Miss Cameroun 2025 au bord de la destitution : le COMICA dénonce des manquements contractuels
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Une voiture de fonction abandonnée. Un rendez-vous manqué à l'ambassade de Turquie. L'affaire qui oppose le COMICA à sa miss Cameroun 2025, Josiane Golonga, vient de franchir un cap judiciaire. Le comité d'organisation, par la voix de ses avocats, a adressé une mise en demeure finale à la reine de beauté.

Des griefs accumulés depuis l'élection de juillet 2025

Il est reproché à Josiane Golonga une accumulation de manquements contractuels depuis son sacre. La lettre d'ultimatum, que nous avons pu consulter, liste des griefs précis qui pourraient sceller son règne de miss. Le document juridique fait froid dans le dos.

Le COMICA accuse la jeune femme d'avoir adopté une attitude jugée irrespectueuse envers sa présidente fondatrice. Le courrier pointe également un retard important à un rendez-vous protocolaire à l'ambassade de Turquie au Cameroun. Cet incident aurait gravement nui à la crédibilité de l'institution auprès de ce partenaire diplomatique de premier plan.

La volonté d'indépendance comme point de rupture

Mais le point de rupture semble être la volonté de la miss d'engager son propre manager à titre personnel. Pour le COMICA, cette décision constitue une violation flagrante de son obligation d'exclusivité. Le contrat signé le 11 juillet 2025 stipule que le comité détient l'exclusivité de la gestion des activités professionnelles de sa lauréate pour une durée de trois années complètes.

La réponse de Josiane Golonga, qualifiée d'impertinente et hors délai par l'avocat du comité, a été suivie d'une sommation de sa part. L'ex-miss réclame désormais le paiement de ses arriérés de salaires des mois de décembre et janvier. Elle exige aussi la restitution de son véhicule de fonction.

Une bataille de versions sur les faits matériels

Le COMICA rétorque qu'elle n'est jamais venue chercher ses salaires au bureau, contrairement aux usages établis. Concernant la voiture, le comité affirme qu'elle a abandonné le véhicule dans un état piteux tout en conservant les clés. La miss aurait également coupé les ponts avec les plateformes officielles et bloqué certains membres du COMICA.

Quatorze millions de FCFA de projets en suspens

L'un des griefs les plus lourds de conséquences concerne la gestion financière. Le COMICA exige un état détaillé des fonds alloués à deux projets spécifiques. Près de 7,8 millions de FCFA ont été versés pour une initiative dans l'Extrême-Nord. Plus de 6,1 millions ont été débloqués pour sa participation à l'élection de Miss Cosmos. Aucune justification comptable n'aurait été fournie à ce stade par la miss.

La guerre de l'image et de la vie privée

L'utilisation de l'image de la miss est un autre champ de bataille juridique. Josiane Golonga demande au COMICA de cesser d'exploiter son image et de s'abstenir de toute immixtion dans sa vie privée. Le comité lui oppose une fin de non-recevoir brutale. Le contrat en cours lui donne le plein droit d'utiliser son image, sans rétribution supplémentaire ni autorisation. Cet article du code de conduite est au cœur de la stratégie d'influence des marques dans les concours de beauté modernes.

Un ultimatum de cinq jours

Le COMICA laisse un délai de cinq jours à sa miss pour se présenter à ses bureaux. Elle doit apporter une réponse à cette ultime demande d'explications et se conformer au code de conduite. Passé ce délai incompressible, elle sera considérée comme démissionnaire. La conséquence serait immédiate et brutale : la destitution officielle, la perte de son écharpe et de sa couronne. Tous ses avantages seraient transférés à la première dauphine, qui deviendrait miss Cameroun par défaut.

Les fragilités d'un système contractuel

Cette affaire met en lumière les tensions structurelles entre les organisations de concours et leurs lauréates. Ces jeunes femmes, souvent peu préparées aux rigueurs des contrats d'exclusivité, découvrent brutalement les contraintes du statut de miss. L'enjeu pour le COMICA est clair : maintenir son autorité et sa crédibilité face à ses partenaires institutionnels et médiatiques, comme Canal 2 International, cité dans la procédure pour un événement refusé.

Un précédent juridique majeur en Afrique centrale

À long terme, ce conflit expose la fragilité du modèle économique des comités. Ils investissent massivement sur une image sans toujours sécuriser l'adhésion pleine et entière de leurs talents. Les réseaux sociaux et la quête d'autonomie des jeunes générations bouleversent ces équilibres anciens. Si la destitution est confirmée, elle créera un précédent juridique majeur pour l'industrie des concours en Afrique centrale. Les clauses d'exclusivité pourraient être revues ou contestées plus fréquemment.

Comment un contrat peut-il à la fois protéger une jeune ambassadrice et la placer sous une tutelle aussi stricte que contestée ?

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