Le taux de participation, l’enjeu majeur de la présidentielle au Tchad
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Le taux de participation, l’enjeu majeur de la présidentielle au Tchad :: CHAD

Les Tchadiens sont appelés aux urnes dimanche 11 avril pour élire leur président. Cette présidentielle aura une nouvelle fois, la candidature du président sortant Idriss Déby. Il brigue un sixième mandat. Des ténors de l’opposition tchadienne appellent au boycott d’une élection dont l’issue semble connue d’avance.  

L’élection présidentielle de dimanche prochain au Tchad sera marquée par l’absence de l’opposant historique de Idriss Déby, Saleh Kebzabo. Ce dernier a décidé de boycotter le scrutin dont le président sortant Idriss Déby Itno est le grand favori. M. Saleh fait partie des dix prétendants, dont les candidatures ont été validées par la Cour constitutionnelle qui a recalé sept postulants. Il s’est finalement retiré de la course vers le palais présidentiel occupé depuis 31 ans par Idriss Déby après avoir chassé du pouvoir son mentor, Hissène Habré.

Saleh Kebzabo explique sa défection par une « militarisation évidente du climat politique ». Sa décision fait suite à la tentative d’arrestation de l’opposant Yaya Dillo Djerou, qui a provoqué la mort de cinq membres de sa famille. M. Djerou avait refusé de déférer à une plainte pour diffamation déposée par la Première Dame, Hinda Déby Itno, et pour « vol » de trois voitures de fonction appartenant à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) après son limogeage de son poste d’ambassadeur du Tchad auprès de l’institution régionale.

Le candidat du FAR/Parti Fédération, Ngarlej Yorongar, s’est également retiré de la présidentielle. Yorongar est un ancien compagnon d'armes d'Idriss Déby et fait partie de ceux qui ont combattu Hissène Habré qui a fui le Tchad en décembre 1990 pour le Cameroun avant de s’exiler au Sénégal.

« On ne pourra pas vaincre cette dictature »

À côté de ces trois figures majeures de l'opposition qui font campagne pour le boycott, figurent Succès Masra, le leader du parti des « Transformateurs » et Théophile Bongoro dont les candidatures n'ont pas été validées par la Cour constitutionnelle. En somme, les partisans du boycott refusent de servir de faire valoir et de légitimer une élection dont le processus est déjà critiqué.

En revanche, les opposants qui ont décidé de participer au scrutin soutiennent que le boycott est le meilleur moyen d’assurer la réélection de Idriss Déby. « L’expérience montre que le boycott n’est pas la solution contre le régime en place. Il faut l’affronter dans les urnes », a déclaré l’ancien Premier ministre du président Déby, Pahimi Padacket Albert, candidat du RNDT-Le Réveil, la première opposition parlementaire derrière le parti au pouvoir, le Mouvement patriotique du Salut (MPS). « En jouant les défaitistes, on ne pourra pas vaincre cette dictature », affirme de son côté le candidat de l’Alliance républicaine pour le changement démocratique (ARCD), Brice Mbaimong Guedmabaye.

Ramadounga, « une marionnette » du pouvoir ?

Il est certain que le boycott du scrutin de la présidentielle par les principaux chefs de l’opposition va jouer sur la crédibilité du scrutin et va ternir la légitimité de celui qui sortira vainqueur du vote. C’est dire que le taux de participation sera l’un des enjeux majeurs de cette élection dont l’issue ne semble pas faire de doute. Le président sortant, Idriss Déby Itno, 69 ans, qui brigue un sixième mandat, est le favori. Sa candidature, jugée de trop par ses détracteurs, est favorisée par un changement de la Constitution voté en 2018 par l'Assemblée nationale qui a fait sauter le verrou de la limite du nombre de mandats présidentiels.

La nouvelle Constitution ne tient pas compte des mandats entamés avant sa promulgation, permettant ainsi à M. Déby d'être éligible pour deux autres mandats. Son principal challenger, Félix Nialbé Ramadounga, candidat de la plateforme Alternance 21, n’a pas pu battre campagne parce que testé positif à la Covid-19. Ce qui l’a obligé de se mettre en quarantaine depuis quelques jours dans son domicile à N’Djamena. Un handicap de plus pour le chef de l’Union pour le renouveau et la démocratie (URD) qui est perçu comme « une marionnette » du pouvoir. 

En 2016, Idriss Déby avait été réélu avec 61,56 % des voix au premier tour de l’élection. Saleh Kebzabo, le chef de l’opposition, était arrivé en deuxième position, avec 12,80 % des voix.

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