Louis Paul Motaze ordonne la réintégration immédiate de SGS au Port de Douala
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Le ministre des Finances camerounais, Louis Paul Motaze, vient de mettre fin à une confusion administrative qui paralysait les opérations portuaires. Dans une directive ferme adressée à l'Autorité Portuaire de Douala, il ordonne le rétablissement immédiat de SGS dans ses prérogatives. La décision, loin d'être anodine, s'inscrit dans une stratégie gouvernementale plus large orchestrée depuis la Primature.

L'instruction émane directement des orientations du Premier ministre, Chef du Gouvernement. Ce rappel hiérarchique souligne la gravité de la situation et l'urgence d'y remédier. Depuis plusieurs semaines, le flou entourant le statut de SGS au sein du dispositif portuaire alimentait les spéculations et fragilisait la chaîne logistique nationale.

Une confusion aux conséquences économiques réelles

Le Port de Douala constitue la principale porte d'entrée maritime du Cameroun. Toute perturbation dans ses mécanismes de contrôle et de certification impacte directement les délais de dédouanement, le coût des importations et la compétitivité du commerce extérieur camerounais.

SGS, entreprise internationale de vérification et de certification, joue un rôle clé dans la sécurisation des flux de marchandises. Son éviction temporaire ou son statut ambigu ont créé un vide opérationnel. Les importateurs, transitaires et opérateurs économiques se sont retrouvés dans l'incertitude, ce qui a généré des retards et des surcoûts.

La réintégration de SGS répond donc à une nécessité pragmatique : restaurer la fluidité des opérations et garantir la fiabilité des processus de contrôle aux standards internationaux.

Un recadrage politique assumé

En prenant position publiquement, Louis Paul Motaze envoie un signal fort. Le ministre ne se contente pas de suggérer : il ordonne. Cette posture directive révèle une volonté de reprendre le contrôle sur un dossier sensible qui menaçait de dégénérer en crise institutionnelle.

L'invocation de la Primature n'est pas anodine. Elle légitime la décision et prévient toute contestation interne. Le message est clair : les tergiversations doivent cesser, et l'intérêt national prime sur les querelles administratives.

Cette intervention rappelle également que les infrastructures portuaires ne sont pas de simples outils techniques. Elles cristallisent des enjeux de souveraineté économique, de recettes douanières et de crédibilité internationale.

Des implications au-delà du port

Au-delà de la dimension logistique, cette affaire met en lumière les fragilités du système de gouvernance des établissements publics camerounais. Comment une confusion administrative a-t-elle pu atteindre un tel niveau avant que l'exécutif n'intervienne ?

Les observateurs y voient une illustration des tensions latentes entre autorités portuaires, prestataires privés et tutelles ministérielles. La directive du ministre agit comme un coup de sifflet, mais pose la question des mécanismes de régulation et de supervision à long terme.

Pour les partenaires commerciaux du Cameroun et les investisseurs étrangers, cet épisode soulève des interrogations sur la stabilité contractuelle et la prévisibilité du cadre d'affaires. La rapidité avec laquelle l'ordre sera exécuté dira beaucoup de la capacité de l'État à faire respecter ses arbitrages.

Et maintenant ?

L'Autorité Portuaire de Douala dispose désormais d'une feuille de route sans équivoque. Reste à observer comment cette réintégration sera mise en œuvre sur le terrain, et si elle s'accompagnera de mesures d'accompagnement pour éviter que de telles confusions ne se reproduisent.

Cette affaire, au carrefour de la gouvernance publique et de l'efficacité économique, interpelle. Dans un contexte régional compétitif où chaque port ouest-africain cherche à capter les flux commerciaux, le Cameroun peut-il se permettre de telles turbulences institutionnelles ?

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