Scandale : comment le Maroc a gagné sur tapis vert et humilié la CAF
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Le 13 février 2026, Patrice Motsepe félicitait le Sénégal pour son titre. Un mois plus tard, la CAF attribue la victoire au Maroc sur tapis vert. Jamais une décision administrative n'avait autant ridiculisé le football africain.

La CAN offerte hors du terrain

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, déclarait le 13 février 2026 : "Nous félicitons le Sénégal pour son titre". Cette annonce officialisait la victoire des Lions sur le terrain. Pourtant, courant mars, l'instance continentale a réattribué le trophée au Maroc, non pour sa performance sportive mais à la suite d'une décision de son comité exécutif.

La CAN s'est donc jouée en deux temps. D'abord sur la pelouse sénégalaise, puis dans les bureaux de la CAF au Caire. Le Maroc devient champion d'Afrique sans avoir battu le Sénégal en finale. Le football africain découvre un précédent historique.

Les racines d'une décision incompréhensible

La CAF justifie ce revirement par des manquements administratifs du Sénégal lors de la phase de groupes. Des problèmes de qualification de joueurs, jamais évoqués pendant la compétition, resurgiraient soudainement. Le timing interroge : pourquoi après la finale ?

Claude Le Roy, légende du football africain, dénonce des "magouilles". Selon lui, le Maroc peut tout se permettre au sein de l'instance. La crédibilité de l'institution est en cause. Walid Acherchour, consultant, parle d'une "compétition de guignols" où la photocopieuse remplace le terrain.

La décision révèle un problème structurel. Les règlements existent, mais leur application sélective détruit la confiance. Quand les règles changent après le match, le sport n'est plus un sport.

Le mécanisme d'un déni de justice sportive

Le processus est simple sur le papier. Une plainte tardive, un comité d'urgence, une réunion à huis clos, un communiqué laconique. Le Sénégal apprend sa dépossession par voie de presse, un mois après avoir soulevé le trophée.

Aurélien Tchouaméni résume le sentiment général par une question : "Sérieusement ?". Le joueur français réagit avec incrédulité, soulignant l'absurdité de la situation. Brahim Diaz, joueur marocain, hérite d'un titre que son pays n'a pas conquis sur le terrain.

La CAF a utilisé l'article 31 de son règlement, relatif aux sanctions pour alignement de joueurs inéligibles. Mais l'application rétroactive de cette règle, après validation des équipes tout au long du tournoi, constitue une rupture d'égalité sans précédent.

Les conséquences pour le football africain

À court terme, la décision empoisonne les relations entre le Maroc et le Sénégal. Les supporteurs sénégalais manifestent, les joueurs menacent de boycotter les prochaines compétitions. Les sponsors observent, inquiets. La valeur commerciale de la CAN chute mécaniquement.

À trois ou cinq ans, le risque est existentiel. La crédibilité d'une compétition garantit son attractivité. Les investisseurs étrangers, les diffuseurs internationaux, les grands joueurs africains évoluant en Europe jugent désormais la CAN avec méfiance. Pourquoi participer à un tournoi dont le vainqueur est désigné hors du terrain ?

Claude Le Roy alerte : "C'est pitoyable pour l'image de la CAN". Les jeunes générations, qui rêvaient de ce trophée, comprennent que l'administratif prime sur l'effort sportif. Le football africain perd son âme.

Le précédent crée aussi une jurisprudence dangereuse. Chaque édition future pourra être contestée, chaque vaincu pourra fouiller dans le passé pour trouver un motif de plainte. La stabilité juridique des compétitions s'effondre.

Le foot africain à la croisée des chemins

La décision de la CAF pose une question fondamentale : une instance peut-elle réécrire l'histoire sportive par simple communiqué ? En annulant la victoire sénégalaise un mois après, Patrice Motsepe et son équipe ont franchi une ligne rouge.

Le football africain mérite mieux que des titres attribués en comité restreint. Il mérite des matchs, des buts, des émotions vraies. La crédibilité de l'institution est désormais entre les mains des prochaines compétitions. Mais le mal est fait.

Le Maroc détient un trophée que le Sénégal a gagné. Cette contradiction absurde résume l'état d'une institution qui, en voulant corriger une erreur administrative, a commis une faute morale bien plus grave. La CAN 2026 restera dans l'histoire comme celle où le football a perdu face à la photocopieuse.

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