Quatre ministères orphelins depuis cinq ans, Biya maintient le vide
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Trois ans pour certains, cinq ans pour d'autres. Au sommet de l'État camerounais, quatre fauteuils ministériels restent désespérément vides. Leurs derniers occupants sont décédés entre 2021 et 2023, mais Paul Biya refuse obstinément de nommer leurs successeurs. Une situation inédite qui défie toute logique de gouvernance et paralyse des secteurs stratégiques du pays.

Le décompte macabre d'un pouvoir fantôme

Le ministère des Mines est orphelin depuis janvier 2023, après le décès de Gabriel Dodo Ndoke. Celui de l'Agriculture attend un titulaire depuis août 2022, suite à la disparition de Clémentine Ananga Messina. Plus troublant encore, les postes d'Adoum Gargoum aux Relations Extérieures et d'Alim Hayatou à la Santé Publique demeurent vacants depuis cinq ans.

Ce "Gouvernement des morts" fonctionne par intérim. Les dossiers courants sont traités, mais aucune réforme de fond ne peut être lancée. L'autorité de l'État s'effrite dans des secteurs pourtant cruciaux pour l'économie et le développement du Cameroun.

Un sphinx qui préfère le vide au conflit

Après sa réélection contestée d'octobre 2025 avec 53,66 % des voix, tout le monde attendait un remaniement ministériel immédiat. Pourtant, au 27 janvier 2026, le statu quo persiste. Le président maintient ces postes vacants malgré les pressions croissantes.

Pourquoi ce blocage ? Plusieurs sources évoquent une guerre souterraine au sein du sérail présidentiel. Entre la nécessité de respecter les équilibres régionaux Est, Nord, Centre et les appétits voraces des différents clans politiques, Biya semble préférer l'immobilisme à un choix qui pourrait déclencher une crise interne.

Des promesses qui s'évaporent dans le silence présidentiel

Lors de ses vœux du 31 décembre dernier, le Chef de l'État a promis une "nouvelle dynamique". Mais les semaines passent et rien ne bouge. Cette attente alimente les rumeurs d'une gouvernance par procuration, où les véritables décisions se prennent loin des institutions officielles.

Pour les observateurs, ce retard paralyse l'action publique à un moment critique. Les défis économiques du nouveau mandat sont colossaux : relance agricole, exploitation minière transparente, diplomatie active, système de santé à réformer. Impossible de les relever sans capitaines aux commandes.

Un pays otage de calculs politiques

Au palais d'Etoudi, le silence demeure la seule réponse. Dans l'opinion publique camerounaise, l'agacement monte. Les citoyens s'interrogent sur la capacité réelle du pouvoir à gouverner efficacement avec des chaises vides. Les partenaires internationaux observent avec perplexité cette paralysie administrative.

Jusqu'à quand Paul Biya pourra-t-il diriger le Cameroun avec quatre ministères fantômes, et quelles conséquences cette vacance prolongée aura-t-elle sur la stabilité du pays ?

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