FEYMANIA : Les yeux de Jean-Pierre Saah arrachés aux Emirats Arabes Unis
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Mis aux arrêts depuis l’année dernière aux Emirats Arabes Unis à la suite d’une opération d’arnaque qui a mal tourné, l’un des ogres de la feymania camerounaise s’est vu crever les yeux la semaine dernière. Par la suite, il a été livré aux autorités consulaires du Cameroun dans ce pays pour rapatriement.

POUR CEUX QUI AVAIENT fini par croire que Jean Pierre Saah avait abandonné le sale boulot, de feyman qu’il exerçait avec la complicité des personnalités très haut placées du pays de l’époque, se sont mis les doigts dans les yeux. Mais encore, leur égérie, lui vient de se faire arracher les siens. De sources proches du Ministère des Relations Extérieures (Minrex), la représentation diplomatique du Cameroun aux Emirats Arabes Unis dont l’Ambassade du Cameroun à Ryad en Arabie Saoudite qui assure la compétence extraterritoriale serait en train de prendre les dispositions pour rapatrier Jean Pierre Saah au Cameroun dans un état d’incapacité physique et visuelle.  

En effet, conformément à la loi de la charia qui est appliquée dans ces Etats islamiques du Moyen-Orient, Jean Pierre Saah, le célèbre Feyman camerounais en a été victime. La semaine dernière les autorités judiciaires ont décidé d’assouplir la sentence de la peine de mort qui lui était réservée pour celle de lui arracher l’un de ses organes vitaux, celui de la vue. C’est ainsi que ses yeux ont été arrachés de leurs orbites avant d’être remis à l’autorité consulaire du Cameroun à Abou Dabi, l’un des sept émirats qui constituent ce pays arabe unifié et la capitale fédérale du pays.

Son crime ? Il a arnaqué un Emir dans ce pays et sa course a été de courte durée. Il a été repris par les forces de maintien de l’ordre avant qu’il n’ait réussi à quitter le pays. Exploité pendant des mois pour lui arracher des confidences sur ses complices et sur la planque de cette importante somme qu’on dit friser des milliards Fcfa. Il va garder le secret malgré les tortures les plus inhumaines. Même la promesse de le laisser en liberté au cas où il restituait le butin, ne l’a pas ému. Il est coutumier du fait et espérait bien que comme les précédentes fois, il réussirait à se faire exfiltrer ou alors purgerait sa peine jusqu’au bout avant de retrouver la liberté avec sa mallette. Mais mal lui en a pris. Sa victime était un homme du sérail. Las de le voir résister, il a été traduit devant la justice où il a écopé de la peine prévue par la charia.

Les autorités d’Abou Dabi, aux Emirats arabes unis ont décidé de lui infliger l’une des pires atrocités qui soient, pour tous ceux qui sont voleurs pris la main dans le sac, lui crever les yeux. Selon certaines indiscrétions, les dispositions ont été prises avec l’Ambassade du Cameroun en Arabie Saoudite pour que sa loque humaine soit rapatriée. Sa famille a été contactée et on annonce son arrivée au Cameroun pour ce vendredi avec atterrissage à l’aéroport international de Douala.

On imagine que cette arrivée va tout de même drainer du beau monde, parmi les curieux qui voudront bien voir ce qui reste de ce célèbre feyman camerounais ; mais aussi des artistes musiciens dont il a été le producteur adulé de plusieurs d’entre eux. Qui ne se souvient pas de la maison de production JPS, qui avait fait dans la production musicale, une question de prestige ? Faisant rêver tous les artistes qui nourrissaient l’espoir, souvent vain de se voir produire par la JPS Production. Il en avait fait le meilleur label dans la production musicale sur le continent en enrôlant littéralement dans son écurie, la crème des artistes africains les plus en vue.  

Après avoir vendu le rêve pendant une dizaine d’années, la Maison de production qui avait des bureaux à Douala et sur la place parisienne va s’écrouler comme un château de cartes. Nous sommes en 2008. Au point où des employés et même certains musiciens vont user des procédures judiciaires pour obtenir leur liberté et rentrer si possible dans leurs droits. Cette activité musicale va s’avérer plus tard comme un blanchiment d’argent acquis par des mains sales. A telle enseigne qu’il va avoir à ses trousses le fisc français. Un démêlé qui va le contraindre à quitter la France sur la pointe des pieds. La France où il menait une vie de pacha narguant les institutions de contrôle financier.

Fin tragique pour les feymans

Jean Pierre Saah va replier au Cameroun pour se ressourcer. C’est du Cameroun que l’homme qu’on croyait avoir pris sa retraite dans ce boulot de mécréant va repartir pour se faire une santé financière avec des nouvelles opérations. Notamment en réveillant ses réseaux dormants dans le monde. En 2011, il va tomber dans les filets de la police Belge en compagnie de son compère Hubert Tchuenté. Un mandat d’arrêt international est lancé contre eux pour avoir respectivement arnaqué d’importantes sommes d’argent à des victimes au Qatar et en Belgique dans les entourloupes financières dont ils avaient seuls le secret.

Ils vont réussir avec les complicités dans les milieux des pouvoirs des pays européens et même asiatiques, ainsi qu’avec des avocats déjà moulés à leur jeu, à se faire libérer sous caution, ou obtenir des circonstances atténuantes tant qu’ils ne sont jamais pris avec le butin. Avant de fondre dans la nature. Pour revenir au Cameroun comme des héros, voire des personnalités auxquelles la république doit des égards au regard de leur fortune réelle ou imaginaire. C’est ainsi qu’ils se sont vu dérouler le tapis rouge avec la complicité des patrons des forces de maintien de l’ordre et des autorités politiques. Au point où des faussaires internationaux camerounais à l’instar de Nguidjeu Koagne Donatien alias «The king of Cameroon», Emmanuel Noudjeu vont faire des émules et même susciter des vocations.

Puisque dès les années 1988, quand ils font valoir leurs prouesses d’arnaqueurs patentés, en menant une vie douillette, faites de grosses cylindrées, de maisons de rêves, de la révérence des hauts gradés des forces de maintien de l’ordre, d’une cour des …. Plusieurs jeunes ont interrompu leur parcours scolaire pour se lancer dans cette voie «royale» de faux monnayeurs, arnaqueurs, faussaires, pour faire fortune sur le dos de leurs victimes. Dans la difficulté de certains d’aller hors du pays, ils se sont mis à l’ouvrage sur le terroir avec plus ou moins de bonheur. Car, ils sont rares qui ont survécu. Les fortunes sont diverses. A l’instar de Koagne Donatien qui va tomber dans les filets des renseignements yéménites en 1995. Il va être exécuté dans toute la cruauté, les deux mains amputées, avec en prime des vidéos diffusées sur le net dans les années 2010.

Comme un sort familial, son frère cadet, Koagne Gutenberg et sa soeur Koagne Jeanne vont être assassinés respectivement en Europe et à Yaoundé dans des conditions qui sont restées non élucidées jusqu’à ce jour. Des fins tragiques qui ont eu le mérite de calmer certaines ardeurs surtout avec l’entrée en scène d’Interpol, mais il en reste encore, de ces jeunes qui ont décidé de ne pas déchanter. Ils font dans l’arnaque sur le net. Pour des fins de parcours très souvent tragiques, si ce n’est de mourir dans la déchéance parce que ne pouvant plus mener cette vie faite de paillettes. Et pour cause, ils ont vécu sans ni investir ni faire des économies. Espérant que demain sera toujours dimanche à leur table. 

© Aurore Plus : M.M.M

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