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© Camer.be : Paul Moutila
- 23 Mar 2026 12:02:10
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CAMEROUN :: Démission au MANIDEM : Jean Baptiste Ketchateng dénonce une prise de contrôle par le RDPC :: CAMEROON
Un cadre historique claque la porte. Jean Baptiste Ketchateng, bras droit d’Anicet Ekane, accuse le RDPC d’avoir neutralisé le MANIDEM de l’intérieur. Le parti d’opposition vacille.
La lettre de démission rendue publique le 23 mars 2026 porte un nom : Jean Baptiste Ketchateng. Militant depuis une trentaine d’années, il a occupé des responsabilités à la direction du MANIDEM à partir de 2018. Son départ n’est pas un simple désaccord. Il dénonce une opération méthodique.
Selon lui, le RDPC a “quasiment pris le contrôle” du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Ketchateng parle d’une “entreprise de destruction d’un bien public fondamental”. Il affirme parler fort de son expérience pour ne pas manquer à son devoir de témoin.
L’absence d’obsèques pour Anicet Ekane cristallise la crise. Pour Ketchateng, ce vide organisationnel révèle une stratégie de neutralisation.
Le lancement officiel des obsèques d’Anicet Ekane devait avoir lieu le 20 mars. Il n’a pas eu lieu. Aucune communication du parti ne précise le calendrier ni le lieu d’inhumation. Ketchateng qualifie ce flou de “signe politique capital”.
Ce chaos dure depuis six mois. Il intervient après la présidentielle d’octobre 2025. Lors de ce scrutin, le MANIDEM avait joué un rôle moteur dans l’Union pour le changement, une coalition upéciste. Cette stratégie a permis de battre le RDPC et ses alliés.
La prise de contrôle du MANIDEM répond à une logique d’instrumentalisation. Un parti à la cote améliorée devient une cible.
Ketchateng analyse les causes de cette dérive. Le succès électoral a renforcé la visibilité du MANIDEM. Cet appareil à la “cote améliorée” attire des convoitises internes et externes. La volonté est de l’instrumentaliser au service du système néocolonial.
Cette perversion politique, selon lui, est le fait de personnes situées “dans les rangs” du parti. Elles agissent comme des relais. L’objectif est de dévoyer l’outil de lutte pour le vider de sa substance contestataire. Ketchateng avait alerté l’opinion le 2 mars, sans obtenir de correction de trajectoire.
Le mécanisme repose sur la confusion organisée et le blocage des processus symboliques. Les obsèques empêchées en sont le symptôme visible.
Depuis six mois, les cadres du parti constatent une paralysie des instances. Aucune communication claire ne sort de la direction. Le cas des obsèques d’Anicet Ekane illustre cette méthode : en l’absence de rites funéraires, la transmission du pouvoir au sein du mouvement est gelée.
Ce brouillage permet à des forces externes de peser sur les décisions. Ketchateng parle d’une “prise de contrôle rdpciste”. Le RDPC utiliserait des infiltrés pour neutraliser un adversaire devenu trop dangereux. L’objectif final est de priver le peuple camerounais d’un “phare” politique.
À court terme, la défection de Ketchateng fragilise l’opposition unie lors de la présidentielle. D’autres départs pourraient suivre.
Le départ d’un dirigeant historique envoie un signal de vulnérabilité. Il crée un précédent. Dans les six à douze prochains mois, la capacité du MANIDEM à maintenir son unité sera décisive. Une vague de démissions accélérerait la déliquescence du parti.
Pour le RDPC, cette situation offre une aubaine. L’opposition perd un stratège expérimenté. La coalition Union pour le changement, victorieuse en octobre 2025, voit l’un de ses piliers s’effondrer. Le rapport de force dans les futures échéances locales en sera modifié.
À long terme, l’enjeu dépasse le sort d’un parti. Il concerne la survie d’une opposition structurée face aux stratégies d’absorption.
Si la prise de contrôle réussit, le MANIDEM pourrait devenir un satellite du système qu’il combattait. Cela priverait le Cameroun d’un outil de renouveau démocratique. Ketchateng évoque une privation pour le peuple des “voies de sortie de la longue nuit du colonialisme”.
À l’inverse, si le parti trouve les forces de se réformer, il deviendra un cas d’école. Il montrera comment une organisation politique peut résister à l’infiltration. Dans les trois à cinq ans, la capacité des partis d’opposition à verrouiller leurs transitions internes sera un indicateur clé de leur solidité.
La démission de Jean Baptiste Ketchateng place le MANIDEM face à son destin. Le parti saura-t-il échapper à la mainmise pour rester un “bien public vital” ?
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