Justice à Deux Vitesses : Autorisation FECAFOOT vs Interdiction MRC
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Le Cameroun est confronté à un nouvel épisode de la crise de la liberté de réunion, illustré par deux verdicts administratifs diamétralement opposés. D'un côté, l'Assemblée Générale de la FECAFOOT (Fédération Camerounaise de Football), présidée par Samuel Eto'o, par ailleurs membre émérite du parti au pouvoir (RDPC), est autorisée à se tenir à Mbankomo. De l'autre, la convention du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d'opposition, est interdite par le sous-préfet de Yaoundé IV.

Cette situation, loin d'être un simple hasard administratif, pose la question d'une justice à deux vitesses dans la gestion de l'ordre public. Dans le cas de la FECAFOOT, l'autorisation a été maintenue en dépit des plaintes officielles déposées par des professionnels du football auprès du sous-préfet de Mbankomo. Ces plaintes, invoquant des raisons de "trouble à l'ordre public", auraient logiquement dû entraîner une remise en question de l'événement. Cependant, l'instance sportive, étroitement liée au sérail politique par la stature de son président, a bénéficié d'une clémence ou d'une tolérance administrative permettant la tenue de ses travaux cruciaux.

Le sort réservé au MRC est tout autre. La convention, qui devait se tenir à Yaoundé IV et qui devait probablement valider des enjeux internes importants, a été interdite. Ironiquement, le motif invoqué est identique : "menace grave de trouble à l'ordre public". Cette interdiction a été déclenchée suite à la saisine de l'autorité par un ex-militant du parti, mais la rapidité et la fermeté de la décision administrative contrastent fortement avec l'indulgence accordée à l'instance footballistique.

Ce double standard alimente le sentiment d'un pluralisme politique sous surveillance et constamment entravé. L'interdiction des rassemblements de l'opposition, souvent justifiée par la menace à l'ordre public, est une tactique récurrente de la gouvernance actuelle qui cherche à limiter la mobilisation et l'organisation des forces contestataires. L'épisode confirme que les événements touchant aux intérêts du pouvoir ou de ses proches bénéficient d'une interprétation souple de la loi, tandis que l'opposition est soumise à une application restrictive et rigide des textes. Ce déséquilibre flagrant dans le traitement des acteurs publics et politiques compromet la crédibilité des institutions et fragilise davantage le climat sociopolitique.

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