Issa Tchiroma à la jeunesse : « Je suis à pied d'œuvre » après Justin Hara
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Issa Tchiroma Bakary, président élu du Cameroun, vient de publier sa première déclaration officielle à la jeunesse camerounaise. Un texte sobre, direct, qui rompt avec les promesses électorales classiques. Le ton est posé, l'engagement ferme. Mais derrière les mots, une réalité explosive : Justin Hara, jeune militant, est mort en détention pendant la répression post-électorale.

Un hommage aux victimes de la répression

Le nouveau président ne fuit pas le sujet. Il reconnaît frontalement ce que vit la jeunesse camerounaise depuis octobre 2025 : fatigue, colère, découragement. Des morts, des blessés, des arrestations. Plus de 2 500 détentions pour avoir exercé un droit dit simple : choisir son avenir. Justin Hara avait toute la vie devant lui. Il pensait à sa famille, aux familles touchées. Sa mort et les souffrances de toutes les victimes de cette répression post-électorale ne resteront pas impunies, promet Tchiroma.

« Je suis à pied d'œuvre »

La formule frappe. Pas de promesses creuses, mais une obligation assumée : livrer. La transition générationnelle commence maintenant, annonce le président élu. Par des actes concrets : accès réel aux responsabilités, clarté, transparence. Un soutien appuyé aux projets qui créent des emplois, avec une priorité affichée à l'entrepreneuriat, au numérique, à l'agriculture moderne et à la formation professionnelle.

Un cadre clair pour le peuple et la jeunesse

Tchiroma trace les contours de son action : mettre en place un cadre structuré pour le peuple, et d'abord pour la jeunesse. Ce cadre doit s'organiser, s'exprimer et passer à l'action. La forme suivra bientôt, assure-t-il. Mais surtout, la force viendra. Une force collective pour bâtir ce Cameroun Nouveau tant attendu.

« JE SUIS TCHIROMA. Je ne plie pas. Je ne me cache pas. »

Cette citation en exergue dans la déclaration officielle résume la posture. Ceux qui l'ont connu face à la répression savent une chose : quand on voulait l'intimider, il a répondu simplement. Pas de trahison, pas de compromis. Juste un pied d'œuvre assumé. Une nation jeune ne peut pas avancer en bloquant sa jeunesse, martèle-t-il. Quand les postes sont verrouillés, quand le mérite ne suffit plus, quand l'avenir semble fermé, c'est le pays qui se condamne.

Les enjeux de la transition

Le message est double. D'une part, reconnaissance des souffrances infligées par le régime sortant. D'autre part, engagement concret à transformer ce constat en action. Le numérique, l'agriculture moderne, la formation professionnelle, l'entrepreneuriat : ces secteurs deviennent les piliers officiels de la politique jeunesse du nouveau pouvoir.

Reste à savoir si ces engagements résisteront aux premières semaines de gouvernance. Issa Tchiroma a désormais le pouvoir d'agir. La jeunesse camerounaise, elle, a la mémoire de Justin Hara et des 2 500 détenus.

La question brûlante demeure : ce Cameroun Nouveau sera-t-il vraiment différent, ou n'est-ce qu'un nouveau chapitre de promesses non tenues ?

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