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© Camer.be : Toto Jacques
- 21 Mar 2026 17:28:29
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CAMEROUN :: Plainte contre Brenda Biya : apologie de l’homosexualité et corruption de la jeunesse :: CAMEROON
Un dépôt de plainte annoncé pour ce lundi à 11 heures. Les chefs d’accusation visent des infractions sensibles : apologie de l’homosexualité, atteinte à la pudeur et corruption de la jeunesse.
Jacques Bertrand Mang a rendu publique son intention de déposer une plainte contre Brenda Anastasie Biya. L’annonce, faite sur les réseaux sociaux, précise le lieu et l’heure de l’acte judiciaire. Les motifs invoqués relèvent du droit pénal camerounais. L’affaire, qui met en cause une personnalité publique, intervient dans un contexte de tensions sociétales récurrentes sur les questions de mœurs.
Une plainte annoncée publiquement
Le dépôt de plainte est prévu pour ce lundi à 11 heures. Jacques Bertrand Mang, dont l’identité et le lien avec la mise en cause ne sont pas précisés dans l’annonce, a choisi de communiquer à l’avance sur sa démarche. Les trois motifs avancés sont l’apologie de l’homosexualité, l’atteinte à la pudeur et la corruption de la jeunesse.
Ces infractions sont prévues par le code pénal camerounais. L’apologie de l’homosexualité, bien que non définie comme un délit autonome dans tous les textes, est souvent invoquée dans des affaires où des propos ou des actes sont jugés contraires aux bonnes mœurs. L’atteinte à la pudeur et la corruption de la jeunesse sont des qualifications plus classiques, renvoyant à des comportements jugés préjudiciables aux mineurs ou à l’ordre moral.
Les ressorts d’une procédure médiatisée
La décision de rendre publique cette plainte avant même son dépôt relève d’une stratégie extrajudiciaire. En annonçant l’acte sur les réseaux sociaux, Jacques Bertrand Mang place l’affaire dans l’espace médiatique avant qu’elle ne soit instruite par un magistrat. Cette méthode garantit une couverture médiatique immédiate, indépendante de la suite judiciaire.
Les motifs choisis ne sont pas anodins. L’homosexualité est au Cameroun un sujet régulièrement instrumentalisé dans les débats publics. Les accusations d’atteinte à la pudeur et de corruption de la jeunesse, lorsqu’elles visent une personnalité médiatique, déclenchent des réactions passionnelles. L’association des trois chefs dans une même plainte crée un effet cumulatif propre à susciter l’indignation.
Une plainte se définit comme une saisine du parquet ou du doyen des juges d’instruction pour signaler des faits susceptibles de constituer une infraction pénale. Son dépôt n’équivaut pas à une condamnation. Le procureur peut classer sans suite s’il estime les faits insuffisamment caractérisés. Le juge d’instruction, s’il est saisi, ouvre une information judiciaire après évaluation.
Dans le cas d’une apologie de l’homosexualité, la jurisprudence camerounaise est peu fournie. Le délit n’est pas toujours explicitement codifié, mais il est souvent rattaché à l’article 347-1 du code pénal réprimant les rapports sexuels avec une personne du même sexe. L’“apologie” renvoie à la provocation ou à la justification de ces actes. Les notions d’atteinte à la pudeur et de corruption de la jeunesse exigent des preuves matérielles ou testimoniales, ce qui alourdit la charge probatoire.
Entre instrumentalisation judiciaire et liberté d’expression
Cette plainte place Brenda Anastasie Biya dans une position délicate. Même si la procédure aboutit à un classement, l’effet médiatique est immédiat. L’annonce publique crée une présomption de culpabilité dans l’opinion, avant tout examen des faits. Pour Jacques Bertrand Mang, l’objectif semble autant médiatique que judiciaire : faire exister une cause ou une opposition par la voie pénale.
Ce type d’affaire alimente un débat récurrent sur les limites de la liberté d’expression au Cameroun. La pénalisation de l’apologie de l’homosexualité, lorsqu’elle est utilisée contre des figures publiques, sert souvent à museler des voix perçues comme dissidentes. Sur une période de trois à cinq ans, la multiplication de ces plaintes pourrait conduire à un durcissement des pratiques judiciaires ou, au contraire, à une clarification législative sous la pression des organisations de défense des droits.
Une affaire qui dépasse le cadre judiciaire
La plainte annoncée contre Brenda Anastasie Biya, avec ses motifs d’apologie de l’homosexualité, d’atteinte à la pudeur et de corruption de la jeunesse, s’inscrit dans une tradition d’utilisation des textes pénaux pour régler des comptes personnels ou idéologiques. Le parquet donnera-t-il suite à cette plainte ou la classera-t-il sans suite ? La réponse dira si la justice camerounaise entend rester à l’écart des guerres d’influence qui agitent l’espace public.
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