Le retour de Sonko : du palais à l'hémicycle, l'incroyable rebond
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Tout s'est joué en un week-end. Le vendredi 22 mai 2026, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko, actant dans la foulée la dissolution du gouvernement. Un tremblement de terre politique. Deux jours plus tard, la réplique est venue de l'intérieur même du camp Sonko.

Réuni en urgence ce dimanche à 15h, le Bureau de l'Assemblée nationale a pris acte de la démission de son président, El Malick Ndiaye. Cette décision, qui intervient dans un climat politique particulièrement tendu, semble acter une reconfiguration stratégique au sommet de l'État. Selon plusieurs sources concordantes, ce retrait volontaire aurait pour objectif principal de faciliter l'entrée à l'Assemblée nationale de l'ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, ouvrant ainsi la voie à son élection probable au perchoir.

Un sacrifice annoncé ou une retraite stratégique ?

Élu au perchoir le 2 décembre 2024 sous la bannière du parti au pouvoir PASTEF, El Malick Ndiaye évoque un choix personnel et hautement politique, dicté par son "sens de l'État". Dans sa lettre de démission, il écrit : "Dans les épreuves de la vie nationale, il est des moments où l'intérêt du pays commande de privilégier la hauteur, le discernement et le sens du devoir."

Des mots soigneusement pesés. Bien qu'El Malick Ndiaye n'évoque pas explicitement le décret présidentiel qui a destitué Ousmane Sonko la veille, personne à Dakar n'est dupe : cette démission est la suite logique de la fracture ouverte au sommet de l'exécutif.

Cette démission ouvre de facto la voie à l'élection d'un nouveau président de l'Assemblée nationale, dans un contexte où le nom d'Ousmane Sonko circule avec insistance dans les rangs de la majorité parlementaire. Selon plusieurs observateurs, le retour de l'ancien Premier ministre à l'hémicycle pourrait rapidement être acté conformément aux dispositions du règlement intérieur de l'Assemblée, qui permettent à un député ayant quitté le gouvernement de retrouver son siège parlementaire.

La fracture Diomaye-Sonko : deux ans de tensions qui explosent

Pour comprendre ce qui vient de se passer, il faut remonter à mars 2024. Farouche opposant au président Macky Sall, Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter à l'élection présidentielle de 2024 en raison d'une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques. Il avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye pour le remplacer dans la course. Les deux hommes, sortis ensemble de prison, ont porté ensemble une promesse de rupture. Le peuple sénégalais les a plébiscités avec plus de 54% des suffrages dès le premier tour.

Mais derrière la façade de l'unité, les fissures s'élargissaient. Dès les mois suivants, leur relation s'est dégradée : divergences politiques, tensions sur la ligne de gouvernement et affrontements législatifs ont marqué une cohabitation de plus en plus tendue.

La décision présidentielle a été officialisée à travers le décret n°2026-1128, publié quelques heures après le passage d'Ousmane Sonko à l'Assemblée nationale dans le cadre des questions d'actualité au gouvernement. Une séance parlementaire marquée par des échanges particulièrement tendus, sur fond de divergences de plus en plus visibles au sein de la majorité.

Sonko à l'Assemblée : le scénario qui divise

L'hypothèse d'un Sonko président de l'Assemblée nationale suscite autant d'espoirs que d'inquiétudes. D'un côté, ses partisans y voient un repositionnement brillant conserver une présence institutionnelle forte malgré l'éviction. De l'autre, les observateurs soulignent la complexité du chemin.

Selon le quotidien Les Échos, convaincre les députés d'élire Ousmane Sonko à la tête du Parlement pourrait s'avérer être "une autre paire de manches".

Une chose est certaine : cette décision marque une rupture spectaculaire entre deux hommes qui étaient considérés comme des alliés politiques historiques. Et pour certains analystes, le deuxième tour, c'est maintenant on saura qui de Diomaye et qui de Sonko aura véritablement la majorité des suffrages des Sénégalais.

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