DISCRIMINATION : Le malheur d'être albinos
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Ces personnes, en plus de leurs conditions d’existence difficiles, subissent au quotidien toutes sortes de sévices physiques et psychologiques au sein de la société africaine. Au Cameroun, en particulier, les sujets atteints d’albinisme souffrent d'exclusion en milieu socioprofessionnel ou familial. Brève évocation.

«Nguenguerou». C'est la mystérieuse appellation, très camerounaise, attribuée aux albinos, personnes dont la peau est dépourvue de mélanine, substance qui lui donne la couleur noire. Les Nations unies préfèrent l'appellation, politiquement correcte de «personnes atteintes d'albinisme », moins péjorative. Malgré toutes les précautions formelles, ces êtres atypiques subissent au quotidien toutes sortes de discriminations et stigmatisations.

Ce témoignage de Paul P. est fort révélateur de la difficile cohabitation entre les personnes atteintes d'albinisme et celles qualifiées de «mélaninées », au sein de la société camerounaise. «Lorsque nous empruntons même les taxis, certains passagers préfèrent sortir pour ne pas nous avoir près d'eux. Ceux qui acceptent de nous côtoyer, se pincent le nez ou font tout pour ne pas nous toucher ». Impressionnant cliché personnel de cet adulte de 37 ans, pourtant vitrine du vécu de milliers de personnes atteintes d'albinisme au Cameroun.

Les actes de stigmatisation et de discrimination s'étendent même dans les milieux socioprofessionnels: fonction publique, entreprises, de plaisir et autres lieux publics etc... Et même dans le giron familial. Paul P revient que «mes frères avaient de la peine à m'accepter comme tel. Parfois, ils disaient que je n'appartenais pas à la famille, m'insultaient et me brimaient malgré l'intervention des parents».

On en dénombre environ 10.000 albinos sur le triangle national. L'Asmodisa, Association mondiale de défense des intérêts et de la solidarité des albinos, regroupe en son sein, environ 500 membres inscrits et actifs pour la revalorisation du sujet albinos camerounais. Jean Jacques Ndoundoumou, le président de cette association pense que «le gouvernement camerounais fait beaucoup pour la cause albinos, mais beaucoup reste également à faire », constate malheureusement l'ancien Directeur général de l'Agence de régulation des marchés publics (Armp), un exemple de réussite de la personne albinos parfaitement intégré dans la société.

En 2015, un important colloque ayant connu la participation de 12 Etats africains, examinait la condition des albinos dont la «Journée internationale de sensibilisation à l'albinisme » se célèbre chaque 13 juin. Le Colloque de 2015 organisé par l'université de Douala à travers sa Faculté de médecine, des Sciences médicales et pharmaceutiques, avec le concours de l'Aix Marseille université et de la Lancaster university de Grande Bretagne, était placé sous le thème «L'albinisme oculocutané en Afrique sub-saharienne ».

D'importantes recommandations avaient été formulées à l'issue dudit forum ayant rassemblé juristes, experts en dermatologie ou en radiothérapie, médecins, scientifiques, universitaires et organisations de la société civile de défense des droits de la personne atteinte d'albinisme. En 2016, l'Unesco abordait opportunément le thème «Non aux discriminations contre les albinos». Malgré cet incontestable activisme international, le sujet albinos subit des actes discriminatoires, et parfois criminels. Il est souvent traité de « sorcier » dans certaines tribus africaines. Et exclu sans autre forme de procès de la communauté.

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