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© Camer.be : Paul Moutila
- 03 Dec 2025 13:08:36
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CAMEROUN :: Autopsie Unilatérale d'Anicet Ekane : Le Clan de l'Opposant Refuse et Menace de Poursuites :: CAMEROON
La mort d’Anicet Ekane, président du MANIDEM et figure de l’opposition camerounaise, survenue en détention, continue de provoquer une vive controverse, atteignant désormais l'étape cruciale des procédures post-mortem. Le conflit se concentre actuellement autour de l'autopsie de la dépouille de l'opposant, une étape essentielle pour déterminer les causes exactes de son décès et évaluer les conditions de sa prise en charge médicale.
Des voix s'élèvent avec force contre la procédure d'autopsie qui aurait été diligentée de manière unilatérale par les autorités, sans l'implication ni l'accord formel de la famille ou des représentants légaux de la victime. Selon les proches et le collectif d'avocats d'Ekane, les résultats d'une telle autopsie, réalisée sans acte juridictionnel contradictoire, ne sauraient être opposables aux victimes, qu'elles soient directes ou indirectes. Cette position juridique ferme met en lumière les tensions entre la justice camerounaise et les familles des prisonniers politiques décédés.
La mise en garde est particulièrement virulente à l'égard des médecins légistes ayant participé à cette opération. Ces derniers sont accusés d'avoir prêté main-forte à ce que les plaignants qualifient d'« inquisition » sur la dépouille mortuaire du Président Ekane. Les avocats affirment que ces praticiens ne feraient ni « art, ni science » dans l'exercice de leurs fonctions et mériteraient des poursuites disciplinaires en sus des poursuites judiciaires. Ils sont formellement « prévenus » et appelés à « s'apprêter à se défendre » face aux actions en justice imminentes.
Ce refus catégorique des conclusions potentielles d'une autopsie non consensuelle souligne l'atmosphère de méfiance généralisée qui entoure les affaires sensibles au Cameroun. La légitimité de la procédure judiciaire est directement remise en question. Le respect des droits des victimes et la recherche de la vérité exigent, selon le clan Ekane, une expertise médicale indépendante et transparente. L'enjeu est double : établir la vérité sur les causes du décès et dénoncer ce qui est perçu comme une instrumentalisation des institutions judiciaires et médicales pour masquer des défaillances, voire des négligences, dans la gestion de la santé des détenus politiques. L'affaire promet de se poursuivre sur le terrain judiciaire, les menaces de poursuites contre les médecins légistes constituant un précédent potentiellement lourd de conséquences.
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