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© Camer.be : Paul Moutila
- 25 May 2026 13:49:12
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CAMEROUN :: Après la prison, le parti : Ousmane Mey frappe fort :: CAMEROON
Il devait être réduit au silence. À six jours de l'élection présidentielle d'octobre 2025, les autorités camerounaises l'ont arrêté à Garoua, chef-lieu de la région du Nord. Accusé de « tenue de manifestation illégale » et d'« incitation à la révolte ». Plusieurs partis d'opposition ont crié au scandale. Et lui ? Il a attendu. Observé. Réfléchi.
Aujourd'hui, Aboubakar Ousmane Mey revient non pas avec des déclarations, mais avec un parti politique entier : le RENA, Rendez-vous National. Un nom qui sonne comme un défi lancé à toute une classe politique.
Dans les coulisses de la politique camerounaise, le nom d'Aboubakar Ousmane Mey circule depuis des années. Fils d'Abba Ousmane Mey, ancien gouverneur et proche du président Ahidjo, frère du ministre de l'Économie Alamine Ousmane Mey, il aurait pu choisir le confort d'une trajectoire familiale bien balisée. Il a fait l'inverse.
Pendant que son frère siège au gouvernement Biya, lui s'est positionné en opposant déterminé, multipliant les prises de parole sur les plateaux de télévision, alertant sur la marginalisation des trois régions du Grand-Nord Adamaoua, Nord, Extrême-Nord et dénonçant ce qu'il appelle « un diagramme de paralysie » savamment orchestré par le pouvoir en place.
Son arrestation à Garoua, le 6 octobre 2025, n'a fait qu'amplifier sa stature. Arrêté sur ordre du préfet de la Bénoué, accusé de propos tenus lors de l'émission La vérité en face sur Equinoxe TV où il aurait déclaré que Paul Biya « partirait, qu'il le veuille ou non » , il est devenu en quelques heures un symbole de résistance pour une partie de l'opposition camerounaise. L'UNDP, le MRC et le PURS ont réclamé sa libération immédiate.
Aujourd'hui libéré, il franchit un nouveau cap. Le lancement du RENA Rendez-vous National est annoncé pour les prochains jours. Un nom porteur de sens : il ne s'agit pas d'une coalition de circonstance ni d'une plateforme de campagne, mais d'un parti structuré, avec l'ambition de s'implanter durablement dans le paysage politique camerounais.
Sa stratégie est claire : partir du Grand-Nord comme socle, mobiliser ses quelque 4,5 millions d'électeurs, puis rayonner vers le reste du pays. Non pas par des alliances qu'il juge « infructueuses » , mais par des « collaborations » sélectives avec des acteurs partageant une vision commune.
La question qui se pose est simple : dans un pays où plus de 300 partis politiques sont recensés et où le RDPC tient les rênes du pouvoir depuis plus de quatre décennies, un nouveau parti né du septentrion peut-il réellement peser ? Aboubakar Ousmane Mey, lui, n'en doute pas. « Le bateau prend l'eau de toutes parts », dit-il. « Notre démarche est donc salvatrice. »
Le lancement du RENA sera un premier test grandeur nature.
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