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© Camer.be : Toto Jacques
- 22 Mar 2026 22:57:28
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CAMEROUN :: Le DDHP accuse Brenda Biya d’impunité et appelle à une manifestation publique :: CAMEROON
Une organisation conservatrice dénonce l’inaction judiciaire et cible la fille du chef de l’État
Le mouvement DDHP (Debout contre la Dépénalisation de l’Homosexualité dans notre Pays) a publié deux déclarations solennelles en mars 2026. Le texte accuse Anastasie Brenda Biya, fille du président Paul Biya, de pratiques homosexuelles et fustige l’absence de poursuites malgré une plainte déposée en juillet 2024. L’organisation annonce une “Grande Manifestation de Dignité” devant le Palais de Justice de Yaoundé.
Une plainte sans suite et des accusations de traitement de faveur
Le 9 juillet 2024, le DDHP a déposé une plainte auprès du procureur général. Elle visait des publications attribuées à Brenda Biya sur les réseaux sociaux, considérées par le mouvement comme une violation de l’article 347-1 du Code pénal camerounais, qui réprime l’homosexualité. Neuf mois plus tard, aucune procédure n’a été engagée.
Dans sa déclaration du 21 mars 2026, le DDHP dénonce un “crépuscule de l’indépendance judiciaire”. L’organisation affirme que la justice est devenue “une annexe servile du pouvoir exécutif”. Elle reproche au système de fonctionner par “renvoi d’ascenseur” au profit des proches du pouvoir.
Le mouvement s’inscrit dans une stratégie de mobilisation sur le terrain des valeurs traditionnelles et religieuses. Le DDHP se présente comme “sentinelle des valeurs ancestrales et divines”. Son discours mêle opposition à la dépénalisation de l’homosexualité et critique de l’impunité des élites.
La cause racine de cette escalade tient à une perception partagée dans une partie de l’opinion : la loi ne s’appliquerait pas de la même manière selon le rang social. Le texte cite le discours du chef de l’État du 31 décembre dernier, interprété comme un “signal sémantique” préparant une normalisation jugée inacceptable.
Comment le DDHP construit sa légitimité contestataire
L’organisation utilise des outils juridiques formels. Elle a déposé une plainte. Elle annonce un préavis de manifestation, conformément à la loi sur les rassemblements publics. Ce faisant, elle cherche à se placer sur le terrain de la légalité tout en contestant l’inaction des institutions.
Le mécanisme sous-jacent repose sur une instrumentalisation de la morale publique pour peser sur l’agenda politique. Le refus de poursuivre Brenda Biya est présenté comme une preuve de “deux poids, deux mesures”. La critique judiciaire devient un levier pour exiger une répression plus sévère des comportements homosexuels, que le Code pénal camerounais sanctionne.
À court terme, dans les six à douze prochains mois, l’annonce d’une manifestation publique crée un risque de tensions. Le DDHP appelle les Camerounais “de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud” à se mobiliser. Si l’autorisation est accordée, le rassemblement pourrait polariser le débat national et mettre en lumière les divisions sur les questions de mœurs.
Sur le long terme, trois à cinq ans, l’affaire Brenda Biya cristallise une interrogation plus large sur l’égalité devant la loi. L’absence de poursuites, si elle se confirme, renforcerait la perception d’une justice à deux vitesses. À l’inverse, une intervention judiciaire contre la fille du chef de l’État ouvrirait une crise institutionnelle inédite.
Une justice prise entre la loi et le nom
La déclaration du DDHP pose une question qui dépasse le cas individuel : un État de droit peut-il tolérer que le statut familial suspende l’application de la loi ? La réponse que donneront les autorités, qu’il s’agisse de l’autorisation de manifester ou de la suite réservée à la plainte, déterminera si le principe “nul n’est au-dessus de la loi” reste une maxime républicaine ou devient une illusion.
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