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© Camer.be : Toto Jacques
- 21 Feb 2026 14:05:14
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CANADA :: Lydol nommée à l'Université de Montréal : le slam africain entre dans les amphis
La slameuse camerounaise Lydol vient de franchir une frontière symbolique. Elle occupe désormais le poste de responsable des ateliers slam à l'Université de Montréal, l'une des plus grandes universités francophones d'Amérique du Nord. Une nomination qui dépasse le simple fait divers culturel.
L'institution rattrapée par la rue
L'annonce a été faite par l'artiste elle-même, dans une déclaration directe : « Je suis heureuse de vous annoncer que je suis désormais Responsable des ateliers slam à l'Université de Montréal. » Derrière cette phrase, un tournant structurel pour la poésie slam africaine dans l'espace francophone nord-américain.
L'Université de Montréal accueille chaque année des dizaines de milliers d'étudiants. Intégrer un atelier de slam dirigé par une artiste africaine engagée, c'est reconnaître que cet art mérite d'être transmis, pratiqué, étudié dans un cadre formel.
La légitimité ne se demande plus. Elle s'impose.
Lydol n'est pas une inconnue. Son travail poétique, centré sur l'identité, les questions sociales et l'émancipation féminine, lui a valu une reconnaissance progressive sur les scènes internationales. Son slam ne cherchait pas les institutions. Ce sont elles qui sont venues à elle.
Ce mouvement s'explique par une pression culturelle croissante : les artistes africains de la diaspora occupent un espace symbolique que les universités occidentales ne peuvent plus ignorer.
Enseigner sans se trahir
Le slam est une discipline orale née dans les quartiers populaires. Il repose sur la performance, la rime libre, l'engagement politique et émotionnel. L'intégrer dans un atelier universitaire lui donne un cadre pédagogique à condition que l'artiste qui le porte reste maître de sa transmission.
C'est précisément ce que confirme cette nomination : Lydol n'entre pas à l'université pour s'y fondre. Elle y entre pour y imposer ses codes, ses références, son regard sur le monde.
Un signal aujourd'hui. Une rupture demain.
À court terme, cette nomination renforce la visibilité du slam camerounais auprès des institutions éducatives nord-américaines. Elle ouvre une voie concrète pour d'autres artistes africains vers des résidences, des postes pédagogiques, des collaborations universitaires transatlantiques.
À long terme, elle pose une question que le milieu académique ne pourra pas esquiver : les universités occidentales sont-elles en train de devenir les nouveaux conservatoires du patrimoine oral africain contemporain ? Et à quelles conditions cette intégration préserve-t-elle la radicalité de ces formes artistiques ?
Quand l'art de la marge prend le centre, que reste-t-il de sa force ?
Lydol ouvre un chemin. Sa nomination est un signal, pas une exception. D'autres artistes africains de la diaspora suivront cette trajectoire vers des institutions qui, longtemps, les ont ignorés.
La vraie question reste entière : quand un art né de la marge entre au centre, que devient sa puissance ?
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