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© La Nouvelle Expression : Ben Christy Moudio, à Eséka
- 15 Sep 2015 18:52:59
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CAMEROUN :: Mémoire de Ruben Um Nyobe : Commémoration en rangs dispersés :: CAMEROON
La ville d’Eséka, fief de la contestation anticolonialiste n’a pas mobilisé du monde pour son « Mpodol ». La journée s’est déroulée dans une quasi indifférence.
Dimanche 13 septembre 2015. Le jour se lève à peine. Des volutes de brumes enveloppent la forêt environnante dans laquelle est nichée la ville. Les habitants sortent timidement de leur concession. Il est 6 heures du matin. Ce 13 septembre est jour de commémoration de la mort du pionnier de l’Indépendance du peuple Camerounais, Ruben Um Nyobe. Dans le fief de celui qu’on appelle le Mpodol, (porte-parole) rien ne traduit pourtant une célébration à venir. Aucune banderole, aucune conversation ne filtre sur une quelconque manifestation. Sept, huit neuf heures, le temps s’écoule sans qu’un évènement ou un indice ne traduise une journée spéciale.
Il faudra attendre les coups de 10 heures du matin, pour que l’artère principale de la ville soit traversée par une vingtaine de jeunes vêtus de t-shirts blanc arborant fièrement la photo de Ruben Um Nyobe. C’est le collectif Citoyens pour la mémoire du Cameroun (Cpmc). Dans leur environnement immédiat, ces jeunes distribuent à quelques passants des tracts dont certains recensent des figures de l’histoire du pays tels qu’Ernest Ouandié, Felix Moumié, Osendé Afana, et d’autres présentent une biographie du héros du jour. Dans cet amas de jeunes figures se distingue un visage ou le passage du temps a laissé ses traces. Il s’agit de Marthe Ngo Mayack. La première épouse du Mpodol. Depuis trois ans, ces jeunes se joignent à elle pour se recueillir sur la tombe de l’illustre disparu. Sous de fines gouttes de pluie, la direction est donc prise pour le Cimetière de l’Eglise presbytérienne Camerounaise (Epc). Entre chants accompagnés de tambours et discours, ces jeunes du Cpmc laissent pointer leurs souhaits, ressembler et s’inspirer d’Um Nyobe. Comme cela devrait être le cas pour tous les jeunes, laisse entendre le Commandant Kissamba Woungli Massaga, dont la présence attire tous les regards.
Mais voilà. Tous les jeunes ne semblent pas concernés par cette commémoration. Au-delà de la vingtaine s’étant recueillie pendant près d’une heure autour de la tombe du Mpodol, les autres semblent occupés à autres choses. Même les militants sont invisibles. Il faudra attendre 15 heures pour qu’une trentaine de personnes vêtues aux couleurs du parti de l’Union des populations du Cameroun (Upc) emprunte également l’axe principal de la ville. Un mini défile sur près de 500 mètres qui les conduira, elles aussi à la tombe du Mpodol, pour un mini-culte d’une trentaine de minutes, avant que le beau monde ne rejoigne un bar de la place. Pour des réjouissances arrosées, tandis que l’indifférence générale semble régner dans les autres coins de la ville.
Divisions accrues
Connue comme le fief des pères de l’indépendance du pays, l’absence de mobilisation à l’honneur de Ruben Um Nyobe, ne passe pas inaperçue ici. «Nous sommes étonnés. Il n’y a rien eu. Aucune communication, aucun programme. Même quand vous tentiez de vous rapprocher de certains leaders, vous ne receviez aucune information sur le programme de la commémoration de ce 13 septembre», dénonce Nicolas Kelbe, membre de la société civile. «C’est écœurant de voir que la ville d’Eséka qui a été au cœur de la revendication ne célèbre pas ce jour comme cela se doit. On s’attendait à une marée humaine mais rien de tel», ajoute-t-il.
Face à ce que d’aucuns considèrent comme un échec, certains membres du parti, accusent la mauvaise organisation tandis que d’autres mettent le doigt sur l’élément perturbateur: l’existence de diverses factions au sein du parti des crabes. Il n’est donc pas étonnant de voir des militants réagir au quart de tour lorsqu’on laisse entendre que l’épicentre de la commémoration de ce 13 septembre se trouve à Bot-Makak.«Ce sont les élus – Honorables Robert Bapooh Lipot, Pierre Sende, Ngo Nyaga-qui sont allés là-bas. Il ne s’agit en aucun cas de l’Upc» soutient mordicus un militant.
«Toutes les tendances sont représentées parmi les membres ici présents. Nous ne faisons pas cas de ces dissensions ce jour», essaie tant bien que mal de nuancer un autre militant. Mais le manque de mobilisation ce dimanche tire sa source de ces divisions. La population étant tiraillée par les factions au sein du parti, laissent-on entendre.A ce sujet, alors qu’une tendance avait arrêté le département du Moungo et Bafoussam comme lieu de commémoration pour cette année, une autre avait choisi la ville de Bot-makak. Les uns et les autres se déchirant toujours même pour commémorer le père du nationalisme.
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