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© Camer.be : La rédaction
- 23 Jan 2026 15:24:26
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Les 9 de Bepanda : 25 ans après, le Cameroun se souvient :: CAMEROON
Le 23 janvier 2001 restera à jamais gravé dans la mémoire collective camerounaise comme l'un des jours les plus sombres de l'histoire judiciaire du pays. Ce jour-là, neuf jeunes hommes du quartier Bepanda à Douala ont été interpellés par le commandement opérationnel suite à une accusation qui allait sceller leur destin tragique.
Une bouteille de gaz aurait été volée. Anne Souki, résidente du quartier, pointe du doigt ces jeunes qu'elle désigne comme les auteurs du larcin. Une dénonciation qui va déclencher une machine implacable et meurtrière. Les 9 de Bepanda entrent alors dans un engrenage dont ils ne ressortiront jamais vivants.
L'horreur derrière les murs
Ce qui devait être une simple vérification se transforme en cauchemar absolu. Les neuf jeunes sont emmenés au commandement opérationnel où ils subissent des tortures d'une brutalité inouïe. Leurs corps sont martyrisés, leurs cris ignorés, leur humanité niée. La machine répressive broie ces vies innocentes sans que personne ne puisse intervenir.
Aucun procès, aucune défense, aucune présomption d'innocence. Juste la violence brute d'un appareil sécuritaire transformé en machine à tuer. Les familles qui attendaient le retour de leurs fils, frères et amis vont bientôt apprendre l'innommable. Les neuf jeunes hommes sont morts sous la torture.
La vérité émerge, trop tard
L'ironie tragique de cette affaire réside dans un détail glaçant. Le véritable voleur de la bouteille de gaz n'était autre que le propre frère cadet d'Anne Souki. La femme qui a dénoncé ces innocents savait-elle la vérité ? Protégeait-elle consciemment son frère au prix de neuf vies ?
Cette révélation, qui émergera après le drame, transforme une injustice déjà insupportable en tragédie absolue. Neuf jeunes hommes ont été torturés et tués pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. Neuf familles ont été brisées à jamais. Et le coupable réel n'a jamais payé pour son geste.
Anne Souki réside toujours à Douala, dans le quartier Cité. Son frère également. Aucune poursuite, aucune sanction, aucune réparation pour les familles des victimes.
Un destin qui interroge
Les années ont passé depuis cette tragédie qui a secoué le Cameroun. Mais une information trouble circule dans les quartiers de Douala. Anne Souki aurait perdu deux de ses enfants, deux fillettes âgées de dix et six ans, la même année. Une double perte qui survient des années après avoir déclenché la mort de neuf innocents.
Certains y voient l'œuvre du karma, cette loi universelle de cause à effet qui rattraperait inévitablement ceux qui sèment le malheur. D'autres refusent ce type de raisonnement, considérant que la souffrance d'enfants innocentes ne saurait être une punition divine. Le débat reste ouvert, les consciences divisées.
Un devoir de mémoire impératif
Vingt-cinq ans après les faits, la mémoire collective camerounaise ne doit pas oublier. Les 9 de Bepanda ne sont pas qu'une statistique, qu'une affaire classée, qu'un dossier poussiéreux dans les archives. Ce sont neuf vies fauchées par l'arbitraire, neuf destins brisés par un système judiciaire défaillant.
Leurs noms doivent résonner comme un rappel permanent de ce que peuvent produire l'impunité, la violence d'État et le mépris de la présomption d'innocence. Chaque 23 janvier devrait être l'occasion d'une introspection nationale sur les dérives sécuritaires et le respect des droits humains fondamentaux.
Les familles des victimes attendent toujours justice. Elles attendent toujours des excuses. Elles attendent toujours que leur douleur soit reconnue officiellement. Un quart de siècle plus tard, ce silence institutionnel résonne comme une seconde injustice.
Combien de temps encore le Cameroun gardera-t-il le silence sur les 9 de Bepanda ?
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