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© Correspondance : Léon Tuam
- 11 Jul 2016 12:13:06
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Afrique: Avec des mesures douces on nous endort et garantit de beaux jours au FCFA :: AFRICA
Le jour vient où une autre génération d’Africains scrutera la façon dont nous avons vécu et géré les ressources en notre possession à notre époque, et se demandera si nous étions des êtres humains normaux. Cette génération lointaine d’Africains verra tous les dégâts et crimes que nous avons laissés et ceux aussi commis par des étrangers chez nous sous nos yeux et qui affectent durement leurs vies, et elle se demandera si nous fûmes vraiment des êtres normaux.
Et quand cette génération lointaine d’Africains découvrira qu’à une quinzaine de pays africains la petite France avait imposé une monnaie pour les maintenir dans la pauvreté et l’esclavage au-delà d’un demi-siècle, elle dira que nous étions essentiellement régis par la peur et l’égoïsme et étions anormaux.
Parlant du FCFA, les feux de pressions des milieux médiatiques et intellectuels africains sur la France et ses valets installés à la tête des pays francophones ont fait frémir et pâlir la France ; et en dérivation, des mesures douces pour nous endormir et garantir de beaux jours au FCFA ont vu le jour.
Ainsi, on nous a dit que le tirage des billets de cette monnaie de honte dorénavant se fera en Afrique, et qu’aussi ce franc utilisé jusqu’ici séparément dans les zones Afrique centrale et de l’ouest sera interchangeable à l’avenir.
Peut-on, doit-on parler ici d’une certaine victoire africaine sur cette domination honteuse à travers la monnaie par la France ? Pas du tout. Ce serait sans connaître la France. Ces deux mesures récemment annoncées sont un piège, une escroquerie et un somnifère. Sans compter sur leurs dirigeants, les peuples victimes doivent s’organiser et gagner les rues pour refuser massivement cette rapine à ciel ouvert à travers le FCFA.
Ce qui s’est passé est telle l’histoire d’un esclave qui s’écrierait : « Maître, maître, ces chaînes me font mal, coupez-les ! Je veux ma liberté. » Et le maître, cynique et sarcastique qu’il est, veut tout ouïr sauf Liberté. Il trouve de la graisse et se met à frotter les chaînes en disant : « Ça doit aller mieux, tu verras. C’est mieux, n’est-ce pas ! » Et la substance atténuant la douleur, l’esclave s’assoupit, oubliant que ses chaînes sont toujours là, intactes.
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