Port de Douala : SGS défie Cyrus Ngo'o dans la guerre des clans Motaze-Ngoh Ngoh
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Au Port de Douala, la reprise des activités de scanning par SGS Cameroun vire à l'affrontement ouvert. Dans une correspondance datée du 4 février 2026, Patricia Nzondjou, Directrice Générale de SGS, oppose une fin de non-recevoir au Directeur Général du Port Autonome de Douala, Cyrus Ngo'o. Le message est clair : pas question de négocier au-delà du cadre fixé par le Premier Ministre.

Cette lettre révèle l'ampleur d'une guerre d'influence qui dépasse le simple cadre technique. D'un côté, le Clan Motaze , auquel appartient SGS. De l'autre, le Clan Ngoh Ngoh , représenté par la direction du port et la société TransAtlantic.D S.A.

Le refus catégorique de SGS

SGS accepte de reprendre le scanning conformément aux directives gouvernementales de fin janvier 2026. Mais elle refuse net de discuter quatre points inscrits à l'ordre du jour par le PAD : les modalités d'octroi de son autorisation d'exercer, les conditions d'occupation du domaine portuaire, l'impact sur les délais de passage des marchandises, et surtout, toute collaboration avec TransAtlantic.D S.A.

Cette stratégie de recadrage s'appuie sur une hiérarchie claire. Pour SGS, seul l'État central est légitime pour discuter de son contrat. Cyrus Ngo'o et le port n'ont pas qualité pour renégocier quoi que ce soit.

Une bataille sans arbitre

Le PAD tente manifestement d'imposer de nouvelles conditions d'exploitation à SGS, voire d'introduire un partenaire local dans le processus de scanning. Mais SGS sanctuarise son retour en se protégeant derrière les instructions du Premier Ministre, membre du FC Ligne 94.

Cette correspondance administrative est un document de résistance bureaucratique pure. Elle illustre une réalité politique camerounaise inédite : personne n'arbitre plus ces conflits au sommet. L'autorité présidentielle, autrefois centrale, semble désormais absente du jeu.

Des enjeux économiques considérables

Au-delà des postures, ce bras de fer bloque potentiellement des millions de francs CFA de marchandises au port de Douala-Bonabéri. Les opérateurs économiques subissent les conséquences d'un affrontement qui mêle intérêts privés et jeux d'influence gouvernementaux.

L'issue de cette confrontation dira beaucoup sur les rapports de force réels au sein de l'exécutif camerounais. Et sur la capacité de l'État à imposer une gouvernance cohérente de ses infrastructures stratégiques.

Cette paralysie administrative annonce-t-elle une redistribution définitive des cartes au sommet de l'État camerounais ?

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