Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
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Menacée de mort par sa famille et risquant la prison à cause de son orientation sexuelle, une lesbienne camerounaise cherche à se réfugier au Canada afin de pouvoir y vivre librement son homosexualité en toute sécurité.

Originaire d’un petit village au nord du Cameroun, dans un «milieu très traditionnel», Luna* a toujours su qu’elle préférait les femmes. «Moi, je suis lesbienne à 100 %. Je n’ai aucune attirance pour les hommes. Je ne pourrais pas faire semblant, c’est impossible.»

Secrètement lesbienne

Établie depuis plusieurs années à Yaoundé, la capitale du Cameroun, elle y vit plus facilement son homosexualité que dans son village. Elle a eu quelques amoureuses, sans que sa famille ne soit au courant.

Puis, un jour, son père a voulu la marier à un homme du village. Refusant catégoriquement, Luna a enchaîné les prétextes et les excuses.

«Je ne voulais pas me marier. Lorsque mon père a su que j’aimais les femmes, c’était le drame. Il m’a dit qu’il préférait me savoir morte. Tant qu’il vivra, il va vouloir me tuer.»

Torturée par sa propre famille

Une nuit de mars 2015, son père et deux de ses cousins sont descendus à Yaoundé et l’ont retrouvée pour la torturer et la tuer.

Ses jambes ont été lacérées par des tessons de verre et tout le côté droit de son corps a été écorché lorsqu’elle s’est fait trainer derrière une moto dans la rue.

Ses cris ont alerté ses voisins, qui lui ont porté secours. Elle n’a pas pu porter plainte, craignant que son homosexualité soit dénoncée auprès des autorités.

Luna vit donc constamment dans la peur depuis près d’un an. Chaque jour, elle sursaute en croyant croiser son père dans la rue. «Au détour d’une rue ou d’un commerce, quand je vois une silhouette sur une moto… J’ai toujours l’impression de voir mon père. Il pourrait venir n’importe quand pour me tuer.»

Famille déshonorée

Au Cameroun, la diversité sexuelle est taboue et interdite par la loi. D’ailleurs, «toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe» est passible d’un emprisonnement de six mois à cinq ans.

Lorsqu’une famille apprend qu’un de ses membres est lesbienne, gay, bisexuel ou transgenre (LGBT) «ça jette le malheur et le déshonneur sur tout le monde», d’expliquer Luna. Reniée par sa famille, elle ne peut donc plus aller dans son village natal sans risquer de se faire tuer.

Marquée à vie

Encore aujourd’hui, elle subit des séquelles de son agression. Les vilaines cicatrices sur ses jambes la font encore souffrir et elle est restée traumatisée.

«Presque toutes les nuits, j’entends des bruits et je me réveille en sursaut. Mon père pourrait venir n’importe quand pour me tuer.»

Espoir au Canada?

En couple avec une Québécoise d’origine française depuis quelques mois, elle espère pouvoir se réfugier au Canada afin d’y vivre en toute quiétude.

«J’aimerais obtenir l’asile du Canada parce que je sais que les droits des personnes LGBT sont protégés.»

Ses démarches pourraient être accélérées si elle était parrainée par un Canadien ou un organisme privé. Son amoureuse n’est toutefois pas en mesure de la parrainer, puisque cette démarche représente un trop gros engagement financier, qu’elle ne pourrait assumer.

«Si je pouvais vivre quelque part pour vivre mon homosexualité, je serais enfin heureuse. Ça ne pourra pas arriver au Cameroun.»

*Son nom a été changé pour des raisons de sécurité

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