CEMAC en crise : le Cameroun doit 60 milliards FCFA et paralyse l'intégration régionale
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Le chiffre a été annoncé à Malabo le 16 février 2026 sans détour : 263,5 milliards FCFA. C'est le stock total des arriérés accumulés par les États membres de la CEMAC au titre de la Taxe Communautaire d'Intégration. Une somme qui menace la survie opérationnelle de l'institution.

La séance plénière du Parlement communautaire n'a laissé aucune place à l'optimisme. La Commission est en état d'asphyxie.

Contexte : qu'est-ce que la TCI et pourquoi est-elle vitale ?

La Taxe Communautaire d'Intégration est un prélèvement de 1 % sur les importations hors zone CEMAC. Elle constitue la ressource propre principale de la Commission. Sans elle, aucun projet intégrateur, aucune réforme structurelle, aucune institution régionale ne peut fonctionner normalement.

Le mécanisme est simple en théorie : les États collectent la taxe, puis la rétrocèdent à Brazzaville. En pratique, les versements sont chroniquement incomplets, irréguliers, ou inexistants.

Le Cameroun, locomotive économique et mauvais payeur

Le paradoxe est brutal. Le Cameroun est la première économie de la zone CEMAC. Il en est aussi l'un des principaux débiteurs en volume.

À fin 2025, son ardoise atteint 59,9 milliards FCFA, soit près de 23 % du total des impayés. Il se positionne juste derrière la République Centrafricaine (61,8 milliards FCFA), devant le Congo et le Tchad. Le Cameroun et le Gabon sont certes les seuls à avoir effectué des versements en 2025  mais l'effort est jugé largement insuffisant.

Quand la locomotive freine, tout le convoi ralentit.

La décision de rupture du 5 février 2026

Face à cette crise de trésorerie, Baltasar Engonga Edjo'o, président de la Commission de la CEMAC, a pris une mesure radicale le 5 février 2026 : la suspension provisoire de toutes les activités et missions jugées non stratégiques.

C'est une première. Elle illustre concrètement jusqu'où peut aller la paralysie d'une institution régionale quand ses États membres ne financent plus leur propre projet commun.

Enjeux : ce qui se joue au-delà des chiffres

À court terme, les grands chantiers de la CEMAC sont gelés. Les réformes en cours perdent leur élan. Les partenaires internationaux  FMI, Banque mondiale, Union européenne  observent une institution incapable de garantir sa propre stabilité financière.

À long terme, c'est la crédibilité du projet d'intégration sous-régionale qui est en jeu. Si les États membres ne paient pas leur dû, la CEMAC devient une coquille vide  une architecture institutionnelle sans ressources pour agir.

Le durcissement annoncé du mécanisme de recouvrement est une réponse. Mais un mécanisme de recouvrement n'est efficace que si les États membres acceptent de s'y soumettre.

La question qui reste sans réponse

Si le Cameroun, première économie de la zone, ne peut ou ne veut pas honorer ses engagements financiers régionaux, quel État membre le fera  et qui dirigera réellement l'intégration centrafricaine demain ?

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