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© Camer.be : Toto Jacques
- 16 Mar 2026 14:38:16
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Mort d'Anicet Ekane : le MANIDEM et la famille accusent l'État camerounais d'assassinat :: CAMEROON
Le MANIDEM et les proches d'Anicet Ekane portent une accusation grave : l'État camerounais aurait délibérément causé la mort du leader politique. Il est décédé le 1er décembre 2025 dans les locaux du Secrétariat d'État à la Défense (SED) à Yaoundé.
Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), est interpellé le 24 octobre 2025 à Douala. Il est transféré au SED, une structure de renseignement militaire. L'opposant, âgé de 74 ans, souffre de pathologies respiratoires sévères nécessitant un extracteur d'oxygène.
Cet appareil vital lui est confisqué lors de son arrestation. Malgré les demandes répétées de ses avocats, l'extracteur n'est restitué que tardivement, sans permettre une prise en charge adaptée. Anicet Ekane décède en détention le 1er décembre 2025, après trente-huit jours de captivité.
Les alertes ignorées par la hiérarchie
Des sources internes à l'appareil sécuritaire révèlent que des alertes ont été émises. Un médecin militaire attaché au SED aurait adressé deux notes de service les 28 octobre et 5 novembre 2025. Il signalait la dégradation de l'état respiratoire du détenu et recommandait son transfert vers un hôpital civil.
Aucune suite favorable n'a été donnée à ces recommandations. Le MANIDEM dénonce une "mise à mort programmée". La famille évoque un "assassinat" commis dans les geôles du renseignement militaire. La privation délibérée de soins constitue le cœur de l'accusation portée contre l'État camerounais.
Le mécanisme d'une mort sous surveillance
L'enquête de Jeune Afrique révèle des tensions entre le SED et la gendarmerie. Une dispute aurait éclaté le 30 novembre entre le commandant du SED et l'officier de garde concernant la prise en charge du détenu. Le SED insistait pour le garder "à l'interne" pour des raisons de sécurité, retardant toute hospitalisation.
Cette guerre des services a probablement contribué à l'issue fatale. Le corps d'Anicet Ekane est immédiatement placé sous scellés à la morgue de l'hôpital central de Yaoundé. La famille restera privée de la dépouille pendant quatre-vingt-cinq jours, une situation qualifiée de "séquestration" par ses avocats.
Les enjeux d'une vérité confisquée
À court terme, la levée des scellés intervenue le 23 février 2026 permet enfin à la famille d'organiser les obsèques. Mais le rapport d'autopsie reste secret. Sa publication éventuelle dépendra uniquement de la volonté des proches, qui pourraient y trouver les preuves d'un crime d'État.
À long terme, cette affaire cristallise la défiance envers le système judiciaire et pénitentiaire camerounais. Human Rights Watch dénonce un "échec systémique à protéger la vie et la dignité des personnes privées de liberté". L'impunité chronique dans les cas de décès en détention menace la crédibilité des institutions.
Alors que la famille d'Anicet Ekane enterre enfin son leader sans connaître toute la vérité sur sa mort, une question obsédante demeure : dans un État de droit, peut-on mourir en détention privé de ses médicaments sans que personne n'ait de comptes à rendre ?
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