La marche de l’Espoir : Manuel Vinga et Mbadinga Pambou, héros d’une traversée périlleuse, une traversée au cœur de la peur
La marche de l’Espoir pour une Afrique unie continue, malgré les embûches et les épreuves. Nos deux aventuriers gabonais, Manuel Vinga et son disciple Mbadinga Pambou Phanel, ont une nouvelle fois démontré une bravoure hors du commun lors de leur traversée des zones anglophones du Cameroun, un territoire encore marqué par la guerre et l’insécurité. À leur arrivée dans la région frontalière, les deux voyageurs ont fait l’expérience brutale d’un environnement hostile. Le climat de tension, les multiples check-points et l’ombre constante du danger auraient suffi à décourager plus d’un. Mais leur détermination fut plus forte que la peur. À la tombée de la nuit, en direction d’Ekok, dernière ville camerounaise avant la frontière nigériane, chaque pas devenait un défi. Trois barrages militaires en moins d’une heure : il leur fallait franchir ces obstacles en toute discrétion, avec la prudence des félins qui avancent dans l’ombre. « Sans aucun doute, cette journée fut la plus difficile de toutes », ont-ils confié. Pourtant, jamais leur courage n’a vacillé.
Le poids des épreuves, la grandeur de l’endurance
Manuel Vinga, affaibli par un accès sévère de paludisme et une indigestion contractée après un repas douteux au Nigeria, a montré une endurance admirable. Son compagnon Mbadinga Pambou, solidaire et attentif, l’a soutenu dans ces instants de vulnérabilité. C’est là toute la grandeur de cette aventure : la fraternité dans l’épreuve, l’esprit d’équipe qui transcende la fatigue et la maladie. Ils ont suivi, émerveillés, les spectacles donnés au Nigeria, dans la ville d’Abakagli, avant de se perdre dans l’animation bigarrée de son marché aux mille couleurs et aux mille voix. De là, leur route les a conduits vers Benin City, puis Enugu, au cœur du pays Ibo et des terres autrefois biafraises, avant de franchir Inocha et, finalement, de s’abandonner au tumulte de Lagos. Partout où ils passaient, ils prenaient des notes, comme des témoins soucieux de garder trace de chaque instant.
Ils se sont même arrêtés pour prêter assistance à des enfants happés par l’enchantement des scènes de théâtre, les guidant doucement hors de l’ivresse du spectacle. Leur première remarque, à l’unisson, fut celle-ci : le Nigeria est un pays où la foule ne s’éteint jamais. Le matin comme le soir, les hommes y défilent sans relâche, tels un fleuve humain aux courants incessants. Il faut dire que ces deux voyageurs auront vu l’Afrique de plus près que quiconque, dans sa densité, sa vitalité et son mystère. Et que dire de Lagos, cette mégapole tentaculaire où « l’on ne sait où la ville commence ni où elle finit », selon leurs mots ? Perdus dans le flot anonyme de milliers d’âmes pressées, ils ont découvert une Afrique contrastée : dure, rude, parfois cruelle, mais toujours belle, avec ses forêts majestueuses, ses collines vertigineuses et la splendeur de sa faune observée furtivement au détour des chemins.
La bravoure des zones anglophones, Une marche qui inspire
Traverser les zones anglophones du Cameroun, ce n’était pas seulement franchir une étape géographique. C’était défier la peur, affronter l’invisible menace d’un conflit armé, marcher dans un territoire où chaque détour de route pouvait cacher l’imprévisible. Là, nos deux aventuriers se sont révélés à eux-mêmes et au monde : ils n’étaient pas seulement des marcheurs, mais des symboles vivants de résistance et de foi en l’avenir de l’Afrique. Dans ces régions meurtries, ils ont appris que l’Espoir n’est pas une idée abstraite, mais une marche réelle, haletante, douloureuse parfois, qu’il faut poursuivre coûte que coûte. Aujourd’hui, aux portes du Bénin, malgré les coups du sort et les repas improbables d’un Nigeria où « tout ce que le patron apporte finit dans la marmite », Manuel et Mbadinga continuent leur route. Leur aventure n’est pas une simple traversée de frontières : elle est un témoignage de courage, une ode à la résilience, un appel vibrant à l’unité africaine. Ils rappellent à chacun que l’Afrique ne se bâtira pas dans les lamentations, mais dans la ténacité et la volonté de ses fils. Leur marche est difficile, mais elle est surtout lumineuse : la marche de l’Espoir.