FECAFOOT : REFLEXION SUR L’ELECTION D’ETO’O FILS ET LA DIGNITE DU MINISTRE MOUELLE KOMBI
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Le Cameroun vient d’écrire une nouvelle page de son histoire sportive, et peut-être même politique. Dans l’effervescence qui a traversé le pays, Samuel Eto’o a de nouveau été porté à la tête de la FECAFOOT. Je le félicite, non par adhésion aveugle, mais parce qu’il existe une règle souveraine que rien ne devrait jamais défaire ; lorsque les hommes font un choix, il appartient à chacun de respecter la voix exprimée. Ainsi va la volonté populaire, imprévisible parfois, contestée souvent, mais indiscutable dans son essence. L’onde qui a parcouru le Cameroun ce samedi dit quelque chose de particulier de celui qui a été élu. Samuel Eto’o possède cette témérité rare qui distingue les hommes d’action.

C’est elle qui l’a propulsé des terrains poussiéreux de New-Bell aux plus grandes scènes du football mondial. Il avance guidé par l’instinct, par une intuition parfois déroutante, mais toujours déterminée. Et peut-être faut-il reconnaître ceci : il entretient un lien singulier avec le destin du Cameroun. Alors laissons-le suivre ce fil invisible qui le relie à l’histoire. J’ai appris à l’admirer, car il appartient à cette lignée d’hommes qui, partis de presque rien, ont lutté avec une force indomptable pour se libérer des douleurs que la vie impose. Et c’est ce même combat intérieur, cette même volonté farouche, qu’il continue de manifester aujourd’hui pour s’affirmer dans ce qu’il a toujours aimé ; le football, et son pays, le Cameroun, sans oublier le respect dû à un ministre. Alors  observons, patientons, suspendons nos certitudes. C’est la résolution que j’ai moi-même adoptée.

 

Mais dans cette exaltation populaire, un autre homme marche à contre-courant des passions ; le ministre Narcisse Mouelle Kombi. Je lui rends hommage, avec une profonde considération. Il traverse une période qui n’a rien d’aisé ; son ministère est en pleine tempête, une tempête qui n’épargne personne – pas même les plus solides. Pourtant, il demeure debout. Il avance sans bruit, sans cris, sans spectacle. Non pas porté par le tumulte du football, mais par la force silencieuse de son savoir, cette lumière intérieure qui ne vacille pas. Il possède quelque chose que les passions ne peuvent ni offrir, ni retirer :  sa noblesse d’esprit, une constance, une dignité.

Être ministre, c’est aussi cela,  se confronter à l’absurdité du monde, accepter l’incompréhensible avec philosophie, apprendre à composer avec les contradictions d’un pays qui ne cesse de surprendre. Cette période, si rude soit-elle, deviendra une pierre essentielle lorsqu’il lui faudra écrire ses mémoires. Avec Eto’o Fils, le ministre Mouelle Kombi aura mesuré, peut-être plus profondément que jamais, la véritable portée d’un artiste et la puissance intime de l’art. Cette rencontre de deux univers, l’un façonné par la politique, l’autre par le génie créatif et l’instinct,  lui aura révélé qu’il reste encore beaucoup à accomplir pour élever, défendre et magnifier cette notion de culture qui, lorsqu’elle est honorée, devient l’âme même d’un peuple.

Il pourra y inscrire le poids des tempêtes, mais aussi l’art qu’il lui faut désormais maîtriser : l’art de gouverner selon le Cameroun. Car notre pays possède sa propre manière de vivre la politique. Il l’a montré hier avec le mandat impératif ; il le montre aujourd’hui avec les élections à la FECAFOOT. C’est un théâtre où les règles sont mouvantes, où les évidences perdent leur sens, où le pouvoir se déplace comme une ombre insaisissable. Et dans cette complexité, c’est paradoxalement le ministre qui sort grandi. Le savoir, le vrai, celui qui s’acquiert par le travail, l’étude et l’expérience, est la seule richesse qui ne trahit jamais. Elle ne se regrette pas, elle ne s’use pas, elle éclaire. Narcisse Mouelle Kombi est un éminent intellectuel, un serviteur de l’État dont la carrière témoigne d’une fidélité constante aux principes républicains. En cela, il représente  une valeur essentielle, une valeur que les jeunes générations gagneraient à méditer. Le temps finit toujours par rappeler la vérité à l’ordre, et la vérité finit toujours par triompher.

 

L’équipe nationale, elle, demeure un patrimoine de l’État. Elle dépasse les passions individuelles, les ambitions personnelles et les tumultes ponctuels. Elle appartient au peuple, à son histoire, à son imaginaire. Elle exige, de tous ceux qui gravitent autour d’elle, dirigeants, ministres, joueurs, supporters,  une hauteur qui ne s’achète pas, une responsabilité qui ne se délègue pas. Entre le destin de Samuel Eto’o et la dignité du ministre Kombi Mouelle, le Cameroun continue d’avancer, avec ses paradoxes, ses forces invisibles, ses contradictions éclatantes.

Et peut-être que la sagesse, dans un moment comme celui-ci, consiste simplement à observer, à laisser les événements suivre leur cours, à ne pas confondre agitation et vérité. Car dans cette grande pièce où chacun joue son rôle, certains cherchent la victoire, d’autres portent le poids des institutions. Mais seuls demeurent, in fine, le savoir, la loyauté, la constance, et la conviction qu’un pays se construit autant dans ses éclats que dans ses silences. À ce titre, le ministre mérite soutien, respect et reconnaissance. Et le Cameroun, lui, mérite que chacun, élu, nommé ou simple citoyen, serve sa grandeur avec lucidité.

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