Liberté d’expression : Peut-on impunément s’interroger sur la santé du président ?
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Jeune Afrique dans sa version numérique vient de jeter un pavé dans la marre. En s’intéressant à la santé de Paul Biya. Vingt ans auparavant, Le Messager de Pius Njawe l’avait fait et est passé par la trappe. Autopsie d’un sujet qui fâche, soulève des passions et met aux prises la justice à la presse sous l’arbitrage des politiques.

Le temps qui passe n’a pas changé le mode de traitement sur la Santé du Président de la République Paul Biya. Le sujet autant qu’il soulève des interrogations intéresse les rédactions des tabloïds et la presse cybernétique et inspire des titres : le Président Paul Biya est-il ? Pour le quotidien Le Messager en Décembre 1997 et  « Les interrogations persistent sur l’état de santé de Paul Biya… » Pour Jeune Afrique en Juin 2026.

Pour le cas du quotidien Le Messager, on sait que le Directeur de Publication avait pris 2 ans d’emprisonnement ferme et 500 000 d’amende pour le chef d’accusation de propagation de fausses nouvelles. Au terme d’un procès inique au cours duquel la justice avait pris une part politique active. De fait, Le substitut du procureur Yebga Matip qui représentait le parquet d’instance au procès avait déclaré haut et fort qu’on connait la ligne éditoriale de Njawe et Le Messager. Que Njawe cherche par tous les moyens à déstabiliser les institutions.

Cette déclaration, agrémentée par une autre « Ses relations avec certains partis sont connues » était venue sonner le tocsin d’une presse en quête de plus de liberté et de gardienne de la morale collective. Mettant à nu les manœuvres de la justice à subtilement inféoder la presse à l’ordre gouvernant. Il transpirait ainsi du procureur qui représente l’exécutif judiciaire que le journaliste est jugé plus pour ses positions politique que pour une quelconque infraction à la loi.

A l’époque, La commission d’Ethique et de déontologie de l’Union des Journalistes du Cameroun UJC avait surfé sur le même logiciel politico-judiciaire en demandant « la libération immédiate du confrère ainsi condamné comme gage de la bonne volonté du chef de l’Etat de mettre en œuvre une Démocratie apaisée au Cameroun ».

NB: Photo d'illustration, Pius Njawé en prison

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