1er février 1962- 1er février 2026, 64 ans déjà:Un épisode tragique oublié de l'histoire du Cameroun
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1er février 1962- 1er février 2026, 64 ans déjà:Un épisode tragique oublié de l'histoire du Cameroun :: CAMEROON

La date du 1er février paraît anodine pour beaucoup de Camerounais pourtant, ne passe pas inaperçu dans les anales tristes de l'histoire de ce pays. 

Le train de la mort, c'est le titre de l'éditorial d'un journaliste prêtre d'origine française rapatrié en France au lendemain de la publication de son article. 

64 ans après, le peuple camerounais, du moins les patriotes progressistes se souviennent et ressentent toujours le choc psychologique. 

Pour réduire la révolte de l'UPC (Union des Populations du Cameroun), mouvement indépendantiste camerounais, Jacques Foccart, artisan de la politique africaine du général De Gaule, crée le SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) Afrique dont il confie la direction à Maurice Robert, officier de renseignement (1919–2004). Figure clé de la Françafrique, ce dernier a dirigé le secteur Afrique du SDECE (ancêtre de la DGSE) avant de devenir ambassadeur de France au Gabon. Maurice Robert se suicide le 26 décembre 2004 dans sa cellule de la prison internationale de Scheveningen, à La Haye, alors qu’il purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour son rôle dans le génocide des Tutsi au Rwanda.

Le 1er février 1962, 57 détenus politiques de la prison de New Bell à Douala sont parqués dans le wagon N°31-047 à la gare de Douala. Un wagon généralement affecté au transport des marchandises et hermétiquement fermé. 

Le wagon sera scellé et plombé au départ. Les malheureux voyageurs qui s'y trouvaient n'ayant rien mangé ni bu depuis des jours, vont se retrouver dans une condition d'insalubrité et chaleur indicible et condamnés à voyager pour un trajet de 250 km pendant plus quinze heures de route. 

Lorsqu'enfin s'ouvre à la gare de Yaoundé le fameux wagon N°31 047, sur les 57 dont 8 femmes et un enfant, 25 détenus politiques étaient déjà morts, parmi les victimes, une femme et un bébé, victimes d'une asphyxie soigneusement organisée par les services judiciaires de Monsieur Ahmadou Ahidjo (1924-1989), Président de la république à l'époque,Monsieur Arouna Njoya (1908-1971), ministre de la Justice et Jean Fochivé (1931–1997) qui était pour ce dernier, une figure centrale et redoutée du système sécuritaire camerounais et chef de la police politique . 

Dans l'édition de publication n°327 de L'Effort Camerounais de juillet 1962, l'on lira qu'à la gare de Yaoundé ce 1er février, le public informé de l'arrivée des prisonniers politiques découvrira 25 morts et les 32 autres fatigués et transportés à l'hôpital où 2 d'entre eux à peine arrivés succombent à leur tour. 

Le 18 février 1962, le Père Fertin, premier directeur de l'hebdomadaire catholique d'informations de 1955 à 1962, auteur de l'éditorial "Le train de la mort" publié dans l'Effort Camerounais n° 327 sur la tragédie du train sera expulsé manu militari du Cameroun par le président Ahidjo au motif qu'il avait publié dans les colonnes de l'Effort Camerounais la nouvelle du " train de la mort " et le numéro du journal qui comportait à la manchette cette pertinente déclaration de Mgr Jean Zoa : " Que notre patrie soit une terre respectueuse de la vie et des droits de ses enfants " sera saisi par les autorités locales.

Jean Fochivé, chef des services secrets camerounais révéla plus tard que les prévenus avaient été purement et simplement liquidés par les militaires français qui avaient fait de la chasse aux UPCistes une affaire personnelle. 

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