découvert à l'intérieur est assis jambes croisées au centre d'un cercle, dans une posture de concentration intense. Il n'a manifestement pas entendu le groupe entrer. Nicolas l'interpelle : « Bonjour ». L'individu répond d'un signe de tête. À la question « Vous êtes entré comment ? », il ne fournit pas de réponse immédiate cohérente. La gendarmerie de Douala III est alertée. L'individu est appréhendé sur place.

Pourquoi cela arrive

Les pratiques de fétichisme au Cameroun dans les constructions neuves s'inscrivent dans un rapport culturel complexe à la propriété, à la protection et à l'envie. Les maisons inoccupées, surtout en phase de finition, sont perçues dans certains milieux comme des espaces rituellement accessibles. L'absence de surveillance physique et la proximité avec des quartiers densément peuplés facilitent ces intrusions.

Les enjeux de l'affaire

La procédure judiciaire engagée par la gendarmerie déterminera les charges retenues contre l'individu appréhendé. L'infraction de violation de domicile est constitutive d'une poursuite pénale au Cameroun, indépendamment du motif allégué. À long terme, cette affaire met en lumière la vulnérabilité des constructions neuves non habitées dans les quartiers périphériques de Douala. Elle pose aussi la question de la sécurisation des chantiers achevés en attente d'occupation.

Nicolas S. a voulu entrer chez lui ce mercredi. Il y est entré mais pas seul. La maison qu'il a mis quatre ans à construire était déjà occupée, à sa manière. L'audience judiciaire à venir dira si la loi camerounaise sait nommer ce qu'elle a trouvé dans cette chambre. Mais la vraie question reste entière : combien de maisons neuves à Douala abritent, dans leur silence, ce que leurs propriétaires ne savent pas encore ?

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo