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Au Cameroun, l’archevêque de Yaoundé protégé par des gendarmes :: CAMEROON
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  • la croix : Jean-François Channon Denwo
  • jeudi 20 décembre 2018 09:05:00
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Au Cameroun, l’archevêque de Yaoundé protégé par des gendarmes :: CAMEROON

Depuis quelque temps, l’archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga est protégé par une garde rapprochée provenant de la gendarmerie nationale.

Une mesure liée à l’insécurité qui prévaut dans le pays, mais également aux tensions post-électorales.

À Yaoundé, le domicile de Mgr Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé, situé sur la colline de Mvolyé est très protégé. Une grosse barrière a été élevée autour du domaine. À cette mesure de sécurité, s’ajoute, depuis quelques semaines, la présence permanente de gendarmes chargés d’assurer la garde rapprochée de Mgr Mbarga.

« Nous avons pour consignes strictes de veiller jour et nuit à la protection rapprochée de l’archevêque de Yaoundé, explique le capitaine responsable de la sécurité. L’insécurité monte et personne n’ignore que les sécessionnistes font la guerre à notre pays depuis des longs mois. »

En octobre 2017, des séparatistes anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun ont proclamé la République virtuelle d’« Ambazonie », nom donné à l’ancien Cameroun du Sud. Cette situation a radicalisé la crise qui secouait déjà cette partie du pays depuis 2016 et qui avait commencé par des grèves d’enseignants et avocats anglophones avant de s’enliser dans des affrontements meurtriers entre séparatistes et armée régulière, faisant de nombreux morts.

Ces dernières semaines, trois religieux catholiques ont été tués dans cette partie du pays.

« Les leaders qui prônent la paix, dont les leaders religieux, sont menacés et attaqués un peu partout dans le pays, explique encore ce gradé. La haute hiérarchie sécuritaire du Cameroun a donc pensé qu’il faut protéger un leader comme l’archevêque de Yaoundé. »

Des bureaux sous haute sécurité

La Centrale diocésaine des Œuvres (CDO), située au centre-ville de Yaoundé, et où se trouvent le bureau de l’archevêque et les principaux services de la curie diocésaine, est également sous haute sécurité. Une impressionnante barrière a été construite tout autour de l’immeuble d’un niveau. Une société professionnelle de gardiennage et de sécurité filtre les entrées et identifie les visiteurs, qu’ils soient membres du clergé ou laïcs.

« Ce sont les consignes qui nous ont été données. Nous les respectons. Avec l’insécurité qu’il y a au Cameroun, la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et surtout des prêtres et autres pasteurs qui sont tués, il nous a été demandé d’être très vigilants ici. Nous sommes appuyés dans ce travail par la gendarmerie nationale », confirme Marc Djonta, un vigile qui travaille au service de sécurité de la Centrale diocésaine des Œuvres à Yaoundé.

Soutien à Paul Biya

Des observateurs estiment qu’avec ses différents appels au « vivre ensemble », à la paix au Cameroun, l’archevêque de Yaoundé pourrait être la cible des sécessionnistes. De plus, au lendemain de la proclamation, par le Conseil constitutionnel de la victoire du président Paul Biya, 85 ans, au pouvoir depuis 36 ans, l’archevêque de Yaoundé a eu une prise de position qui n’a pas été unanimement appréciée.

La victoire présidentielle est, en effet, mise en doute autant par le principal opposant Maurice Kamto que par l’archevêque de Douala, Mgr Samuel Kleda, également président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc).

Mais Mgr Mbarga a exprimé son soutien au président Biya. « Je pense que, ce qu’il reste à faire, c’est de soutenir ce nouveau mandat du président Paul Biya pour que le Cameroun continue son exploit », avait-il affirmé à la télévision étatique quelques jours après la proclamation des résultats, une déclaration qui l’expose au mécontentement autant des séparatistes que des opposants qui contestent la victoire de Paul Biya.

20déc.
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