Port de Douala : le GECAM menace de suspendre imports et exports lundi 16 février
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Le Groupement des Entreprises du Cameroun vient de lancer un ultimatum sans précédent. Réuni ce jeudi 12 février 2026 à Douala, le GECAM dénonce une situation devenue insupportable au Port Autonome de Douala. Leur menace est claire : sans solution immédiate, une suspension temporaire des levées de déclarations d'importation et d'exportation entrera en vigueur dès le lundi 16 février 2026.

Un scanning qui coûte cher aux entreprises

Au cœur du problème : la coexistence de deux opérateurs de scanning des conteneurs depuis début 2026. SGS et Transatlantic D SA se partagent désormais cette activité critique au PAD. Résultat ? Une double facturation systématique qui fait exploser les coûts pour les importateurs. Les entreprises paient deux fois pour le même service, avec en prime des taxes d'encombrement et des surestaries qui s'accumulent.

Cette situation kafkaïenne a des conséquences en cascade. Les délais de passage portuaire s'allongent dangereusement. Les produits restent bloqués plus longtemps, avec un risque réel de rupture d'approvisionnement sur certains marchés. Les prix aux consommateurs finaux menacent de s'envoler. Et la compétitivité du Port de Douala, poumon économique du Cameroun, se dégrade à vue d'œil.

La paralysie totale des opérations

Depuis quelques jours, la situation a basculé dans le chaos total. Les opérations de dédouanement et d'embarquement des marchandises sont complètement paralysées au PAD. Plus rien ne bouge. Les conteneurs s'entassent. L'environnement des affaires se détériore à une vitesse alarmante. Pour le GECAM, qui représente les principaux acteurs de la place portuaire, la coupe est pleine.

Les exigences de la communauté des affaires

Le patronat camerounais formule trois demandes non négociables. Premièrement, la normalisation immédiate de la situation avec un seul opérateur de scanning et un seul paiement. Deuxièmement, la mise en place d'une commission mixte administration-secteur privé pour évaluer les surcoûts subis et procéder au remboursement intégral. Troisièmement, le gel des augmentations tarifaires décidées par le PAD jusqu'à évaluation complète de leur impact sur les coûts de passage et les entreprises.

Ces revendications ne sortent pas de nulle part. Elles font suite à une concertation de haute importance réunissant les représentants du SCADTC, de l'UCAM, du GPAC, du CNCC, du SYNEFOR, du GIMC, de CROPLIFE et de plusieurs importateurs majeurs. C'est tout l'écosystème économique camerounais qui se mobilise.

Un ultimatum qui pourrait paralyser l'économie

La menace brandie par le GECAM n'est pas symbolique. Si aucune solution n'émerge d'ici lundi, la suspension des déclarations entrera en application. Concrètement, plus aucune marchandise ne pourra légalement entrer ou sortir du Cameroun via Douala. Les chaînes d'approvisionnement nationales et régionales seront rompues. Les conséquences économiques pourraient être dévastatrices.

Le président Célestin Tawamba a signé ce communiqué en connaissance de cause. Il sait que cette mesure conservatoire représente un point de rupture. Mais pour le patronat, l'absence d'issue définitive à cette crise ne laisse plus d'autre choix. Les autorités compétentes sont désormais face à leurs responsabilités.

Des enjeux qui dépassent le cadre portuaire

Cette crise révèle des dysfonctionnements structurels profonds. Comment deux opérateurs ont-ils pu être autorisés à exercer simultanément la même activité sans coordination préalable ? Qui a validé ce système de double facturation manifestement préjudiciable aux entreprises ? Et pourquoi les mécanismes de régulation n'ont-ils pas anticipé cette situation explosive ?

Au-delà des aspects techniques, c'est toute la gouvernance du Port Autonome de Douala qui est questionnée. Les entreprises camerounaises, déjà fragilisées par un contexte économique difficile, ne peuvent supporter indéfiniment ces surcoûts artificiels et ces blocages opérationnels.

Face à cet ultimatum du GECAM qui pourrait paralyser l'économie camerounaise dès lundi, les autorités sauront-elles trouver une solution avant qu'il ne soit trop tard ?

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