Belgique- Livre:  Pourquoi le dé-confinement ? :: BELGIUM
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  • Camer.be : Yolande Tankeu
  • mardi 26 mai 2020 19:05:00
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Belgique- Livre: Pourquoi le dé-confinement ? :: BELGIUM

C’est la question essentielle à laquelle « Le Dé-condinement », l'essai de Hugues SEUMO tente de trouver des éléments de réponse.

De manière précise, on peut se demander si les milliers de jeunes qui quittent leurs pays respectifs en Afrique dans le but de rechercher de meilleures conditions de vie réussissent-ils en lisant ce livre.

En réalité, c’est l’histoire d'Elombo le héros du livre. C'est un jeune homme du Cameroun, un héros peu ordinaire qui perd tout, ou presque. Il est sans emploi très bien renseigné sur les réseaux sociaux mais, qui décide de partir de son Cameroun natal pour l'aventure en Europe.

Pour lui, le Cameroun est une prison. Quand il franchit la frontière nigériane, il lance un «ouff» de soulagement. Pour lui, il se dé-confine. C'est-à- dire qu'il quitte enfin la prison de 475 442 km2 pour tenter une aventure à l'étranger.

Nous sommes en 2020 où le vent de la pandémie du Covid-19 souffle dur sur le monde entier, l’Afrique,le Cameroun.Elombo se décide en tant que couturier de confectionner les masques de protection qu'il vend afin de se constituer une économie nécessaire pour son voyage. Il parvient tout de même à réunir le nécessaire pour "Prendre la route".

Tout au long de ce voyage vers "l'eldorado européen", le héros principal de cet essai a vu des êtres humains, attirés par l'appât du gain, maltraiter d’autres êtres humains.

A Agadès, au Niger, les passeurs les embarquaient comme du bétail dans le pick-up. Les passeurs ont accroché des piquets de bois sur les flancs du véhicule et ils ont demandé aux plus grands de s’asseoir sur les garde-boue, le piquet entre les jambes qui restent à l’extérieur. Si quelqu’un tombe, le chauffeur ne s’arrête pas. Il roule à vive allure en plein désert. Si le piquet se casse, tu tombes et le chauffeur ne s’arrête pas.

"Si quelqu’un meurt pendant le trajet, on s’arrête et on l’enterre dans le sable". "On nous a donné dix litres d’eau pour une étape trajet qui peut durer trois jours comme trois mois. Sur notre chemin, nous avons croisé un groupe de migrant à pieds. Des Touarègues avaient volé leur voiture. Ils erraient là en plein désert. Ils sont sûrement morts" raconte Elombo dans cet essai.

La route maritime entre le Maroc et l’Espagne n’est pas nouvelle. Traditionnellement utilisée par les Marocains, l’instabilité dans les pays d’Afrique centrale a poussé des milliers de Subsahariens à s’aventurer sur la même voie. Bien que les femmes soient minoritaires, leur parcours est plus difficile. « Elles sont exposées à de nombreux viols, aux vols, au kidnapping et à la traite des êtres humains ». L'auteur de cet essai y a séjourné dans le cadre de la collecte des informations.

Elombo, le héros, raconte les années qu’il a vécues au Maroc comme « esclave ». Homme noire, sans papiers et catholique dans un pays musulman qui méprise les migrants subsahariens,il a vite compris que les possibilités de construire un avenir au Maroc étaient très limitées.Il ne l'avait jamais envisagé

A Tanger, il a payé 1000 euros pour traverser les 14 km de mer qui séparent l’Afrique de l’Europe. « Avant de monter à bord du bateau, il faut traverser la forêt, où les migrants sont agressés, lâche-t-il. Puis il a été secouru après dix heures de perdition en mer. « Un bateau de pêche espagnol nous a indiqué la route », dit-il.

Les naufrages se multiplient en Méditerranée et les victimes sont de plus en plus nombreuses. À chaque drame, une infime partie des corps sont repêchés. D’autres resteront en mer ou s’échoueront sur les côtes méditerranéennes, notamment au Maroc, où migrants régularisés et activistes se battent pour leur offrir une sépulture.

Le plus souvent, il faut attendre que les courants ramènent les corps vers les côtes pour les retrouver, obligeant les pays de la Méditerranée à les prendre en charge. Les migrants voyagent rarement avec des documents sur eux. L'Europe ne disposant pour l’instant d'aucun système centralisé d’identification, chaque pays s’organise à son niveau.

Au Maroc, dans les cimetières, des quartiers chrétiens sont bondés des sépultures qui ne portent que des numéros. Ce sont des migrants rejetés par la mer.

L'auteur de l'essai le Dé-confinement met en évidence une situation de crise sociale que plusieurs Etats occidentaux abordent avec beaucoup de désintéressement.

Pour lui, les Européens doivent être conscients qu’ils sont eux-mêmes à l’origine du flux migratoire exponentiel dans leur continent. Il ne sert à rien d’apporter du soutien à des dictateurs du Sud par exemple.

Ce d’autant plus vrai que dans la plus part des cas, certains dirigeants du Sud, soutenus par certains pays Européens, règnent en véritable maître, appauvrissent leur peuple et les démunis sont obligés de quitter leur pays soit parce qu’ils ont faim ou encore pourchassés pour leurs idées et leur conviction politique.

« Le Dé-confinement » remet au devant de la scène la problématique de l'immigration et de l'emploi. La recherche des droits et libertés de chaque citoyen

L’auteur ne propose pas un remède-miracle face au phénomène de l'immigration clandestine. A chacun d’assumer ses décisions

Hugues SEUMO, le Déconfinement, Mai 2020, EDkBooks

Disponible en librairie et sur ce lien

Détails sur le produit
Broché : 102 pages
Editeur : EDkBooks, Germany (7 mai 2020)
Langue : Français
ISBN-13 : 979-8644062720
ASIN : B088B3R4FH
Dimensions : 12,7 x 0,7 x 20,3 cm

26mai
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