Livre: Le retour héroïque de Um Nyobe de l'ONU en 1953 et son impact sur le destin du Cameroun :: CAMEROON
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  • vendredi 02 août 2019 13:02:00
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Livre: Le retour héroïque de Um Nyobe de l'ONU en 1953 et son impact sur le destin du Cameroun :: CAMEROON

Un événement a boosté de manière considérable la marche vers l’indépendance du Cameroun en 1953 : le retour de Ruben Um Nyobè de l’ONU le 11 janvier de cette année-là.

En effet, ce fut un défi colossal que de pouvoir se rendre à New-York en tant qu’« indigène »pour porter la voix du Cameroun désireux de mettre fin à la servitude coloniale, tellement les forces contraires étaient à la fois nombreuses et puissantes. Les élus du scrutin législatif du mois de mars 1952 qui se trouvaient dans l’ATCAM, Assemblée Territoriale du Cameroun, ont par exemple adressé une lettre de protestation au Secrétaire Général de l’ONU contre l’invitation de Ruben Um Nyobè à venir s’exprimer devant la quatrième commission de l’Assemblée Générale en charge des territoires sous tutelle. Arrivé en France après être parti du Cameroun avec beaucoup de difficultés, Ruben Um Nyobè a dû batailler 37 jours durant afin d’obtenir un visa d’entrée aux Etats-Unis, le Consul de ce pays à Paris s’y étant d’abord catégoriquement opposé.

Mais, Um Nyobè a surmonté ces différents obstacles et est finalement parvenu à poser, en tant que Camerounais, pour la première fois au sein de ce haut-lieu de la diplomatie mondiale qu’est l’ONU, le problème de l’indépendance du Cameroun. Son retour a par conséquent été un grand événement, car il venait de triompher des forces du colonialisme qui oppressaient notre pays.

Mais, celui-ci a été bien plus que cela, il a bousculé la tranquillité et la sérénité coloniales qui régnaient jusque-là, et qui faisaient que la France ne se pressait guère de faire évoluer le Cameroun vers l’indépendance, contrairement à ses engagements pris en signant l’accord de tutelle du 13 décembre 1946. Elle s’ est trouvée désormais obligée d’entreprendre des réformes hardies au Cameroun, pour ne pas être prise à défaut, en sa qualité de puissance administrante, à l’ONU. Um Nyobè allait y retourner, la voie lui étant déjà ouverte, et assurément d’autres contestataires du régime colonial allaient lui emboîter le pas. Ils n’allaient pas manquer de mettre à nu, auprès de cette instance internationale dont dépendait le Cameroun, les réticences de Paris à conduire notre pays à la liberté.
Pour tout dire, la prise de parole de Ruben Um Nyobè le mercredi 17 décembre 1952 à l’ONU et son retour au Cameroun ont constitué un tournant décisif dans le combat des Camerounais pour l’indépendance nationale. Quelle a été concrètement la réaction du régime colonial face à cette situation nouvelle ?

Annexe 1 :

La protestation de l’ATCAM suite à l’invitation de Um Nyobè à New-York

Le 24 octobre 1952 l’ATCAM s’est réunie pour adresser une vive protestation au Secrétaire général des Nations Unies, afin qu’il renonce à l’audition de Ruben Um Nyobè. En voici le contenu :

