CAMEROUN :: La politique d’opposition à l’ère des théories du complot :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P
  • samedi 17 août 2019 10:05:00
  • 1960

CAMEROUN :: La politique d’opposition à l’ère des théories du complot :: CAMEROON

Chaque pays a toujours eu un certain goût prononcé pour les théories du complot, car les êtres humains sont programmés par la nature pour relier sélectivement des informations correspondant à un récit préconçu. Chaque société a ses propres notions de cabales secrètes et de complots mystérieux. Par contre, un pays comme le Cameroun est particulièrement enclin aux théories du complot, parce que ces dernières se développent de façon rapide dans des cultures non démocratiques où les bureaucrates sont déresponsabilisés et passent une partie non négligeable de leur temps à comploter dans les coulisses.

À ce sujet le CL2P a toujours témoigné et prouvé que seuls l’État de droit, des élections transparentes, puis une presse libre et viable sont de bons antidotes aux théories du complot. Ce qui rend ce moment si différent – et dangereux – c’est que les soi-disant élites Camerounaises qui savent probablement ou devraient savoir, comme le «professeur titulaire Nganang», sont également devenues de plus en plus, sinon les plus paranoïaques.

Le CL2P regrette ainsi une fois de plus que celle qui se présente comme l’opposition radicale au tyran de Yaoundé dirigée notamment par M. Patrice Nganang ait elle-aussi céder de manière réactive au culte de la personnalité du dictateur, en faisant notamment de M. Biya et son ethnie Bulu l’origine de tous les complots qu’elle a conçus dans sa tête. Le CL2P a fini par constater malheureusement que M. Nganang serait un écrivain narcissique, malhonnête, calculateur et manipulateur, enclin à adopter précisément le type de comportement délibérément déshonorant qu’il prétend détecter et combattre chez les autres.

En soi, les techniques de Nganang sont à la fois fastidieuses et répréhensibles. Mais s’ajoutant à sa paranoïa et à ses lamentations quotidiennens qui sont devenues sa marque de fabrique à l’époque de Biya, son obcession tribale devient elle-aussi non seulement inaudible mais difficile à supporter. Nganang semble se faire passer pour Mark Antony, ici pour enterrer César, mais son comportement déplorable ne fait rien pour empêcher l’escalade des violations des droits de l’Homme sous le régime de Biya. Il a même fini par avoir du mal à argumenter de manière objective contre la paranoïa qui consume notre politique.

Car la politique de paranoïa s’est métastasée au Cameroun. Sans doute, il y a beaucoup de causes: le manque de confiance croissante dans les institutions, en particulier les médias, attise les braises de la paranoïa. Les médias sociaux donnent également la priorité au sensationnel par rapport au factuel, et surtout accordent une voix démesurée à ceux qui prétendent savoir ce qui se passe vraiment. La place prépondérante d’un gouvernement bureaucratique et irresponsable et la recherche de rente par les puissants.

C’est là que la paranoïa de M. Nganang s’inscrit parfaitement dans ses machinations cruelles parsemées de connotations tribales et tribalistes, agitées sans cesse par le cher « professeur titulaire » avec le soutien d’un certain nombre d’agitateurs de la toile camerounaise, dans le but apparent d’autoglorification puis l’envie intenable d’enfoncer le régime de Biya sous une plus mauvaise lumière.

Le President du CL2P, Joël Didier Engo, est désolé d’avoir ainsi relayé l’alerte faisant notamment état des menaces de mort sur M. Nganang, émise par le journaliste Boris Bertolt,

En effet il n’en était apparemment rien. La menace de mort pesant prétendument sur M. Nganang procéderait davantage de sa propre imagination.

Mais la situation est suffisamment grave en termes de pertes de vies humaines, notamment au Cameroun anglophone, et de menaces réelles pesant chaque jour sur un certain nombre de leaders d’opinion , de journalistes, de militants et sympathisants politiques …pour que certains se livrent à une telle grossière instrumentalisation sur fond d’incitation évidente à la haine tribale; risquant par la même occasion de torpiller voire discréditer à jamais tout le travail remarquable effectué par la société civile au Cameroun pour éviter précisément le pire à des centaines de camerounais innocents.

La ligne du CL2P est claire à ce sujet:

le CL2P ne m’associera jamais – au risque de décevoir certains esprits sectaires et manichéens – à toute instrumentalisation de la haine ethno-tribale, y compris quand celle-ci s’adosse comme pour M. Nganang sur des allégations de menaces de mort, que la cible supposée a vite fait de tourner en conspiration de meurtre de tout un groupe ethnique (LES BULU) contre sa personne. Ce qui du coup fait perdre à ladite conspiration, malgré son extrême gravité, toute sa pertinence et sa véracité.

Il faut dire que le moment est pour cela le plus mal choisi, surtout quand on sait le sort qu’inflige la tyrannie de Paul Biya à ses vrais opposants dans ses mouroirs concentrationnaires avec encore un mort anglophone sous la torture cette semaine, pour de la sorte jouer cyniquement à se faire peur en agitant une théorie du complot tribal…

Que M. Nganang dénonce nommément ceux qui le menacent de mort, y compris de manière anonyme, comme nombre d’entre nous en faisons malheureusement l’objet dans les forums camerounais, sans éprouver le besoin d’orchestrer une confrontation tribale.

17août
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