STECY : L'échec retentissant du transport urbain à Yaoundé
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Un cimetière de bus rouillés à Nlongkak. C'est tout ce qui reste de STECY SA, le projet qui devait révolutionner le transport urbain à Yaoundé. Lancée en 2017 avec des promesses de 40 véhicules et 13 lignes à 200 FCFA, l'entreprise n'est plus qu'un symbole d'échec monumental financé par des milliards de fonds publics et privés.

Un naufrage annoncé dès le départ

Les signaux d'alarme sonnent dès 2017. Les salaires ne sont plus payés, les grèves se multiplient, les pannes s'enchaînent. La gestion catastrophique plombe rapidement l'ambitieux projet qui devait désengorger la capitale camerounaise. Les promesses de fluidité et de modernité s'évaporent face à la réalité d'une entreprise incapable de tenir ses engagements les plus basiques.

En 2019, l'État doit intervenir en urgence pour renflouer l'entreprise. Un sauvetage qui ne fait que retarder l'inévitable. Les problèmes structurels demeurent, la confiance des usagers s'effrite, et les bus continuent de tomber en panne plus souvent qu'ils ne roulent.

La fin d'un mirage en 2023

La Communauté urbaine de Yaoundé met officiellement fin au contrat en 2023. Un coup de grâce pour une société déjà moribonde. Trois ans plus tard, en 2026, le constat est amer : les bus abandonnés sont vendus aux ferrailleurs. Le symbole est brutal. Ce qui devait transformer Yaoundé en ville moderne finit en ferraille.

La CUY observe dans un silence gêné. Aucun plan de relance n'est annoncé, aucune stratégie alternative n'est proposée. Le vide laissé par STECY est comblé par le chaos habituel des motos-taxis et des minibus bondés.

L'échec des partenariats public-privé

STECY incarne l'échec radical des partenariats public-privé au Cameroun. Des milliards engloutis, des promesses non tenues, une population abandonnée à son sort. Le modèle présenté comme la solution miracle s'est révélé être un gouffre financier sans résultat tangible.

Les questions restent sans réponse. Où sont passés les fonds investis ? Qui porte la responsabilité de cette débâcle ? Comment une entreprise soutenue par l'État peut-elle sombrer aussi rapidement et aussi complètement ?

Yaoundé roule sans direction

Aujourd'hui, la capitale camerounaise continue de fonctionner dans le désordre. Les motos-taxis et les minibus assurent tant bien que mal le transport des millions de Yaoundéens. Mais le problème de fond demeure : Yaoundé n'a toujours pas de système de transport public digne de ce nom.

Le rêve d'une mobilité organisée et accessible s'est transformé en cauchemar bureaucratique. Les usagers paient le prix fort d'une vision sans exécution, d'une ambition sans compétence.

Un symbole d'incompétence institutionnelle

Au-delà du cas STECY, c'est toute la capacité de l'État camerounais à mener des projets structurants qui est questionnée. Comment expliquer qu'un projet aussi stratégique ait pu échouer aussi lamentablement ? Pourquoi aucune tête n'est tombée ? Pourquoi aucun audit transparent n'a été publié ?

Les bus rouillés de Nlongkak sont désormais un monument à l'incompétence, un rappel permanent de ce que le Cameroun aurait pu avoir mais n'aura jamais eu. La reprise promise n'a jamais eu lieu. Elle n'aura probablement jamais lieu.

Face à cet échec retentissant, les autorités camerounaises ont-elles tiré les leçons de STECY, ou Yaoundé est-elle condamnée à reproduire indéfiniment les mêmes erreurs dans la gestion de son transport urbain ?

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