Cameroun, Jean Patrick Djoufack: L'aventurier qui a échappé à  la mort
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Cameroun, Jean Patrick Djoufack: L'aventurier qui a échappé à  la mort :: CAMEROON

Il a été retenu pendant six mois dans une prison de Sabratha en Libye.Jean Patrick Djoufack est âgé de 30 ans. C’est grâce à ses économies qu’il est parti à l’aventure. Chaudronnier de profession, il a un grand rêve. Il veut « bosa ». Ce qui signifie dans le jargon des aventuriers, réussir à rentrer en Italie. « Si tu bosa », c’est que tu as atteint le plafond », confie-t-il avec un sourire en coin. 

Il est parti du Cameroun par la ville de Bamenda en septembre 2016. En passant par le Nigeria puis le Niger, et en traversant le désert du Sahara, il arrive enfin en Algérie où il séjourne sept mois. « J’avais mes connexions. J’ai payé tous mes pass », dit-il fièrement. « Là-bas, je vivais comme un prince », poursuit-il.

Quelques temps plus tard, sa vie de prince va se transformer en vie de servant lorsqu’il décide de « bosa ». « On m’arnaquait en me disant que l’eau n’est pas bonne. C’est pourquoi on ne me lançait pas », déclare-t-il. Il affirme qu’il a dû débourser plus d’01 million Fcfa pour se rendre en Libye.

Il est « calabouche », entendez « arrêté » en juin dernier au bord des eaux libyennes. C’est de là qu’il est conduit dans une prison à Sabratha. « Ils nous ont dépouillé et emmené de force dans un camp », s’indigne-t-il. « J’ai vu trop de noirs mourir. Trop de viols collectifs », ajoute-t-il.

D’après ce rescapé, ils étaient entassés comme des sardines dans les camps et mal nourris. Et tous les jours, d’aucuns étaient torturés, d’autres violés. Il s’attriste du fait que lorsque les enfants se mettaient à pleurer, on les tuait. Le pire selon l’ex-otage, c’est lorsque ces derniers réclamaient les rançons. « Ils te donnent le téléphone et te demandent de lancer l’appel. Quand ton proche décroche, ils te versent de l’huile brûlante ou ils te brisent un membre. Tes cris de douleur vont indiquer à ta famille qu’ils sont sérieux », relate-il courroucé. « Parfois, ils vendaient les noirs en dollars ou en euros. Un pouvait coûter 500.000 Fcfa », expliquet-il.

Il souligne que les morts étaient soient enterrés dans le désert par des Africains noirs, soient séchés pour servir d’exemple. D’après lui, ils ont été libérés grâce aux prisons cassées par des « Occidentaux » et grâce aussi, à la collaboration du gouvernement camerounais et de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).

Il confie qu’il compte repartir pour l’Algérie. « Cette fois-ci, ça se fera par avion », rassure-t-il. Pour empêcher de nouveaux départs, « nous allons financer leur projet », informe le coordonnateur du projet « Initiative pour la protection et la réintégration des migrants au Cameroun » pour l’Oim, Roger Charles Evina.

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