« changements pour ne rien changer », l’illusion politique selon Claude Assira
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L’avertissement de Claude Assira : “Il ne se passera rien pendant les sept prochaines années”

Une analyse politique sans concession secoue le débat camerounais. L’avocat Claude Assira a livré un diagnostic glacial sur l’état du système politique : les réformes annoncées ne seraient que des illusions destinées à maintenir les équilibres existants. La prédiction est claire : sept années d’immobilisme s’annoncent, en l’absence de rupture structurelle.

Une déclaration qui brise le silence médiatique

L’intervention de Claude Assira sur Canal Presse, diffusée sur Canal 2, intervient dans un climat de rumeurs de réformes. L’analyse porte directement sur la gouvernance de Paul Biya et l’appareil qui l’entoure. Le chroniqueur affirme que le régime, “dos au mur”, n’a d’autre choix que de simuler le changement.

Cette simulation, selon lui, constitue une stratégie de survie. Les ajustements annoncés relèveraient du cosmétique. Le fond, prévient Assira, restera intact. La formule “changements pour ne rien changer” résume cette mécanique de l’illusion politique.

Un immobilisme programmé

L’avocat identifie une cause structurelle : le régime est acculé, mais sa logique de reproduction l’emporte sur toute velléité de transformation. Les réformes ne visent pas à moderniser l’État, mais à donner “l’impression de changer” pour conjurer les pressions internes et externes.

La cause tient à un système conçu pour l’auto-préservation. Chaque ajustement est négocié “entre amis”, c’est-à-dire au sein d’un cercle restreint d’acteurs liés par des intérêts communs. Aucune réforme véritable ne peut émerger de ce périmètre fermé.

Comment fonctionne l’illusion du changement

Le mécanisme repose sur une production médiatique et politique soigneusement calibrée. Les annonces de réformes sont diffusées avec solennité. Les textes, souvent ambitieux dans leurs préambules, sont vidés de leur substance dans les modalités d’application.

L’illusion politique se définit comme un processus où l’apparence du mouvement masque l’immobilité des structures de pouvoir. Les concertations nationales, les comités ad hoc et les projets de lois servent de faire-valoir. Le temps passe, les attentes s’épuisent, et le statu quo est préservé.

À court terme, dans les six à douze prochains mois, la thèse d’Assira alimente une défiance accrue des citoyens. Chaque annonce de réforme sera scrutée à l’aune de cette grille de lecture. L’usure du pouvoir s’accélère lorsque les promesses sont systématiquement perçues comme des leurres.

Sur le long terme, trois à cinq ans, l’immobilisme programmé produit des effets cumulatifs dangereux. Le fossé entre les attentes de renouveau et la réalité du blocage se creuse. Les frustrations s’accumulent. L’absence de perspectives crédibles nourrit un désenchantement durable qui fragilise le contrat social.

L’horizon bouché de la réforme au Cameroun

Claude Assira pose une question qui dépasse le simple commentaire politique : un système qui ne peut survivre qu’en simulant le changement peut-il encore prétendre à la légitimité ? Les sept années qu’il évoque ne sont pas une prédiction anodine. Elles dessinent un calendrier où l’illusion, faute de pouvoir être entretenue indéfiniment, finira par se dissiper d’elle-même.

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