Violences à Zoétélé : le Forum Républicain tire la sonnette d'alarme sur le tribalisme
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Des pillages. Des incendies. Des familles menacées. À Zoétélé, dans la région du Sud du Cameroun, une flambée de violences communautaires révèle la fragilité du tissu social national.

Zoétélé sous tension : pillages et chasse à l'homme

Le Forum Républicain, parti politique camerounais dont le leader Parfait Mbvoum est actuellement en détention pour ses convictions politiques, a publié un communiqué officiel condamnant les événements en cours à Zoétélé. Des actes de pillages, d'incendies et de violences communautaires y sont signalés, ciblant des citoyens identifiés comme « étrangers » ou membres d'une communauté précise.

Le communiqué, signé par KWUIN Marie depuis Douala, précise que ces violences se déroulent en lien direct avec une affaire judiciaire en cours dont la nature exacte n'est pas précisée. L'instrumentalisation de ce contexte judiciaire comme prétexte à une justice populaire constitue, selon le parti, une dérive inacceptable.

Quand la tension judiciaire bascule dans la haine ethnique

La haine communautaire à Zoétélé ne surgit pas du vide. Elle illustre un phénomène structurel bien identifié : la transformation d'un litige individuel en conflit collectif à base ethnique. Ce glissement se produit lorsque les institutions judiciaires perdent en lisibilité et en crédibilité aux yeux de la population.

Le Forum Républicain pointe explicitement ce mécanisme. En l'absence de communication claire des autorités, le vide informationnel est comblé par des rumeurs, des manipulations et des récits identitaires qui désignent des boucs émissaires. La xénophobie au Cameroun devient alors un outil de défoulement collectif, au détriment des plus vulnérables.

Le tribalisme comme arme politique : un mécanisme redoutable

Le tribalisme au Cameroun se définit comme l'exploitation des appartenances ethniques ou régionales à des fins de mobilisation politique ou de justification de violences. À Zoétélé, ce mécanisme prend une forme concrète : des commerces détruits, des biens pillés, des familles contraintes à fuir.

Ce type de violence obéit à une logique d'escalade. Une première agression non sanctionnée légitime les suivantes. Les réseaux sociaux accélèrent la diffusion de récits incendiaires. Les autorités traditionnelles et religieuses, qui pourraient jouer un rôle de régulation, se retrouvent souvent court-circuitées. Le Forum Républicain appelle explicitement ces acteurs à prendre leurs responsabilités, reconnaissant leur rôle irremplaçable dans la désescalade.

Des enjeux immédiats et une fracture nationale à long terme

Les conséquences des violences de Zoétélé sont multiples. Des familles déplacées, des commerces détruits, une économie locale paralysée. L'absence de réponse judiciaire ferme risque de renforcer le sentiment d'impunité et d'encourager des dynamiques similaires dans d'autres localités.

La stabilité du Cameroun dépend de la capacité de l'État à garantir que chaque citoyen est protégé sur l'ensemble du territoire national, quelle que soit son origine. Si cette garantie s'érode, c'est le pacte républicain lui-même qui vacille. Dans un pays aux 280 groupes ethniques recensés, laisser prospérer la logique tribale équivaut à ouvrir des lignes de fracture durables.

Justice ou vengeance : le choix qui définit une nation

Le Forum Républicain formule une exigence simple mais fondamentale : l'arrêt immédiat des violences, la sécurisation des populations, l'interpellation des auteurs et une communication judiciaire transparente. Ces quatre points dessinent en creux ce qui manque aujourd'hui à Zoétélé.

La question qui demeure ouverte est celle-ci : l'État camerounais dispose-t-il encore des outils institutionnels pour empêcher qu'une affaire judiciaire locale se transforme en fracture communautaire nationale ? La réponse apportée dans les prochaines semaines dira beaucoup sur la solidité réelle du contrat social camerounais.

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