Chef de Baloum arrêté : trois complices toujours en cavale
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Après plusieurs jours de cavale, le chef supérieur du groupement Baloum, Noussi Pokam Charly Constant, a été interpellé par la gendarmerie et conduit mercredi devant le procureur de Dschang, tandis que trois de ses complices présumés sont toujours activement recherchés.

Il s'appelait Steve Achille Sijamo. Il avait 20 ans. Il était chaudronnier.

Le 5 juin 2026, il est invité par un ami à Baloum, un village paisible de la région de l'Ouest camerounaise. Quelques heures plus tard, il est ligoté, traîné dans la cour de la chefferie, aspergé d'essence et brûlé vif. Son ami Bostel Kamta subira le même sort.

Devant lui, un homme en tenue traditionnelle. Un chef. Une autorité censée protéger. Une voix qui lance : "Fais ta dernière prière."

Douze jours plus tard, ce chef est enfin sous les verrous. Mais trois de ses complices courent toujours.

La fin d'une cavale

C'est mercredi 17 juin 2026 que les forces de l'ordre ont mis fin à la cavale de Noussi Pokam Charly Constant, chef supérieur du groupement Baloum, dans l'arrondissement de Penka-Michel, département de la Menoua.

Le responsable traditionnel, né le 18 août 1971 à Baloum, marié et père de plusieurs enfants, était activement recherché sur l'ensemble du territoire national depuis le 15 juin, date à laquelle un mandat d'amener a été émis par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dschang.

L'avis de recherche, signé du colonel Saïdou Abba, commandant la légion de gendarmerie de l'Ouest, était adressé à l'ensemble des légions, brigades, directeurs de police judiciaire ainsi qu'au Bureau central national d'Interpol.

Après son interpellation, le chef a été acheminé à l'état-major de la légion de gendarmerie de l'Ouest puis conduit devant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dschang.

Les faits reprochés

Le drame remonte au vendredi 5 juin 2026. Ce jour-là, Steve Achille Sijamo, un jeune chaudronnier d'une vingtaine d'années domicilié à Bansoa, avait été invité par son ami Bostel Kamta, résident de Baloum.

À son arrivée, un groupe de jeunes les a interpellés et accusés de vol de tôles, sans mandat, sans preuve ni autorité judiciaire. Les deux hommes ont été conduits à la chefferie où ils ont été séquestrés, ligotés et torturés.

Devant le chef, Steve a clamé son innocence. Dans les images largement diffusées, on l'entend supplier et demander que des témoins soient entendus. Son ami Bostel a tenté d'intervenir : "Ne le tuez pas, il ne connaît rien, il n'a pas volé : tuez-moi et laissez-le".

En vain.

Des propos attribués au chef, dans lesquels il annoncerait à la victime qu'elle ne quitterait pas les lieux vivante, sont évoqués par plusieurs sources. Certains témoignages rapportent qu'il aurait lancé : "Fais ta dernière prière".

Les deux hommes ont été brûlés vifs, leurs corps calcinés découverts plus tard.

Huit chefs d'accusation

La famille de Steve Achille Sijamo a déposé plainte le 12 juin 2026. Les chefs d'accusation retenus contre le chef traditionnel sont d'une gravité exceptionnelle :

1. Assassinat le fait d'avoir donné ou laissé donner la mort avec préméditation
2. Complicité d'assassinat le chef n'a pas empêché le crime alors qu'il en avait le pouvoir
3. Séquestration Steve a été retenu prisonnier dans l'enceinte de la chefferie
4. Torture les souffrances infligées avant le décès
5. Non-assistance à personne en danger le chef n'a pas porté secours
6. Destruction de preuves tentative d'effacement des traces
7. Outrage à cadavre atteinte à la dignité du corps
8. Association de malfaiteurs

Trois complices toujours en fuite

Si le chef est désormais entre les mains de la justice, l'enquête est loin d'être terminée. Selon des sources concordantes, trois autres individus considérés comme des complices présumés sont toujours en fuite.

Les forces de sécurité ont engagé des recherches actives pour les localiser et les mettre à la disposition de la justice. Ces complices, identifiés comme des co-auteurs sur les vidéos et photos authentifiées, n'ont pas encore été dénommés publiquement.

La justice en marche

L'affaire, qui a suscité une vive émotion au sein de l'opinion publique camerounaise, relance les débats sur le respect des droits humains, l'exercice de l'autorité traditionnelle et la nécessité de garantir à toute personne mise en cause un procès équitable.

Les autorités judiciaires rappellent que toute personne poursuivie bénéficie de la présomption d'innocence jusqu'à une décision définitive de justice.

Les investigations se poursuivent pour déterminer le degré de responsabilité de chacun dans ce double meurtre. Les autorités appellent au respect des procédures judiciaires et à la sérénité.

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