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© Camer.be : Paul Moutila
- 19 Mar 2026 12:14:42
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Crise de légitimité au Parlement camerounais :l’opposition dénonce un changement politique illusoire :: CAMEROON
L'Assemblée nationale camerounaise fonctionne sans mandat légitime depuis plus d'un an. Ce vide juridique, couplé à la recentralisation du pouvoir par l'Exécutif, vide de sa substance le débat démocratique et bloque toute velléité de transformation systémique.
Une dénonciation qui suit le récent remaniement parlementaire
Le 18 mars 2026, l'Union Démocratique du Cameroun (UDC) a publié une déclaration signée par son Président national. Ce texte fait suite à ce que le parti qualifie d'« élection » des nouveaux dirigeants des deux chambres du Parlement. Pour l'UDC, ces changements de personnes, intervenus dans un climat de forte abstention et de défiance populaire, ne constituent pas une alternance. Ils masquent le maintien d'un système politique verrouillé par l'Exécutif depuis plus de quarante ans.
Les fondements juridiques d'une crise de représentation
Le constat factuel est implacable. Le mandat des députés est juridiquement expiré depuis 2024. La prorogation de ce mandat par le pouvoir en place, couplée au non-respect répété du calendrier électoral, a progressivement désengagé les citoyens du processus. Cette situation a créé une profonde crise de légitimité au sein de l'institution censée représenter le peuple et contrôler l'action gouvernementale. Beaucoup de Camerounais ne s'identifient plus à ce système, comme l'ont démontré les dynamiques observées lors de l'élection présidentielle d'octobre 2025.
Quand la pratique législative vide la théorie constitutionnelle
En théorie, l'Assemblée nationale détient le pouvoir législatif et le contrôle de l'Exécutif. En pratique, la mécanique institutionnelle est grippée. La majorité parlementaire, qualifiée « d'obèse » par l'opposition, est davantage soumise à la discipline du parti qu'à la défense des intérêts nationaux. Ce déséquilibre explique que la quasi-totalité des lois votées émanent directement du gouvernement. Les députés deviennent une chambre d'enregistrement plutôt qu'une force de proposition, transformant l'adoption des lois en simple formalité administrative.
Le déséquilibre des pouvoirs au cœur du dysfonctionnement
Cette mainmise de l'Exécutif sur le Parlement a des conséquences directes sur l'équilibre des pouvoirs. Le principe sacro-saint d'indépendance des trois pouvoirs se trouve battu en brèche. Les interpellations des députés, même lorsqu'elles sont pertinentes, n'engagent nullement la responsabilité des membres du gouvernement. L'Exécutif reste le véritable maître du jeu parlementaire, rendant illusoire toute velléité de contre-pouvoir efficace capable de freiner ses décisions.
Les acteurs d'une refonte institutionnelle nécessaire
La réaction de l'UDC met en lumière une attente citoyenne forte : celle d'élections crédibles. Le parti estime qu'une véritable opposition a la responsabilité de se rassembler pour incarner une alternative. La société civile, les jeunes et les femmes sont appelés à jouer un rôle central dans ce rééquilibrage. L'objectif affiché est de construire une majorité nouvelle capable de prendre les rênes du Parlement pour engager des transformations structurelles durables qui répondent aux attentes des Camerounais.
Les perspectives d'évolution du blocage institutionnel
À court terme, cette paralysie institutionnelle freine l'adoption de réformes cruciales pour le développement. À long terme, l'enjeu est la survie même du modèle démocratique camerounais. Sans une Assemblée nationale légitime et indépendante, le pays risque de s'enfoncer dans une crise de confiance chronique. La transformation du système politique ne pourra pas se limiter à un changement de visages ; elle exigera une refonte profonde des règles du jeu. L'UDC affirme être prête à œuvrer avec tous ceux qui partagent cette volonté. Reste à savoir si les autres forces de l'opposition et la société civile parviendront à s'unir pour transformer cette déclaration d'intention en une dynamique collective capable de peser sur l'avenir institutionnel du pays.
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