« … Suivant deux nouvelles diffusées de New York par l’Agence France Presse, le secrétariat des Nations Unies a rendu publique une requête de Monsieur Um Nyobè Ruben, Secrétaire général du parti politique Union des Populations du Cameroun, UPC, en vue de l’envoie d’un représentant de l’UPC à l’Assemblée Générale des Nations Unies, et la commission compétente aurait pris la décision d’inviter ce chef de parti à venir, personnellement, à New York, lui exposer les revendications du Cameroun sous tutelle française.
Les membres de l’Assemblée Territoriale du Cameroun français réunis en session à Yaoundé, sont obligés de souligner, avec fermeté, que le parti susnommé et son secrétaire général n’ont aucune qualité pour représenter les intérêts et les aspirations des masses camerounaises.
Ils rappellent qu’ils sont, eux-mêmes, les représentants de ces masses, ayant été élus le 30 mars dernier, et qu’à ces élections générales, sur cinquante sièges à pourvoir, l’UPC, malgré une activité intense de propagande, n’en a obtenu aucun. Que notamment, M. Um Nyobè, candidat dans la Sanaga-Maritime, son pays d’origine, où l’UPC a déployé depuis ses débuts une particulière activité, n’a obtenu que 2.736 voix sur 31.317 inscrits ; qu’il serait inadmissible que pendant que les représentants élus de ce territoire travaillent depuis un mois dans une concorde totale à établir les bases budgétaires, économiques et sociales de l’activité et du développement du territoire, un parti politique qui n’a pu obtenir d’être représenté à l’assemblée puisse, par une agitation systématique, et la multiplication artificielle de ses pétitions et interventions, dissimuler la faiblesse de sa valeur représentative réelle et retenir seul l’attention de l’Organisation des Nations Unies.
Subsidiairement, et pour le cas où l’invitation susvisée serait maintenue, demande instamment à l’Organisation des Nations Unies de considérer M. Um Nyobè comme représentant seulement un parti politique qui n’a pu parvenir à grouper qu’un nombre d’adhérents infimes habitant une faible partie du territoire.
Décident que copie de la présente motion sera adressée également à Messieurs les membres de la Mission de visite actuellement au Cameroun, à qui ils seraient reconnaissants d’appeler, par télégramme, l’attention de l’Organisation des Nations Unies sur ce qui précède.
Fait à Yaoundé, le 24 octobre 1952, à l’unanimité des membres de l’Assemblée Territoriale du Cameroun sous tutelle française, siégeant en assemblée plénière.

Signé, le président de l’Assemblée Territoriale du Cameroun sous tutelle française : Dr Louis-Paul Aujoulat ;
Signés, les membres de l’assemblée :
Abega Martin, Ahidjo Ahmadou, Akassou Jean, Amaoua, Assale Charles, Babalé Oumarou, Chedjou Joseph, Dissaké hans, Djoumessi Mathias, Etondé Guillaume, Fouda Omgba André, Ahmadou Ousmanou, Iyawa Adamou, Ekwabi Ewané Jean, Kotouo Pierre, Mabaya Jean-Baptiste, Mahondé Ahmadou, Marigoh Mboua Marcel, Marouf Youssouf, Martie Paul, Mbakof Charles, Mbida André-Marie, Medou me Mvomo Gaston, Méloné Antoine, Mindjos René, Njiné Michel, Njoya Arouna, Seidou Njimoluh, Soppo Priso Paul, Woungly Massaga, Ninine Jean.

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Avant-propos

Chapitre I :
L’accueil de Um Nyobè à l’aéroport de Douala Bois des singes le dimanche 11 janvier 1953.

Chapitre II :
Rétablir la vérité sur la confrontation du 17 décembre 1952 à l’ONU : un impératif

Chapitre III :
La tournée d’explication de Ruben Um Nyobè à travers le Cameroun en 1953

Chapitre IV :
L’agression de UM au couteau en plein meeting à Foumban au mois de mars 1953

Chapitre V :
Un retour qui a stimulé la foi en l’indépendance

Chapitre VI :
L’avalanche de pétitions à l’ONU à partir de 1953 par les Camerounais

Chapitre VII :
L’inauguration de la Cité Chardy à Douala en mai 1953 : 1ère riposte de l’administration coloniale

Chapitre VIII :
L’ouverture de la classe de seconde au Lycée Leclerc à Yaoundé en octobre 1953 : 2nde riposte

Chapitre IX :
La construction d’aérodromes et la création d’Air Cameroun
en 1953

Chapitre X :
Un tournant décisif pour l’évolution du Cameroun

Annexe 1 :
La protestation de l’ATCAM suite à l’invitation de Um Nyobè à New-York

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