Barrage de Kikot : la Banque mondiale exige une réforme avant de débloquer les fonds
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Depuis la récente mise en garde de la Banque mondiale, le sort du Kikot‑Mbébé hydroelectric dam un projet phare du Cameroun se retrouve dans une zone d’incertitude. Dans un communiqué daté du 28 novembre 2025, l’institution de Bretton Woods a clairement indiqué qu’aucun soutien financier ne sera accordé tant que le pays n’aura pas engagé une réforme profonde du secteur de l’électricité

Le projet Kikot-Mbébé, qui prévoit la construction d’un barrage de 500 MW sur le fleuve Sanaga , est l’un des plus ambitieux en cours au Cameroun. Porté par la coentreprise Kikot Hydro Power Company (KHPC), détenue à parts égales par Électricité de France (EDF) et l’État camerounais, le projet représente un investissement estimé à plus de 1 milliard d’euros (soit environ 650 milliards de francs CFA). 

Selon le calendrier initial, la construction devait débuter en 2025-2026 pour une mise en service en 2030, dans la continuité de la stratégie nationale visant à renforcer la production d’électricité par des infrastructures hydroélectriques. Toutefois, le nouveau rapport budgétaire 2026-2028 retarde le démarrage à 2027, avec un achèvement désormais attendu en 2033. 

Avec cette position ferme, la Banque mondiale met une pression sans précédent sur Yaoundé pour accélérer la modernisation et la restructuration du secteur électrique une condition qu’elle juge indispensable à la viabilité et à la rentabilité du projet. Tant que les réformes structurelles n’auront pas été entérinées, les bailleurs internationaux n’accorderont aucune garantie ni financement pour Kikot. Cette exigence pourrait compliquer le calendrier et potentiellement freiner l’entrée en service, sauf un engagement clair du gouvernement à transformer le modèle énergétique du pays.

Au-delà de l’enjeu énergétique, le retard du projet Kikot-Mbébé pourrait avoir des effets sur les objectifs d’électrification universelle et d’électrification rurale contenus dans la stratégie de développement nationale. Par ailleurs, la confiance des investisseurs étrangers déjà fragilisée pourrait pâtir d’un tel recul, mettant en péril le financement d’autres infrastructures prévues.

En résumé, l’avenir du barrage de Kikot dépend désormais d’un pari politique : celui d’une réforme ambitieuse du secteur électrique. Sans cela, le projet, aussi prometteur soit-il, risque de rester à l’arrêt bien au-delà des échéances prévues.

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